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La décroissance, une idée à mettre à la poubelle?

La 14ème législature du Parlement Jeunesse s’est close sur le vote d’une résolution invitant à remettre en question le rôle de la croissance au sein de la politique économique. Préalablement au vote, le professeur Christian Arnsperger (Ucl), un expert de la décroissance, nous a exposé en vingt petites minutes le cadre théorique de ce concept. Son argumentation repose sur la constatation factuelle que l’homme doit aujourd’hui accepter sa finitude et celle du monde. Il en va de la survie de notre espèce. Le concept d’emprunte écologique proposé par les sciences exactes est le point de départ de cette réflexion.  Si tous les êtres humains accédaient au même train de vie que celui des occidentaux, de trois à dix planètes (selon les estimations) seraient nécessaires afin de pallier aux besoins matériels de l’humanité. Un second constat venant alimenter cette réflexion, basé sur les sciences humaines, est que l’être humain à tendance à nier la finitude de sa propre existence. Ainsi, l’enjeu de la réflexion sur la décroissance est l’acceptation de la nécessité d’une « auto-limitation » de nos besoins.

Partant de ce constat, trois scénarios sont envisagés par les économistes afin de gérer cette contrainte. Tout d’abord, certains invoquent la pure logique capitaliste, c’est-à-dire le mécanisme d’auto-régulation via le marché et l’innovation technologique qu’il stimule. Le fait que la rarérifaction d’une ressource implique la hausse de son prix est un puissant incentif à substituer cette ressource via l’innovation technologique. Cette approche, baptisée « capitalisme vert » est donc basée sur l’hypothèse implicite que les possibilités de substitutions sont infinies. Une seconde approche vise à internaliser les coûts sociaux de l’activité économique via la régulation du marché. Dans cette perspective communément appelée « social-démocratie » -largement répandue en Europe-, l’Etat joue un rôle central. Il est le garant des conditions de croissance à long-terme.

Les sceptiques disent que ces deux perspectives ont toujours pour seul moteur le profit : elles sont basées sur le paradigme de l’homo oeconomicus. L’accumulation des richesses et donc la croissance reste leur moteur principal. De ce point de vue, on peut se demander si elles intègrent l’idée de finitude c’est pourquoi le professeur Arnsperger propose une voie alternative. Sans aller dans les détails, il a proposé deux principes fondateurs d’un nouveau paradigme économique. Premièrement, il prône une relocalisation de l’activité économique. Produire local donc. Ensuite, il encourage la création des communautés locales économiquement autonomes, ceci dans le but de mettre de côté l’idée même de croissance. Difficile de ne pas voir dans ces propos un plaidoyer pour un retour à l’autarcie. Le professeur conclut son discours en évoquant le terme « Post-capitalisme ».

Si j’ai une certitude, c’est bien celle que j’eu aimé en entendre davantage sur le sujet. Personnellement, je dirais que l’idée de décroissance illustre une peur de l’Avenir. Peur fasse aux conséquences potentiellement chaotiques de la surconsommation. Toutefois, on peut se demander si les solutions suggérées par l’idée de décroissance sont pertinentes. Précisons que celle-ci est floue, il nous faut donc l’interpréter. Si la décroissance suggère une croissance atone ou négative, il faut la remiser au placard. Adhérer à ces principes, c’est renoncer au Progrès et donc au temps linéaire, à l’Histoire. De plus, observons que la croissance démographique exige la création d’emploi, ce qui suppose de la croissance ou une réduction du temps de travail. Sachant que la seconde alternative provoque une nouvelle répartition des richesses dans l’hypothèse où elle n’est pas uniforme, la création d’emploi semble être l’option à privilégier.

Et c’est çà qui m’amène à aborder le seul, l’unique, le vrai problème : nous sommes trop sur cette terre ; un tabou. Car oui, si nous n’étions pas six milliards d’êtres humains, l’idée même d’acceptation de la finitude de notre existence n’aurait probablement jamais émergée.

Quelle pensée plus malsaine que celle que si tous les africains accédaient à notre niveau de vie, notre survie serait en jeu ? L’Organisation des Nations Unies s’est enfin décidée à aborder ce sujet délicat. Il sera très difficile de mettre en place –à l’image de la Chine –  des politiques de natalité contraignantes. Réfléchissons donc à des solutions alternatives avant qu’un risque écologique systémique se déclenche. La croissance démographique exponentielle de l’espèce humaine met une pression sur les écosystèmes qui devient insupportable : la résilience d’un système écologique est limitée. Attaquons nous donc au vrai problème. Et si la solution est de conquérir d’autres planètes, commençons tout de suite à investir massivement dans la recherche spatiale…

« Oui » à la décroissance démographique donc.

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