les idées qui font des petits!

Articles tagués ‘dieu’

Dieu et la peur de l’inutile.

La conscience du Néant comme rempart contre l’obscurantisme religieux – La pertinence de la question du sens comme rempart contre les limites de la pensée rationnelle.

La religion répond au besoin profond de répondre à la question du sens. Sans récuser sa fonction, il est important de connaître la logique dont elle procède afin d’éviter  l’obscurantisme religieux et le repli identitaire, un des pièges de l’Histoire. Ce qu’on appelle le Néant, ou la prise de conscience de la limite de la pensée rationnelle, loin de disqualifier la possibilité de l’existence d’une entité supérieure, nous invite, à défaut de pouvoir transcender notre condition humaine, à penser notre propre morale. La question du sens conserve donc toute sa pertinence, car il est illusoire de penser que la science, la pensée rationnelle, puisse jamais apporter de réponse à la question du pourquoi (la science ne répond qu’à la question du comment), mais force de pouvoir lui donner réponse, nous devons la mettre en parenthèse lorsqu’il s’agit de définir les règles qui fondent la vie en société. La démarche est d’autant plus difficile qu’elle invite l’humanité à accepter sa condition et les limites de l’esprit humain.

Je vous propose de lire le cheminement philosophique qui aboutit à ce constat. Un philosophe l’a couché sur papier mieux que je ne le ferai jamais donc je vous propose de le lire sur : http://sami.is.free.fr/Dieu.html . Il s’agit là du lien vers la version résumée (courte et synthétisée), vous pouvez aussi lire la version intégrale.

Etapes de la réflexion :

1. Les questions -inévitables- de l’existence et de la mort se trouvent résolues par les prophètes, intermédiaires de Dieu.
2. Dieu est l’incarnation du sens créé par la religion. Les religions, prétextes fédérateurs et civilisateurs. Comment naît une religion.
3. Une cause de Dieu : le besoin d’un guide. Fragilités insoupçonnées et pourtant extrêmes des conceptions religieuses.
4. Difficile liberté, intolérable erreur, spectre terrifiant de l’inutilité.
5. La peur de l’inutile doit être dépassée.
6. Les Athées vont trop loin ; rationnellement, l’homme doit se contenter de rester agnostique.
7. L’inutile est chose tolérable à l’esprit fort
8. Conclusion : nécessité pour l’ensemble de l’humanité de penser une morale détachée de toute irrationnalité, ancrée dans la conscience de la mort.
9. Ultime remarque : il faut lire Albert Camus

J’ajouterai qu’il faut aussi lire Kant et sa critique de la raison pure.

tableau de Magritte. L’existentialisme.

Mais au fait, la religion est-elle compatible avec la démocratie ?

Le mot culture implique le mot CULTE qui signifie hommage rendu à un dieu, et un dieu, c’est l’autorité suprême chez les croyant(e)s, un être INTROUVABLE qui se trouve à être placé au-dessus de la têtes de tout le monde par les croyant(e)s, une morale avec ses lois qui se doivent de s’appliquer à tous, suivant une logique conséquente, le dieu étant suprême, ainsi est sa loi  (1).

La Démocratie elle, c’est l’égalité des droits et libertés des individus sans égard, et sa conséquence directe est l’établissement de la JUSTICE HUMAINE, sans dieu ni diable (1).

Bien entendu, d’aucuns objecteront que la religion n’est pas un projet politique mais un ensemble de croyances personnelles qui n’ont aucune prétention à réguler la société, les rapports entre les hommes. C’est du moins ce à quoi l’organisation laïque des sociétés occidentales l’a réduite.

Il est vrai que la définition de la religion fait controverse, à chacun de se faire son opinion. En ce qui me concerne, je trouve réducteur de réduire la religion à sa dimension spirituelle, pour moi elle possède en tant que système de normes, une vocation institutionnelle; la laïcité a fortement raboté cette dimension en affirmant fondamentalement que la morale des hommes doit prendre le pas sur celle de Dieu. D’où, peut-être, le célèbre « Dieu est mort » de Nietzsche ?

Je ne suis ni anthropologue ni philosophe (quand bien même je ne désespère pas de le devenir au crépuscule de ma mort) mais si on accepte cette conception, les constitutions des Etats occidentaux qui fondent le contrat de base de la Loi humaine ne comportent t-elles pas un paradoxe en affirmant sans retenue la liberté de pratiquer une religion, donc selon la conception institutionnelle de la religion, de se rallier à un autre système de lois ? En clair, la liberté de culte, la liberté d’honorer un Dieu, plutôt que d’être considérée comme un des droits fondamentaux, ne devrait-elle pas être subordonnée au respect de ces droits ?

La question du voile résume bien cette contradiction: une femme voilée invoquera le plus souvent le prescrit religieux pour justifier le port de celui-ci. Mais la loi des hommes, considérée comme universelle en ce qu’elle s’applique à TOUS, ne doit-elle pas primer sur les particularismes de certains dès lors qu’un arbitrage doit-être fait ? En clair, la majorité démocratique n’a-t-elle pas le droit souverain de plier le prescrit religieux à sa volonté lorsqu’elle estime, souverainement, que celui-ci viole un de ses principes fondamentaux, j’ai nommé : l’égalité homme-femme ?

On doit se souvenir que démocratie signifie « souveraineté du peuple » et par conséquent subordonne toute référence transcendantale à la Loi des hommes. La religion dans sa dimension politique n’est pas compatible avec la démocratie. Second enseignement : il n’est nul raison d’interdire le voile si ce n’est pour des questions d’incompatibilité avec un droit de l’homme. Cette question doit être tranchée dans un hémicycle. Reste que même dans l’hypothèse d’une absence d’incompatibilité avec ledit droit, la question d’une interdiction générale doit être distinguée de celle d’une interdiction dans la sphère publique. En France, cette seconde question est réglée par l’application du principe de laïcité qui lui-même découle du républicanisme : le voile, au même titre que les autres signes religieux, n’a pas droit de cité dans l’espace public (à l’école, dans un hémicycle et dans les fonctions d’agent de l’Etat dans la conception républicaine française). En Belgique, c’est le flou artistique. Où sont passés les intellectuels ?

(1) Extrait d’une opinion sur un forum : http://www.radio-canada.ca/nouvelles/International/2010/02/05/005-integration-europe.shtml# . Exactitude étymologique vérifiée.

Nuage de Tags

%d blogueurs aiment cette page :