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Nigel Farage : « la Belgique est un non-pays ».

Nigel Farage, Député au Parlement européen (Groupe Europe Libertés Démocratie), a fait un gros coup médiatique en qualifiant Herman Van Rompuy de « serpillière humide » et la Belgique de « non-pays » (1). Les mots sont un peu forts, mais il n’a pas tort. Si on se réfère à la tradition républicaine qui pose le « vouloir vivre ensemble » comme la condition nécessaire à l’existence d’une nation, force est de constater que la Belgique n’est pas le produit de ce concept. En revanche, la tradition germanique qui postule le « un peuple, une langue, un territoire » colle assez bien à la réalité flamande (reste à splitser BHV).

Pourquoi la Belgique existe t-elle toujours ? Le très respectable hebdomadaire anglo-saxon The Economist le constatait en pleine crise institutionnelle : « the job is done » (2). Dans l’imaginaire collectif anglo-saxon, le « Belgium » n’est qu’un Etat artificiel, une zone tampon qu’ils ont imposé sur le continent après le blocus de Napoléon afin de protéger leurs intérêts mercantiles. L’arrogance britannique à notre égard s’explique donc. This is right but only part of the story : notre pays est aussi le fait de la révolution d’une élite, francophone, contre le régime de Guillaume d’Orange.

Mais arrêtons là les grandes considérations idéologiques, back to reality. La Belgique existe encore pour quatre raisons on ne peut plus pragmatiques :

  1. Les transferts N-S. Ils sont controversés car la richesse est essentiellement produite à Bruxelles mais taxée sur le lieu de résidence des travailleurs. Certes, mais n’oublions tout de même pas ceci : une grosse partie de ce capital humain est flamand.
  2. La dette. On avait (péniblement) réussi à revenir à l’équilibre pour petit à petit la faire converger vers 60% du PIB (critères de Maastricht). Manque de bol, avec la crise, la dette repasse la barre des 100%. Comment la diviser en cas de séparation ?! Les francophones exigeraient probablement de ne supporter que 40% de la dette.
  3. Notre influence au sein des institutions internationales et des réseaux de coopération intergouvernementaux. Notre capacité à négocier, notre flexibilité, notre multilinguisme sont des compétences fort appréciées dans le secteur. N’oublions pas non plus qu’en cas d’éclatement, il faudrait renégocier notre adhésion à l’ONU, l’UE, l’OTAN, etc.  En effet, la règle de base en droit international public est qu’aucune des nouvelles entités n’endossent les droits et obligations découlant des traités passés avec le défunt Etat, nous serions hors du champs du droit international.
  4. Et enfin : Bruxelles, l’enfant bâtard. Le territoire sacré, la poule aux œufs d’or,  enclavé en Flandre où le français domine comme lingua franca.

La liste est à peu près exhaustive. Elle a le mérite d’être concise.

(1)             Journal du Marché Intérieur (3 mars 2010). Disponible sur : http://jmieurope.typepad.com/jmi/2010/03/nigel-farage-sanctionn%C3%A9.html

(2)             The Economist (6 septembre 2007). Extrait disponible sur Francophone de Bruxelles :http://www.francophonedebruxelles.com/2008/02/la-position-de-economist.html

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