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Après 13 juin : la NVa est-elle indispensable ?

Ma réponse est « oui ». Pour rappel, il faut une majorité dans chaque groupe linguistique et une majorité des deux-tiers au total pour la réforme de l’Etat. Partant de ce postulat, ma démonstration s’articule en trois points :

(1)   la Nva est-elle indispensable ?

(2)   Le PS est-il indispensable ?

(3)   Conclusions

De Standaard propose un simulateur sur son site (voir : http://www.standaard.be/extra/verkiezingen/2010/coalitiekiezer ), je l’ai utilisé pour répondre à mes questions.

1) la Nva est-elle mathématiquement indispensable  pour réunir les conditions nécessaires à une réforme de l’Etat?

La réponse est « non », mais étant donné le cordon sanitaire, seule une union des trois partis traditionnels (Open Vld, SPa, CD&V) et des écologistes (Groen !) recueille une majorité côté flamand  sans la Nva.

Dans ce cas, côté francophone, plusieurs coalitions sont possibles pour assurer la majorité des deux-tiers à la réforme de l’Etat :

(1)   les trois partis traditionnels (PS, MR, CDH)

(2)   les trois partis traditionnels plus Ecolo

Conclusion : si on souhaite se passer de la NVa, et tenant compte du cordon sanitaire, les trois partis traditionnels flamands (Open-Vld, Spa, CD&V)  plus Groen ! et les trois partis traditionnels francophones sont indispensables (PS, MR, CDH). Seul Ecolo n’est pas indispensable .Sans NVa : Vld-Spa-CD&V-Groen vs. PS-MR-CDH

2) Le PS est-il mathématiquement indispensable  pour réunir les conditions nécessaires à une réforme de l’Etat?

La réponse est « non ». MR-ECOLO-CDH ont la majorité simple côté francophone. Dans cette hypothèse, la NVa est indispensable. En tenant compte du cordon sanitaire, les coalitions côté flamand sont :

(1)   NVA-Open Vld-Spa-CD&V

(2)   NVA-Open Vld-Spa-CD&V-Groen!

Conclusion: si on souhaite se passer du PS, et tenant compte du cordon sanitaire, la Nva est indispensable ainsi que les trois partis traditionnels flamands (Open Vld-Spa-CD&V) et l’axe MR-CDH-Ecolo. Seul Groen ! n’est pas indispensable. Sans PS : NVa-Vld-Spa-CD&V vs MR-CDH-Ecolo.

3) Conclusions

Etant donné mon article précédent (voir : élections du 13 juin : quelle coalition ?), on obtient ces trois résultats :

(1)   Les majorités régionales. Soit : Nva-CD&V-Spa vs PS-CDH-Ecolo (voir article précédent)

(2)   Scénario sans NVa : Vld-Spa-CD&V-Groen vs. PS-MR-CDH

(3)   Scénario sans Ps : NVa-Vld-Spa-CD&V vs MR-CDH-Ecolo.

Observons que les scénarios 2 et 3 sont politiquement impensables car ils excluent un des deux grands vainqueurs (le PS au sud, la Nva au nord). Le scénario 1 est donc certains pour ce premier round de négociations (peut-être avec Groen ! en plus). Si les négociations échouent, une exclusion de la Nva est plus probable que celle du PS. Mais dans ce cas, que ceux trop enclin à crier victoire ravalent leur salive : la Nva est indispensable au gouvernement flamand. Traduction : si le second scénario se met en place, la NVa fera sauter le gouvernement flamand. Dans ce cas, des élections seraient organisées et la NVa, inévitablement, gonflerait encore un peu plus son score, ce qui rendrait son maintien dans l’opposition au fédéral politiquement insoutenable.

Par conséquent il faut négocier aujourd’hui avec la Nva, les francophones n’ont pas le choix. De là à dire que c’est la fin de la Belgique…

Question:

Les francophones opteront-ils pour une union « nationale » ( !) côté francophone ? Au vu des enjeux, il apparaît délicat d’évincer le MR, troisième parti de Belgique et premier parti bruxellois.

Baromètre politique : la NVA en embuscade.

La Libre de ce lundi 29 mars proposait son baromètre politique. La surprise n’est pas vraiment au rendez-vous, les tendances des élections régionales se renforcent : Ecolo monte, les Réformateurs chutent et fait beaucoup plus marquant, la NVA talonne le CD&V. Le Parti Populaire, crédité respectivement de 3,9% à Bruxelles et de 4,3% en Wallonie créée l’événement. MM. Modrikamen et Aernoudt réussiront probablement leur pari fou en perçant le seuil électoral des 5%, une petite révolution en Belgique francophone. Paradoxe : la manœuvre profite au PS, l’ennemi juré. Décidément, les Bleus sont champions pour se tirer des balles dans le pied !

Dans le top dix flamands, les places sont trustées par sept CD&V (1). En outre, trois des leaders du top sont actifs au niveau européen (Van Rompuy, Verhofstadt et Dehaene, trois ex- Premier) alors qu’un d’entre eux n’est plus vraiment dans le coup (Vandenbroucke). Observons également que De Wever est le seul mandataire NVA du top 20. Ainsi, on peut se demander si le succès des nationalistes ne repose pas exclusivement sur la popularité de son leader.

C’est à mon sens la seule question qui vaille la peine d’être posée : le succès de la NVA repose t-il exclusivement sur la popularité de son président ?

Difficile de ne pas faire le parallèle avec la Lijst Dedecker, incarnée par le sulfureux Jean Marie Dedecker. On se souviendra que la formation qualifiée de populiste était au zénith de sa forme lorsque son leader était l’homme le plus populaire de Flandre. Depuis lors, c’est la descente aux enfers (même si le phénomène reste relatif, il occupe toujours la neuvième place du palmarès), l’existence du parti est menacée.

Et pourtant, même s’il est indéniable que la NVA doit beaucoup au charismatique Bart De Wever, la comparaison s’arrête là. La NVA est beaucoup plus solide que la Lijst Dedecker ne fusse que parce qu’elle possède un ancrage local fort, des militants. Ensuite, comme le précise très justement Bart De Wever dans un entretien de la Libre de ce mardi 30 mars, son positionnement entre la droite populiste-xénophobe (Lijst Dedecker & Vlaams Belang) et les autres partis traditionnels de centre droit plus consensuels sur le terrain communautaire (CD&V et Open Vld) est redoutable. En effet, les nationalistes « siphonnent » des électeurs des deux bords. Enfin, et surtout, la NVA doit son succès à ses prises de positions transparentes et sa consistance par rapport à celles-ci.

La recette on la connaît : refus du moindre compromis sur le terrain communautaire (cf. Les bourgmestres de la périphérie ne seront jamais nommés). A ce sujet, soyons clair : si les libéraux et les sociaux-chrétiens flamands faisaient de même, la Belgique aurait déjà implosée. Or, la NVA avec 17,9% des intentions de vote des sondés vient dangereusement talonner le CD&V qui avec ses 20% affiche une méforme historique. Les libéraux quant à eux plafonnent à 15%. Difficile donc de ne pas voir que le contexte politique belge n’a jamais été aussi explosif. D’une part, la Flandre est dominée par le centre droit alors que le Wallonie vire au centre gauche. D’autre part, avec la bombe BHV en passe de revenir à la table de négociation, la NVA est sur du velours pour décrocher la pôle aux élections fédérales de 2011.

Une fois de plus, les cartes sont en main du CD&V en proie à un fameux dilemme : trouver une solution sur BHV ou se radicaliser sur le plan communautaire. La première option implique que Dehaene propose une solution win-win, ce dont je doute. A ce jour, hormis un report du problème qui profiterait inéluctablement aux nationalistes, notre négociateur le plus patenté, « le Démineur », n’a rien qui puisse contenter toute les parties. Sans oublier que le FDF l’attend au tournant…

La seconde option quant à elle implique un nouveau passage en force à la Chambre (en plénière cette fois), flamands (88 sièges) contre francophones (62 sièges), qui nécessite les votes CD&V, soit, la crucifixion de « son » premier ministre et par là même de « son » président du Conseil. En effet, le scénario pourrait avoir lieu en pleine présidence de l’Union européenne, lorsque la procédure en conflit d’intérêt activée par le parlement de la communauté germanophone prendra court.

Qui a dit « Chaos » ?!  La Flandre nationaliste est prise à son propre jeu. Courage Yveke !

(1) Dans l’ordre : Leterme (2), Peeters (3), Van Rompuy (4), Vervotte (6), Dehaene (7), Crevits (9), De Clerck (10).

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