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Marcourt : « une circonscription électorale nationale ?!…un brol » .

Dans le Vif de cette semaine (1), Jean-Claude Marcourt (PS), seul ministre régional absent sur les listes (!), nous confie que, pour lui, une circonscription nationale est « un brol ».

Ses arguments ?

S’il n’existe aujourd’hui plus de partis fédéraux, c’est parce que nous nous sommes déconstruits confie t-il. Pour lui, la seule façon de remettre du ciment dans notre fédéralisme serait de reconstituer des partis nationaux, plutôt que de mettre en place une circonscription unique. Et çà dit-il, ce n’est pas pour demain !

M. Marcourt voit clair, il a raison (bien qu’il ne cache pas son penchant régionaliste…). Cela dit, si non pas 15 députés (le chiffre énoncé le plus souvent), mais 50 (le tiers des sièges à la Chambre) étaient élus sur base de cette circonscription, on peut imaginer que des partis fusionneraient pour reformer des partis/cartels fédéraux. 15 députés, c’est à priori un chiffre trop négligeable que pour provoquer un véritable bouleversement de notre échiquier politique… A moins que, à moins que s’y affrontent les ténors comme c’est actuellement le cas au Sénat!

Reste que le CD&V et la NVA sont contre la circonscription fédérale (quid de l’Open Vld et de sa poussée confédéraliste ?!). Le sud lui, semble unanimement être pour. On épinglera toutefois l’interview d’Elio Di Rupo dans la Libre de ce vendredi 4 juin dans laquelle il semble se profiler contre la circonscription unique. Son argumentaire? Les flamands sont contre…

Le Premier ministre sera t-il un jour celui de tous les belges?

(1) 28 mai au 3 juin 2010, p. 26.

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J’ai résolu BHV ! Attention, ceci est une fiction…

Quand Dlamot joue les plombiers…

Lorsqu’on envisage des solutions sur l’épineux dossier BHV, on se trouve vite dans l’impasse. En effet, partant d’une part du postulat que BHV est un problème territorial lié à l’enclavement de Bruxelles et d’autre part que l’arrondissement sera un jour scindé, la solution passe inévitablement par un élargissement visant à assurer le lien territorial avec la Wallonie. Or, si les francophones ne plient pas, se serait aux flamands à accorder l’inconcevable. On comprend alors qu’on se  dirige vers un cul-de-sac car céder une parcelle de territoire serait très lourd de symbolique pour la Flandre. Il faut y avoir vécu un temps et revisiter l’histoire de notre pays pour acquérir l’empathie nécessaire à la compréhension de l’autre communauté qui aujourd’hui nous fait défaut.

Bien. Dans ce cas, si aucune des parties ne cède, il va falloir sortir de la crise par le haut. Redéfinir les contours de notre pays, tel est l’enjeu, il demande davantage que cinq minutes de courage politique. Le contexte requiert l’émergence d’hommes d’Etat capables de transcender les clivages partisans et linguistiques qui minent notre pays. Si quelqu’un doit sortir du bois, ce sera la Providence qui nous l’envoi car aucun politique n’a, dans la configuration institutionnelle actuelle, des incentifs suffisants à se poser en défenseur du foyer commun.

Si on veut repartir d’une page blanche, les concessions de mise, en particulier pour la Flandre, seront bien plus lourdes que les compensations exigées sur BHV. La Flandre en proie au démon nationaliste possède la main. Car si les francophone se cabrent aujourd’hui c’est par appréhension que leur partenaire possède un agenda caché. Donc, une autre Belgique n’est possible qu’à la condition que la Flandre renonce, à jamais, avec force, à son projet de former un Etat-Nation, ce qui exige qu’elle inscrive son futur en  rupture complète avec son passé. De cette condition découle la plaine reconnaissance de Bruxelles comme région autonome.

Côté francophones, de lourdes concessions seront également de mise. S’ils désirent toujours se poser en belges, ils devront accepter que leur langue et leur culture soient mise sur un pied d’égalité avec la culture flamande et la langue de Vondel. Fin de l’arrogance et de l’impérialisme ethnico-culturel francophone donc. Les francophones devront apprendre le néerlandais.

Enfin, troisième concession, la structure du pays devra ignorer le concept de majorité démographique au profit de celui de parité. Actuellement, le gouvernement n’est qu’à mi- chemin de ce principe puisque les flamands squattent le poste de premier tribun depuis quarante ans.

Je ne doute pas qu’à ce stade la pilule soit déjà très difficile à avaler. Mais soit, poursuivons.

Une saine logique voudrait que la taille d’une circonscription coïncide avec celle des enjeux du scrutin. Le découpement en Provinces (à l’exception notable de BHV) lors des élections de la Chambre participe à cultiver l’esprit de clocher des belges. Une circonscription fédérale lors des scrutins nationaux, en plus de désamorcer la bombe BHV,  favoriserait l’émergence de poids lourds, des champions nationaux, capables de porter les enjeux du pays. De plus, ils posséderaient une légitimité nationale, coïncidant avec les intérêts d’une communauté, belge, de destin commun. Sans oublier que les vieux réflexes sous-régionalistes seraient lourdement sanctionnés. Le principe est simple : dessiner le système institutionnel de façon à ce que les politiques aient les bons incentifs à défendre l’intérêt national.

Dans cette optique, on doit garder le découpage administratif en régions. Le principe de territorialité, tel que nous le connaissons aujourd’hui, y serait d’application et ce afin d’éviter qu’une communauté puisse se sentir sous la menace d’une colonisation (comme c’est actuellement le cas en périphérie bruxelloise). Plus encore, l’établissement d’une personne dans une région serait subordonnée à l’exigence qu’elle connaisse la langue de celle-ci. Exit « l’olievlek » donc.

En revanche, seuls deux niveaux de gouvernance subsisteraient : le pouvoir central et celui de proximité. Soit : les communes et le fédéral. Exit les gouvernements des provinces, régions et communautés. Sans oublier que Bruxelles, la capitale, serait gérée par un unique conseil communal paritaire. Ainsi, les 19 communes actuelles seraient fusionnées en une « méga-commune ». Le même principe, sans gestion paritaire il va de soi,  s’appliquerait à toutes les grandes villes. Enfin, chaque commune serait sous tutelle du pouvoir central exclusivement pour les aspects touchant à l’intérêt national.

Il va de soi que tous les partis seraient nationaux avec une aile linguistique francophone et l’autre flamande. Toujours en vertu du principe de parité, la présidence de chaque parti respecterait une alternance linguistique. Les listes seraient également paritaires. De même, au niveau national, toujours dans ce souci de respecter l’équilibre linguistique, seraient élus les 75 premiers candidats francophones et les 75 premiers candidats néerlandophones par ordre des scores en terme de voix de préférences. Exit le Sénat et les votes ethniques communauté contre communauté.

Dans ces conditions, je n’ai aucune objection à ce que le mode de scrutin reste proportionnel et que le droit de vote reste obligatoire. A noter qu’avec un tel système le premier ministre serait libéral. Le grand perdant serait sans aucuns doutes le PS. Les socialistes sont certes surpuissants en Wallonie mais pas en Flandre. Toutefois, dans tous les cas, le scrutin serait à deux tours : les citoyens se prononceraient sur la coalition à mettre place. Exit les accords préélectoraux et l’Etat-PS donc.

Le premier ministre serait issu de la plus importante famille politique. Toujours en respect du principe de parité, il serait une fois francophone et l’autre fois néerlandophone. Idem pour le bourgmestre de Bruxelles. Le gouvernement et le conseil communal Bruxellois seraient bien sûr paritaires. Exit la mainmise flamande sur le poste de premier.

Dépassement de la logique des rapports de force et du communautarisme. Exit les partis nationalistes et 180 ans d’histoire « déchirée »

Vous vouliez une réforme de l’Etat ? Vous l’avez.

Attention, ceci est une fiction.

Je le répète, ceci est une fiction. Francophones, la Belgique à papa c’est terminé. Mettez-vous bien çà dans le ciboulot.

tableau de René Magritte: la Folie des Grandeurs.

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