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Conversation d’un ours polaire avec un scientifique: le changement climatique, c’est grave docteur?

« Le changement climatique, c’est grave docteur ? »

En fait, ce n’est que la partie de émergée de l’Iceberg, les scientifiques pensent que nous sommes entrés dans une nouvelle ère : l’Anthropocène.

« C’est quoi « l’anthropocène » ? »

Eh bien, les stratigraphes découpent le temps en « ères géologiques ». Ils raisonnent sur 400 milliards d’années. Ils pensent que l’être humain est aujourd’hui devenu la première force de transformation de la planète.

« Ah bon, plutôt chouette ça,non ? »

Non, la Terre est un univers fini dans lequel le vivant et le non-vivant sont interconnectés. La toute puissance humaine est une illusion, l’homme n’est pas en dehors de la nature.

« Quelle toute puissance humaine ? »

Le feu thermo-industriel. La puissance que lui procure la découverte de l’énergie fossile, cette formidable réserve d’énergie stockée dans les entrailles de la terre.

« Ça veut dire que l’humanité est foutue ? »

En publique on essaye de paraître optimiste mais beaucoup moins en coulisse…

« Pourquoi ? »

Parce que le catastrophisme n’amène pas les gens à agir.

« Et pourquoi les gens n’agissent t-ils pas ? »

Parce que nous sommes des sauterelles. Comme toute espèce, l’être humain se développe tant que la nature ne lui impose pas des limites. Les humains sont une « espèce K » comme disent les biologistes, va voir la définition au dictionnaire.

« Mais est-ce tout ? »

Non, non, en fait, il existe de nombreux mécanismes génétiques et culturels  qui empêchent le changement. Ces mécanismes sont hérités de l’époque où nous vivions en tribu nomade, dans une situation de rareté. Dans une société d’abondance, ces mécanismes sont devenus « maladaptifs » comme disent les scientifiques.

« Est-ce la fin de l’Histoire ? »

Eh bien, l’espèce humaine possède le potentiel de son autodestruction, c’est clair. Mais la vie en a vu d’autre, toute espèce est mortelle.

« Dès lors, pourquoi s’en faire ? »

Parce que dans un monde fini aux ressources rares, seuls les individus au plus grand potentiel d’adaptation survivront…

« Allons-nous connaître des guerres, des révolutions, le retour des totalitarismes ou la démocratie est-elle capable d’anticiper les problèmes ? »

Plutôt les 3 options négatives.

« Ah mais vous êtes plutôt d’une nature pessimiste vous ! »

Non, juste un scientifique. Je n’en veux à personne, suis en paix avec moi-même, mais je sais que c’est ce qui va se passer.

« Pourquoi continuer à informer les gens alors ? »

Car l’espoir fait vivre, c’est humain.

« Un conseil à donner aux gens ? »

Non, si ce n’est de s’informer sur ce que veut dire le mot « résilience ». De toute façon, je peux vous donner des conseils, il n’y a qu’à se baisser, vous les connaissez, mais vous ne les appliquerez pas. L’être humain n’est pas pleinement autonome, c’est un mythe. Il fait partie d’un corps social et son plus grand désir est celui d’être reconnu. Il est naturel pour lui de jouer les règles du jeu du système. Il faudrait qu’il comprenne les règles du jeu avant d’espérer les changer. Et une fois qu’il les connaît, il faut qu’il se refuse à les exploiter à son propre profit, un fameux dilemme moral. Peu d’esprit on cette capacité de résilience. Les élites ont très bien conscience de la nécessité de bifurquer, mais chacun cherche à assurer son petit confort, à éviter de prendre des risques pour le bien collectif. C’est humain, chacun essaye de survivre.

« Et des solutions existent ? »

Oui, mais il faut que chacun accepte de remettre en question son mode de vie pour le bien collectif.

« Et cette remise en question est-elle profonde ? »

Oui, elle concerne tous les domaines de la vie.

C’est pour cela que le changement ne sera pas endogène mais exogène, il viendra d’un choc externe, le système devra se réorganiser sous peine de s’écrouler. Ceux qui l’on comprit passent pour des demeurés aujourd’hui.

Démocratie et transition soutenable : quatre leviers pour initier le changement.

Saurons-nous anticiper les mesures nécessaires pour initier à temps le changement qui s’impose à nous ? Chacun semble pétrifié face à l’ampleur de la tâche. La peur est mauvaise conseillère et nous fige. Quelle stratégie adopter ?

J’identifie une chaîne de « conscientisation » qui comporte quatre leviers qui doivent être activités dans un ordre chronologique afin d’initier un changement durable.

Premièrement, il nous faut accepter que  le « business as usual » n’est pas une option.

Deuxièmement, il nous faut accepter la nécessité de changer, ce qui exige une disposition à accepter des changements structurels dans nos vies.

Troisièmement, il nous faut accepter que si les problèmes sont connus, que personnes ne peut prétendre connaître avoir toutes les réponses. De nombreux efforts sont encore à fournir dans ce domaine.

Quatrièmement, il ne faut pas prendre cette incertitude comme prétexte pour ne pas commencer à amorcer un changement, individuel et collectif.

Alors seulement un politicien pourra tenir un discours visant à insuffler un véritable changement sans risquer de se tirer une balle dans le pied. Le politique ne précèdera pas l’opinion publique, c’est une erreur que de penser çà. C’est au rôle de chaque citoyen de donner des signes tangibles, au quotidien, de la nécessité de changer. C’est ainsi qu’à terme des politiciens finiront par porter la voix de ces citoyens dans l’arène politique.

Par ailleurs, on pourrait attendre de la presse qu’elle joue un rôle moteur dans la conscientisation des citoyens. En pratique ce n’est pas le cas. Par exemple, je n’ai à ce jour lu aucun article portant sur les enjeux du pic pétrolier dans les médias traditionnels. Idem pour la question de la perte de la biodiversité ou la réforme monétaire. Est-ce dû à la formation des journalistes ?

Au moins en partie. Mais ceci s’explique surtout par la nature du lien entre la presse et ses lecteurs. Alors que le journaliste écrivait jadis à des citoyens pour les informer, le journaliste produit aujourd’hui des articles pour augmenter le « bien-être » du consommateur. L’information est devenue une marchandise comme une autre, le lien commercial entre la presse et ses « clients » est aliénant en ce que « vendre », plutôt qu’informer, conditionne la survie de tout média. Dans ce cas, difficile de ne pas verser dans une relation où la presse se plie au « désir » du client. S’informer réellement nécessite et nécessitera toujours un effort. Le règne de l’instantané fabrique des abrutis en masse, c’est dramatique.

Donc, c’est bien au niveau des consciences et des comportements que chacun doit agir. Le changement ne viendra pas du haut mais du bas. Les réseaux permettent de faire circuler l’information très rapidement. A chacun de faire circuler la BONNE information et de donner l’envie aux autres de s’informer. C’est en faisant l’EFFORT de s’informer correctement qu’on devient citoyen. C’est là un devoir de chacun dans une société démocratique. En effet, à quoi bon donner le droit de vote à quelqu’un qui ne comprend pas pourquoi il vote ? On a les politiciens qu’on mérite.

 

Citoyens, en avant, marchez, marchez !

Démocratie & (mal)gouvernance: stop à la tyrannie du court-termisme

On peut lire dans la Libre de ce lundi 7 septembre (p.19) que le gouvernement chinois va couper le robinet de crédits des industries les plus polluantes. Le gouvernement a pour objectif un gain d’efficacité de 20% de consommation d’énergie par unité de PIB entre 2006 et 2010. Dans cette perspective, il a notamment ordonné la fermeture d’usines obsolètes sous peine de geler leur accès au crédit.

Ce n’est un secret pour personne, sécuriser l’approvisionnement énergétique est la priorité n°1 du gouvernement chinois. Ce qui est intéressant ici, c’est l’efficacité du régime chinois. La dérive autocratique permet d’imposer « d’en haut » des politiques hautement impopulaires, ce qui est bien sûr un atout. Dans le contexte actuel, un président américain qui s’aviserait de mener une politique débouchant sur une augmentation – fut-ce de quelques dollars- du prix du pétrole, ne serait jamais réélu.Et pourtant, lorsqu’on analyse à quel point l’économie américaine est dépendante du pétrole, les politiques seraient avisé de réduire au plus vite cette dépendance, surtout face à le menace de dépletion imminente du stock de ressources pétrolières (voir article: la fin du pétrole).

La démocratie possède  ses limites lorsqu’il convient d’imposer des mesures impopulaires dans le but d’adoucir, donc d’anticiper, les effets négatifs d’un problème suspendu aux lèvres du temps. Bien souvent, le système démocratique est incapable de réagir à priori, c’est seulement une fois que la crise heurte « les gens » de plein fouet, qu’une politique volontariste à posteriori devient possible. On va le voir en Belgique, lorsque le gouvernement  nous imposera la plus longue cure d’austérité de notre histoire…il eu été tellement plus simple d’anticiper l’avenir sous la période Verhofstadt, lorsque la croissance distribuait ses fruits. Et je ne ferai évoquer ici que la bombe a retardement que constitue la problématique du financement des pensions et des soins de santé.

Tout ceci pour en venir à ce constat factuel: face à l’imminence et à l’ampleur de certains défis, la démocratie sous sa forme actuelle paraît bien désemparée. La question de la gouvernance, qui selon moi pourrait rétablir un juste équilibre entre technocratie et démocratie, se pose avec acuité. Concrètement, il s’agit de transformer le système actuel pour qu’il soit capable de prendre en compte le long terme. Aujourd’hui, les politiques travaillent constamment dans l’urgence et dépensent une énergie considérable a garantir leur visibilité (à ce sujet: lire A. Eraly (2002). Le pouvoir enchaîné. Etre ministre en Belgique. Editions Labor, pp. 358. Il faut s’accrocher, âmes sensibles s’abstenir!). Sans parler de la presse,  enfermée dans l’idéologie de l’instantané  et prisonnière de la logique marchande ( à ce sujet: lire I. Ramonet (1999). La Tyrannie de la communication.Gallimard, pp. 290).

Par exemple, il n’existe aujourd’hui aucun mécanisme d’évaluation systématique des politiques, de l’utilisation des deniers publics (dans l’administration!), et de réalisation des promesses tenues. Pourquoi? Parce que « les gens » s’en foutent, donc la presse n’en parle pas. Dans le contexte qui est le nôtre, le fait de se présenter à une élection en affichant un bon bilan est un atout presque négligeable, c’est malheureux. Occuper son temps à maximiser sa visibilité électorale est bien plus porteur en terme de voix.  D’autre part, il n’existe aucun mécanisme de sanction à posteriori  des politiques. A cet égard, l’Allemagne, en inscrivant récemment dans sa Constitution la nécessité d’avoir des finances saines, s’est dotée d’un instrument puissant pour forcer les politiques à sortir d’une vision court-termiste et les inciter à privilégier l’aspect gestionnaire par rapport à celui strictement politique de leur fonction.

Dans cette même logique, il me semble très clair que face à la problématique climatique, et surtout si on sait que nos économies vont devoir réduire leur émissions de   c02 (en terme absolu!!!) de 80% par rapport à celles de 1990 (date de signature du Protocole de Kyoto) à l’horizon 2050, qu’un mécanisme systématique d’évaluation des engagements pris devrait exister. Aujourd’hui, quel plan, quelle vision pour l’avenir avons-nous? Je suis tenté de dire aucune. Une juste application du principe de précaution, par ailleurs ancré dans les principes constitutionnels français ainsi que ceux du traité européen, réclamerait que des stratégies optimales à court terme soient réévaluées à intervalles réguliers à la lumière du nouveau flux d’informations générés par la recherche et les faits. Dans cette perspective, les objectifs définis à court terme, en attendant d’être réévalués, devraient être tenus. Des mécanismes de responsabilisation et de sanction des responsables devraient exister.

La presse possède un rôle crucial dans cette élévation du débat démocratique. Son fonctionnement devrait aussi répondre à des critères de bonne gouvernance plutôt qu’à la pure logique marchande. Ethique, missions d’ordre publique, indépendance, autocritique, analyse de l’information: voilà bien quatre qualités qui font aujourd’hui défaut à la presse « grand public ».

Je crains qu’en sus de prodiguer nos leçons sur les droits de l’homme aux chinois,  que nous ne puissions  faire l’économie d’un examen autocritique profond si nous voulons sortir du règne du court-termisme si destructeur à long terme.

Mais au fait, la religion est-elle compatible avec la démocratie ?

Le mot culture implique le mot CULTE qui signifie hommage rendu à un dieu, et un dieu, c’est l’autorité suprême chez les croyant(e)s, un être INTROUVABLE qui se trouve à être placé au-dessus de la têtes de tout le monde par les croyant(e)s, une morale avec ses lois qui se doivent de s’appliquer à tous, suivant une logique conséquente, le dieu étant suprême, ainsi est sa loi  (1).

La Démocratie elle, c’est l’égalité des droits et libertés des individus sans égard, et sa conséquence directe est l’établissement de la JUSTICE HUMAINE, sans dieu ni diable (1).

Bien entendu, d’aucuns objecteront que la religion n’est pas un projet politique mais un ensemble de croyances personnelles qui n’ont aucune prétention à réguler la société, les rapports entre les hommes. C’est du moins ce à quoi l’organisation laïque des sociétés occidentales l’a réduite.

Il est vrai que la définition de la religion fait controverse, à chacun de se faire son opinion. En ce qui me concerne, je trouve réducteur de réduire la religion à sa dimension spirituelle, pour moi elle possède en tant que système de normes, une vocation institutionnelle; la laïcité a fortement raboté cette dimension en affirmant fondamentalement que la morale des hommes doit prendre le pas sur celle de Dieu. D’où, peut-être, le célèbre « Dieu est mort » de Nietzsche ?

Je ne suis ni anthropologue ni philosophe (quand bien même je ne désespère pas de le devenir au crépuscule de ma mort) mais si on accepte cette conception, les constitutions des Etats occidentaux qui fondent le contrat de base de la Loi humaine ne comportent t-elles pas un paradoxe en affirmant sans retenue la liberté de pratiquer une religion, donc selon la conception institutionnelle de la religion, de se rallier à un autre système de lois ? En clair, la liberté de culte, la liberté d’honorer un Dieu, plutôt que d’être considérée comme un des droits fondamentaux, ne devrait-elle pas être subordonnée au respect de ces droits ?

La question du voile résume bien cette contradiction: une femme voilée invoquera le plus souvent le prescrit religieux pour justifier le port de celui-ci. Mais la loi des hommes, considérée comme universelle en ce qu’elle s’applique à TOUS, ne doit-elle pas primer sur les particularismes de certains dès lors qu’un arbitrage doit-être fait ? En clair, la majorité démocratique n’a-t-elle pas le droit souverain de plier le prescrit religieux à sa volonté lorsqu’elle estime, souverainement, que celui-ci viole un de ses principes fondamentaux, j’ai nommé : l’égalité homme-femme ?

On doit se souvenir que démocratie signifie « souveraineté du peuple » et par conséquent subordonne toute référence transcendantale à la Loi des hommes. La religion dans sa dimension politique n’est pas compatible avec la démocratie. Second enseignement : il n’est nul raison d’interdire le voile si ce n’est pour des questions d’incompatibilité avec un droit de l’homme. Cette question doit être tranchée dans un hémicycle. Reste que même dans l’hypothèse d’une absence d’incompatibilité avec ledit droit, la question d’une interdiction générale doit être distinguée de celle d’une interdiction dans la sphère publique. En France, cette seconde question est réglée par l’application du principe de laïcité qui lui-même découle du républicanisme : le voile, au même titre que les autres signes religieux, n’a pas droit de cité dans l’espace public (à l’école, dans un hémicycle et dans les fonctions d’agent de l’Etat dans la conception républicaine française). En Belgique, c’est le flou artistique. Où sont passés les intellectuels ?

(1) Extrait d’une opinion sur un forum : http://www.radio-canada.ca/nouvelles/International/2010/02/05/005-integration-europe.shtml# . Exactitude étymologique vérifiée.

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