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Diversité linguistique et franco-universalisme: Une autre Belgique est-elle possible ?

Depuis la fin de la Belgique à papa et le début du fédéralisme des années septante, notre pays est victime de crises communautaires à répétition traduites par des réformes qui graduellement ont vidées le noyau central de toute substance. Il est de notre devoir de nous interroger sur les raisons de ces remous successifs, ce qui exige une réflexion profonde sur la nature des relations communautaires de notre pays.

Après 23 années d’existence sur notre chère planète, j’observe qu’une loi, universelle, transcende tous les comportements humains : celle du plus fort. Depuis l’âge de pierre, rien n’a changé et malgré les tentatives de transcender notre condition, la part de babouin en nous domine toujours. Certes, l’humanité a engrangé de menus progrès, difficile de réfuter le constat que le 21ème siècle est plus « humain » que les précédents. Par exemple, la distinction formelle aristocrate-peuple, qui se fonde sur une logique de différentiation primaire, animale, a disparue. Le processus d’émancipation de la femme, maintenue dans l’indigence par son homologue plus viril, donc plus fort,  marque également un grand pas vers « plus d’humanité ».

Sortir d’une logique de rapports de forces, telle est peut-être l’étoile, inaccessible, de l’humanité. En attendant, la réalité nous confronte en permanence au paradoxe de notre identité à mi-chemin entre humain et babouin. Le cas Belgique fournit une figure d’illustration d’exception de ce propos.

Un revirement fondamental dans l’histoire des relations communautaires en Belgique est que les francophones, jadis dominants dans les faits, sont aujourd’hui minoritaires. Sur l’axe du temps, je prends le 7 novembre 2007, date à laquelle les flamands ont usé de leur majorité numérique pour voter la scission unilatérale de BHV en commission comme référence marquant le point d’inflexion du rapport de force en Belgique. Mais de façon plus large, le fédéralisme qui déboucha sur des vagues de chaos successives, marque la fin de « la Belgique à Papa », sous-entendu francophone. Remarquez que je n’use pas du terme « wallon » mais bien « francophone ».

Pour comprendre la portée de ce renversement, essentiel, que les francophones n’ont toujours pas intégré, il faut se replonger dans notre histoire. Ce n’est qu’au terme d’une longue lutte d’émancipation que les flamands ont pu traduire leur majorité démographique, historique, par une domination dans les faits i.e. sur les plans économiques et politiques. Auparavant, les élites francophones, tant au nord qu’au sud du pays imposaient leur agenda, une situation rendue possible par une confiscation des pouvoirs économique et politique. Par exemple, le Sénat était jadis composé de trois-quarts de nobles (francophones).

Charles Rogier déclara après la révolution que « la Belgique serait latine ou ne serait pas ». Aujourd’hui, il faut constater l’échec du projet de faire de la Belgique une Nation (francisée). Ce n’est pas moi qui le regretterai. D’ailleurs, mon film préféré est Braveheart, c’est donc dire l’empathie et le respect que j’éprouve pour la lutte d’émancipation flamande…

Si le projet initial a échoué, il convient donc de se demander si « une autre Belgique est possible ? ».

Y apporter réponse exige qu’on s’interroge sur la nature du paradoxe auquel nous expose ce revirement historique : le constat que la culture dominante (française) est celle de la minorité (francophone) (contrairement à jadis ou la minorité était majoritaire dans les faits).

Je précise ne pas aimer le terme « dominant », mais il s’impose car reflète cette logique de rapports de forces (d’ailleurs, comment nier que la culture anglo-saxonne domine les autres ? Je ne fais ici que mettre des mots sur la réalité). Ce paradoxe s’illustre dans l’observation sociologique qu’un francophone se sent agressé, voir discriminé, lorsqu’il est forcé d’apprendre le néerlandais. A l’inverse, un flamand revendique le bilinguisme comme l’expression de l’égalité entre citoyens d’un même pays. La logique et le ressenti de chaque groupe sont donc différents. Autre exemple frappant : jusqu’il n’y a pas si longtemps, un flamand se montrait très surpris, voir gêné, dès lors qu’un francophone faisait l’effort de lui parler dans sa langue. Aujourd’hui, la situation s’est inversée : les flamands trouvent de plus en plus anormal qu’un francophone ne parle pas sa langue. Je précise que cette remarque ne s’applique qu’aux seuls francophones de Belgique. Le rapport (de force) avec le français par exemple demeure inchangé.

Ainsi, envisager un futur pour la Belgique pose cette question : les francophones, minoritaires dans le cadre institutionnel belge, mais majoritaire en dehors de celui-ci, accepteront-ils de le rester, ce qui suppose qu’ils apprennent le néerlandais ? En clair : les francophones sont-ils prêts à vivre dans une Belgique dominée par la Flandre ? Formulée de façon plus abstraite, la question s’énonce en ces termes : un cadre « contre-nature » peut-il se substituer durablement à la loi, naturelle, qui régit les relations humaines ? La Belgique actuelle serait-elle capable de transcender la logique du rapport de force?

Rien n’est moins sûr. Je suis convaincu que ce que j’appellerai le « paradoxe belge » hypothèque un avenir commun. A préciser que j’emploie le terme « commun » en référence à un véritable projet de vie, un contrat social organisant la Cité des Hommes. A contrario, une Belgique confédérale ne participe donc pas de cette logique. Pour le dire platement : je suis persuadé que les francophones ne se convertiront jamais en masse au néerlandais, un mouvement qu’ils ressentiraient comme « contre-naturel». A noter que le Québec connaît une situation juste inverse à celle de la Belgique (la minorité francophone y est minoritaire), toute tentative de comparaison serait donc contre-indiquée.

Le débat mérite d’être extrapolé au contexte de la globalisation. Aujourd’hui, quatre-vingt pour cent du patrimoine linguistique culturel est menacé d’extinction à plus ou moyen long terme. Ce mouvement est pour moi naturel, dans le sens ou il participe toujours de cette même logique de rapports de force. J’y vois une évolution naturelle après l’étape ou les langues prirent le pas sur les dialectes. Par exemple, je doute que les peuples de France auraient accepté le français, le dialecte du centre, autrement que par un processus d’imposition par la force (violent ou non). Autre exemple : le français, jadis lingua franca, régresse au profit de l’anglais. Chaque culture est donc confrontée à ses propres démons. La problématique communautaire belge s’énonce alors en ces termes : les francophones doivent t-ils accepter que le français dans les faits soit sur un pied d’égalité avec le néerlandais ? On peut opérer un parallèle avec l’Union européenne qui a fait de « l’unité dans la diversité » sa devise. Placer l’anglais à égalité avec les autres langues est illusoire et contre-nature. En droit ce doit être le cas, cependant dans les faits l’anglais s’impose partout.

Est-ce donc à dire que la logique « naturelle » voudrait que l’anglais devienne le vecteur de communication entre les communautés composant la Belgique ? Ce serait renoncer à l’exception culturelle française et aux privilèges hérités de la position jadis universelle de notre langue, mais probablement que l’avenir du pays est subordonné à cette concession. Toutefois, paradoxalement, sa validation équivaudrait à tuer le dernier élément qui fait encore de nous un pays : la capacité à se comprendre et à s’exprimer dans la langue d’autrui. Dans ce cas, il ne subsisterait guère de différence dans les faits dans les rapports francophone-flamand vs francophone-hollandais.Pourrait-on alors toujours parler d’un même pays ?

Notre avenir exige un débat sur le franco-universalisme, j’en suis convaincu. A méditer.

Routes dé-fon-cées : des solutions simples existent.

On se souvient tous de la vidéo you tube où Papa effectue un prélèvement dans le bitume : « et rassurez-vous, là où on a foré on a rebouché ». Sans blagues, les routes wallonnes sont dé-fon-cées ! Serge Kubla (MR) osait récemment la comparaison avec l’Albanie, comment lui donner tort ?

On arguera que l’état de délabrement de nos finances publiques régionales est tel qu’entretenir le réseau routier n’est pas une priorité, surtout en temps de crise. Foutaises! L’argument budgétaire ne tient pas la route : on peut financer les travaux en « pompant » habillement de l’argent extérieur, celui des étrangers qui squattent gratuitement nos autoroutes. En effet, énormément de camionneurs étrangers empruntent quotidiennement notre réseau, une fameuse assiette pour prélever un impôt!  L’Allemagne, la France, la Suisse, l’Autriche, ont un réseau autoroutier payant, pourquoi pas nous ?!

On se souvient de Michel Daerden militant vaillamment pour « sa » vignette autoroutière. Les flamands se cabrèrent et le dossier fut alors enterré, je ne me rappelle pas pourquoi. Il menaça alors de faire cavalier seul en Wallonie, on attend toujours ou je me trompe ?! Il est temps de boucler le dossier.

Ensuite, je suis pour un système d’entretien « à la française ». Inutile d’oser la comparaison, ce serait comparer l’incomparable. J’imagine déjà des réactions peu enthousiastes du belge moyen: « oh non, pas des autoroutes payantes ». Car elles sont gratuites aujourd’hui peut-être ?! Du tout, un impôt écrasant est prélevé sur les contribuables. Une partie de ces ressources fiscales doivent être allouée à l’entretien du réseau routier. Simplement, on observe que ce n’est pas le cas. A mon avis, des concessions à des entreprises privées (l’Etat fixerait les prix) seraient bien plus efficaces. Évidemment, un tel système induirait que le gouvernement diminue la pression fiscale en proportion du budget alloué à l’entretien des routes, sans quoi la charge fiscale supportée par le contribuable augmenterait.

Donc, les solutions existent, l’état des routes témoigne simplement d’une très mauvaise gestion. Le politique est coupable.

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