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Quelle alternative au Mondialisme?

Dans la série  « Réussir la transition écologique ». Aucun passage de cet article ne peut être reproduit sans l’accord de son auteur ou une citation adéquate

« Think out of the box » disent les anglos-saxons, à l’heure où le capitalisme règne sans partage sur les affaires du monde, l’exercice n’a jamais été aussi pressant. Je m’attaque ici au plus grand chantier de la pensée postmoderne, rien de moins. La réflexion sera probablement aussi féconde que décousue car ma pensée n’est encore qu’à l’état embryonnaire. Ma démarche est de m’offrir une virginité intellectuelle en opérant un déconditionnement total, en prenant du recul par rapport aux préceptes de la pensée unique qui aujourd’hui, malheureusement, a réussi à coloniser la forteresse de l’universalisme qu’est l’université, afin d’aborder cette question : notre modèle économique est-il soutenable ? Un changement de paradigme est-il nécessaire ? Quels sont les défis de la transition écologique ?

Bien entendu, mon ambition n’est pas d’apporter des réponses fermes et définitives à ces questions, soyons raisonnable, mais de démontrer l’ampleur de la tâche qui s’ouvre à nous. La réflexion doit nécessairement être pluridisciplinaire : philosophes, physiciens, économistes, biologistes et anthropologues doivent s’associer pour apporter les clés d’une transition écologique réussie. Si vous me lisez, engagez-vous à mettre vos à priori de côté et à aiguiser votre sens critique car çà risque de secouer. Ceux qui souhaiteraient s’associer à moi pour publier des articles sur Frappes Chirurgicales, m’honoreraient : la porte est grande ouverte aux esprits hétérodoxes.

Le mondialisme, l’idéologie nouvelle  du XXIème siècle

L’expression « Global Village » de Marshall McLuhan tirée de son ouvrage The Medium is the Message (1967) résume assez bien l’idéologie (originaire des Etats-Unis, faut-il le préciser) qu’est le mondialisme : l’idée que le monde sera bientôt un village, que nous sommes tous citoyens du monde. C’est un peu le mythe de Babel revisité: l’union du genre humain autour d’un même projet fédérateur. La transformation du monde en vaste zone de libre-échange est l’outil qui en favorisant une imbrication des économies nationales –dont la finalité avouée est l’intégration à l’économie globale – accroit leur niveau d’interdépendance, ce qui est vu comme un moyen de pacification du monde. C’est la doctrine du « doux commerce ». Les exemples de l’interdépendance de la Chine et des Etats-Unis nouvellement baptisée « chineamérique » et de la colonisation sud-sud sinoafricaine baptisée « chinafrique » illustrent assez bien cette idée.

Mais ce n’est pas tout. Un autre idéal véhiculé par le mondialisme est l’exportation de l’universalisme occidental (incarné assez pathétiquement par George W. Bush et sa croisade contre l’Axe du Mal). Les américains ont toujours pensé que le capitalisme, un système basé sur la propriété privée, rime avec démocratie. Par conséquent, exporter le modèle capitaliste (via les accords de libre-échange de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC)) fut considéré par les faucons comme l’outil le plus efficace pour rallier des Etats aux valeurs démocratiques. Sur ce point, si on prend le cas de la Chine, les résultats sont plutôt mitigés. Reste que les conditions d’une révolution sociale sont en train d’y émerger puisqu’une classe moyenne se forme. A l’image de ce qui se fit en 1789, la classe bourgeoise chinoise finira par chercher à transformer son pouvoir économique en pouvoir politique, c’est cousu de fil blanc. Le libre-échange a bel et bien réussi à noyauter le régime (communiste) de l’intérieur.

Reste que le mondialisme est attaqué de toute part par des mouvements réactionnaires. Je pense à Cuba et au fondamentalisme musulman qui doivent être interprétés comme les signes d’une résistance face à l’impérialisme occidental (américain en vérité). Le mondialisme en pratique se traduit par une colonisation du monde dont Coca-Cola, Mc Donald et Hollywood sont les plus fidèles ambassadeurs (voir Dominique Wolton). Car il rime, je l’ai déjà précisé, avec « universalisme » et donc avec « homogénéisation ». Le mondialisme présuppose une régression des particularismes qui se fait au profit de la culture et des valeurs du dominant.

Enfin, last but not least, le néolibéralisme a provoqué une intensification des échanges commerciaux sans précédent source d’une accélération jamais égalée de la croissance mondiale. Une croissance synonyme de bien-être dans le paradigme économique ultra-dominant libéral. Par exemple, rien que dans l’Union européenne, les transactions intracommunautaires ont été démultipliées ; la Chine et l’Inde connaissent une croissance à deux chiffres.

La critique (néo ?)marxiste de la mondialisation néolibérale:

Pour rappel, le capitalisme désigne un système économique basé sur la propriété individuelle des moyens de productions (le travail et le capital). La critique marxiste dénonce l’exploitation de l’homme par l’homme, la confortation permanente du rapport de dominant à dominé qui est le vice rédhibitoire du capitalisme : le contrat de travail entre le capitaliste et le travailleur institutionalise un lien hiérarchique qui peut être vu comme une forme d’aliénation. Christian Arnsperger (Ucl) parle « d’internalité anthropomorphique » pour dénoncer le fait que les souffrances du travailleur ne sont pas externalisées dans les coûts du travail, le capitalisme serait incapable de prendre en compte les coûts sociaux du travail (1).

La critique s’arc-boute aussi sur la dénonciation de la logique productiviste et mercantile du capitalisme. Le but du capitaliste est la maximisation du profit : dégager une rente maximale sur le produit du travail et du capital. Ce modèle économique serait liberticide et déshumanisant en ce qu’il place le facteur économique et non humain au centre de son projet. Le concept de croissance dans son acceptation normative traditionnelle est au centre de la polémique puisqu’il est la mesure de cet objectif de maximisation : il mesure la somme des plus-values dégagées par l’activité économique. Mais surtout, la logique d’accumulation des richesses de certains au détriment des autres, ne peut que creuser les inégalités entre les hommes.

Ensuite, les crises économiques à répétition de l’économie capitaliste donnent du grain à moudre aux penseurs marxistes. Pour rappel, l’actuelle crise de l’endettement résulte d’une contradiction interne au capitalisme dénoncée depuis toujours par Marx: à savoir que les travailleurs sont les consommateurs finaux du produit de leur travail. Or, le capitalisme, en affichant un objectif de maximisation du profit, fait croître la part des revenus du capital aux dépens de ceux du travail ce qui implique que la consommation ne peut croître qu’au moyen du crédit. Prenez le cas d’un travailleur qui manufacture des chaises. Son employeur, le capitaliste, va réaliser un profit sur ce bien de consommation (lui seul est propriétaire de la production). Problème : la production doit être vendue sur un marché sur lequel les acheteurs sont des travailleurs-consommateurs. Considérant que toute la production sera écoulée, les revenus du travail ne sont pas suffisants pour acheter les biens produits sur lesquels le capitaliste réalise un profit ! Seule solution : l’endettement…

Enfin, troisième clé de voûte de la critique (néo ?)marxiste: les externalités bioenvironementales. On appelle externalité (positive ou négative) une activité qui possède des effets externes (positifs ou négatifs) sur un acteur qui n’est pas à la source de cette activité. Le cas classique est celui du fumeur qui enfume une personne située à proximité sans son accord, ou celui d’une usine qui déverse des déchets dans une rivière en amont d’une blanchisserie usant de l’eau de la rivière pour laver son linge. La critique dénonce la multiplication des externalités bioenvironnementales induite par le productivisme global : la mondialisation économique en intensifiant les échanges et en allongeant la taille du circuit économique multiplie les bioexternalités.  Cette intensification mercantile provoque deux déséquilibres : (1) elle se fait presqu’exclusivement au profit des plus riches, creusant de fait les inégalités nord-sud : 20% de l’humanité accapare 80% des ressources mondiales; (2) elle soumet les écosystèmes à une pression insoutenable : si tous les humains accédaient au niveau de vie de l’Occident, de 3 à 6 planètes seraient nécessaires pour satisfaire à notre demande en biens matériels.  L’échec du sommet de Copenhague et le militantisme toujours plus agressifs des ONGs peuvent être interprétés à travers le prisme de ce double constat factuel (donc objectif).

En résumé, la critique néomarxiste s’articule autour d’un quadruple constat factuel (donc objectif): (1) le capitalisme a instauré une forme de dictature dans l’entreprise en institutionnalisant un rapport de dominant à dominé destructeur de potentiel humain (= anthropo-internalité); (2) le néolibéralisme consacre un système d’accaparation rapace et prédateur de la richesse aux mains de quelques uns (problème nord-sud mais aussi interne aux sociétés occidentales) ; (3) les crises économiques à répétition de l’économie capitaliste résulte d’une de ses contradictions interne (le travailleur-consommateur); (4) l’accumulation compulsive de biens matériels met une pression insoutenable sur les écosystèmes (bioexternalités).

La décroissance, une alternative néomarxiste à la mondialisation néolibérale

Face à cette crise du capitalisme, des écologistes néomarxistes (appelons-les ainsi) cherchent des alternatives au paradigme économique actuel. Pour eux, la seule échappatoire aux pulsions suicidaires du néolibéralisme est de rompre avec sa logique de globalisation et de recherche du profit (Voir par exemple Christian Arnsperger (Ucl) (1)). La mondialisation en décloisonnant les économies nationales a transformé le monde en vaste marché. Or, on oublie un peu trop facilement que si la souveraineté du consommateur est devenue mondiale (il a accès a des biens fabriqués par-delà toutes les frontières) ce qui peut être considéré comme un progrès, que le prix de cette souveraineté est une division mondiale du travail : le travailleur devient un maillon d’une chaîne de production à l’échelle du monde. Ce simple constat devrait donner le tournis à qui en prend la mesure : la mise en compétitivité des travailleurs se fait à l’échelle de la planète.

Comme le souligne Christian Arnsperger (1),  dans cette galaxie économique le politique en est réduit à maximiser la souveraineté du consommateur, son pouvoir d’achat. J’ajouterai que symétriquement il cherche vainement à lutter contre l’érosion des acquis sociaux remis en cause par la mise en compétition d’économies à standards sociaux à géométrie variable : si vous n’êtes pas plus compétitif que votre voisin, celui-ci en tirera un avantage concurrentiel (qui se matérialise au niveau des prix) qu’il exploitera sur votre marché puisque celui-ci est devenu global. C’est ce qu’on appelle ouvrir grand la porte au dumping social car la structure des coûts du voisin n’est pas nécessairement conditionnée par des standards sociaux aussi stricts que les standards maisons, et c’est un euphémisme.

Cette situation débouche sur un paradoxe : le travailleur (occidental) victime de dumping social va accroître son pouvoir d’achat en achetant des biens produits par ceux qui précarisent son emploi (les Chinois par exemple) : sous couvert d’exporter nos valeurs, la mondialisation profite de l’absence de standards sociaux dans la plupart des pays en voie de développement pour faire produire nos biens de consommations moins cher que chez nous, ce qui augmente notre pouvoir d’achat. On le voit très bien avec le cas de la Chine : les Chinois produisent pour les américains qui eux se contentent de consommer (à crédit). C’est d’ailleurs ce déséquilibre macro-économique gigantesque qui est à l’origine de la crise financière des subprimes.

En réponse à l’absurdité d’un tel système les néomarxistes adhèrent à la logique de la « déconnection » : ils prônent une relocalisation de l’économie, un raccourcissement de nos circuits économiques. La production locale, autosuffisante par des petites communautés résilientes organisées sur base des principes démocratiques formerait la base d’un nouveau paradigme économique qu’Arnsperger qualifie de « post-capitalisme » (1). Les valeurs fondamentales que cherche à promouvoir ce nouveau système économique sont l’équité, la solidarité, la diversité et l’autogestion participative. Les institutions principales pour atteindre ces objectifs sont les conseils de travailleurs et de consommateurs qui utiliseraient les méthode d’autogestion pour prendre les décisions. La rémunération serait accordée en fonction de l’effort et du sacrifice et une planification participative. D’où l’appellation économie participative (ECOPAR) -le terme « économie sociale » est aussi parfois utilisé (2).

A la logique d’exploitation du rapport de dominant à dominé se substituerait celle d’égalité : les internalités anthropomorphiques destructrices du capitalisme seraient enfin externalisées (çàd prisent en compte). La logique de maximisation du profit et les contradictions quelle génère laisserait la place à la Justice Sociale et mettrait un terme aux crises économiques. Quant aux externalités bioenvironnementales, la relocalisation de la production (qui s’apparente à une forme de protectionnisme puisque chaque communauté fermerait son circuit économique) et la fin d’une logique productiviste, à défaut d’y mettre un terme, les réduiraient fortement.

On le voit, Marx n’a jamais été autant au goût du jour (bien que l’ECOPAR soit surtout d’inspiration libertaire et anarchiste). Toutefois, il convient de préciser que l’économie participative (ECOPAR) est bien une troisième voie, donc une alternative entre le communisme et le capitalisme. Des initiatives concrètes existent déjà (les éco villages par exemple).

La décroissance, c’est ainsi qu’on la nomme, serait-elle la contre-idéologie du mondialisme ?Avant de creuser cette question, il est intéressant de voir comment les penseurs libéraux ont cherché à répondre aux problèmes soulevés par la critique Marxiste de la mondialisation (la dialectique…). Suite au prochain épisode.

(1) C., Arnsperger. (12 février 2010). Transition écologique et transition économique : quels fondements pour la pensée ? Quelles tâches pour l’action ?. note de travail, 1-19. Disponible sur : http://www.uclouvain.be/cps/ucl/doc/etes/documents/Arnsperger.TRANSITION.12.02.2010.pdf

(2) V., Bouchard. (31 janvier 2003). ECOPAR: l’économie participative.Une réalisation viable des principes libertaires et anarchistes. Disponible sur: http://www.zombiemedia.org/spip.php?article31

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Mais au fond, qu’est-ce qu’un socialiste ?

Dans la saga « sortir d’une logique de rapports de forces »

A l’origine, le socialisme est une « Doctrine économique et politique qui préconise la disparition de la propriété privée des moyens de production et l’appropriation de ceux-ci par la collectivité. » (Dictionnaire Hachette encyclopédique, 2002, page 1506). Il s’oppose donc au système capitaliste basé sur la propriété individuelle des moyens de production.

Karl Marx dénonce le vice rédhibitoire du capitalisme qui est d’entretenir, voir de renforcer la situation de rapports de forces existant entre les hommes depuis leur naissance : ceux-ci ne naissent pas égaux. Le prolétaire, le travailleur, doit vendre sa force de travail au capitaliste afin de pouvoir créer de la valeur à l’aide des moyens de productions détenus par ce dernier. Le salariat en fondant un rapport de dominant à dominé est alors entrevu comme une forme d’aliénation.

A l’origine, le socialisme comme modèle d’organisation d’une société dénonce l’inégalité originelle entre les hommes et a pour finalité de fonder une société égalitaire en proposant la collectivisation des moyens de production. Sa pierre angulaire est que l’action de chaque individu est subordonnée à « l’intérêt général » de la collectivité.

Empiriquement, il est très clair que la chute du mur de Berlin en 1989 confirme le caractère utopique  de « la dictature du prolétariat ». Toutefois, au-delà des réalisations historiques, l’analyse marxiste, s’il est vrai qu’elle se donne des objectifs louables, se heurte à une impasse : la définition de l’intérêt général. En effet, elle présuppose l’existence et la définition d’un intérêt général, donc commun et par la-même accepté de tous auquel chacun serait soumis. Or, afin de sortir d’une situation de rapports de forces entre les hommes, il faudrait que cette loi soit  transcendantale, universelle, dans le cas contraire, elle ne serait que le reflet de la volonté du dominant. Je pense que l’inexistence de l’intérêt général comme norme transcendantale, -par définition immanente car définie par des hommes- rend caduc les moyens employés par l’analyse marxiste  -le collectivisme-  pour atteindre ses objectifs.

Cette impasse qui confine le Marxisme au rang d’utopie implique que dans les faits un système marxiste dans sa forme la plus pure ne peut que déboucher sur « un capitalisme d’Etat ». Un groupe devant nécessairement définir l’intérêt général, il soumet les autres à sa propre loi (la Nomenklatura dans le cas des ex-républiques soviétiques). De ce point de vue, je rejoints l’analyse de la théorie des choix publiques qui applique les concepts de l’analyse microéconomique à la science politique. Cette théorie postule que les agents de l’Etat, hommes politiques et fonctionnaires, loin de chercher à maximiser un hypothétique intérêt général transcendantal, cherchent à l’image du consommateur lambda à maximiser leur propre intérêt, ce qui inclut l’intérêt collectif tel qu’ils le concoivent, mais également leur chance d’être réélus et leur utilité (revenus, pouvoir).

La différence fondamentale entre le socialisme et le capitalisme est que le premier postule que l’égalité de fait entre les hommes est possible alors que le second accepte que les hommes naissent inégaux (milieu et patrimoine génétique). Le premier récuserait notre condition « naturelle » au contraire du second. L’un est utopiste, l’autre pragmatique et réaliste.

Reste que le mérite principal du socialisme est de poser cette question : comment organiser une société égalitaire ? Comment sortir d’une logique de rapports de force entre les hommes ?

Le libéralisme,  en fondant l’égalité en droit fait la moitié du chemin. En consacrant la liberté et la propriété individuelle comme droits naturels, inaliénables, çàd préexistant à tout contrat social passé entre les hommes (Locke), il vise à établir l’égalité des chances afin que chaque individu dispose des leviers pour remettre en question le rapport de force dans lequel il naît à sa naissance. « Personnalité, Liberté, Propriété […] sont antérieures et supérieures à toute législation humaine » commande Bastiat. D’une part, en reconnaissant la propriété individuelle, il confirme la logique capitaliste basée sur l’acceptation d’une inégalité entre les hommes, mais d’autre part, en visant à donner les outils à chacun permettant de briser ce rapport de dominant à dominé, il s’inscrit dans la même logique émancipatrice que le socialisme. Ainsi, dire que le libéralisme est social est un pléonasme. Toutefois, la différence entre le socialisme et le libéralisme est que le premier vise à sortir complètement d’une logique de rapports de forces alors que le second accepte que celle-ci soit immanente à la nature humaine.

La liberté d’entreprendre est le moyen par excellence par lequel un individu peut accéder à la souveraineté sur son existence en travaillant pour son compte et non celui d’un tiers. C’est le moyen par lequel il peut accéder à la condition de dominant, le capitaliste, dans la logique marxiste. En ce sens, je rejoints Ludwig von Mises lorsqu’il écrit dans l’Action Humaine que le capitalisme libéral défend non pas les riches mais au contraire lutte pour que chacun puisse remettre en cause une position établie : « les gens qui se battent pour la libre entreprise ne défendent pas les intérêts de ceux qui se trouvent aujourd’hui être riches » (1).Donc, le libéralisme, en réfutant l’égalité entre les hommes, accepte certaines formes d’inégalités. Toutefois, il vise à donner à chacun les outils nécessaires à l’émancipation. Dans cette logique, un enseignement de qualité pour tous figure au top des préoccupations des libéraux.

La critique récurrente du libéralisme capitaliste est la primauté de la liberté sur d’autres aspects tels que l’exclusion sociale et la solidarité. Exceptés les anarcho-capitalistes, les libéraux reconnaissent à l’État un rôle de secours aux plus faibles, tant que cette intervention ne se transforme pas en assistanat. Ainsi, Friedrich Hayek défend un tel rôle pour l’État tandis que Milton Friedman propose un impôt négatif (2).

La question initiale posée par l’analyse marxiste reste d’actualité, mais aujourd’hui, seul le modèle d’une démocratie libérale subsiste. Dès lors, qu’est-ce aujourd’hui que le socialisme ? On l’assimile souvent à la social-démocratie, mais ce terme me semble un peu « fourre tout ». Dans les faits, il me semble que le modèle libéral comme mode d’organisation des sociétés occidentales a triomphé. Les socialistes dans ce cas ne seraient que les défenseurs d’intérêts corporatistes, ceux des pauvres ; leur existence ne se justifierait que pour des motifs de redistribution des richesses des plus riches vers les plus pauvres. Bien, mais dans ce cas, le socialisme moderne est en proie à une fameuse contradiction : l’objectif de redistribution est subordonné à l’existence des riches, les socialistes (à moins de partager la pauvreté) se nourrissent du vice qu’ils dénoncent. On est loin de la philosophie émancipatrice d’origine.

Jusqu’à preuve du contraire, le libéralisme capitaliste comme mode d’organisation de société fut le projet le plus émancipateur pour l’humanité.

(1)   Source : Wikipédia. Critiques du libéralisme économique. Voir : http://fr.wikipedia.org/wiki/Critique_du_lib%C3%A9ralisme_%C3%A9conomique

(2)   Ibidem.

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