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Archives de 24 octobre 2012

Un décideur élu dans une démocratie a t-il le droit de bafouer la science?

Un politique élu dans une démocratie a t-il le droit de bafouer la vérité scientifique?

Il y a aujourd’hui une confusion des rôles entre  science et  politique qui m’interpelle. Et c’est un gros problème, à mon avis.

Les scientifiques ne font pas de politique, ce n’est pas leur rôle. Leur rôle est d’objectiver l’information en ayant recours a des méthodes rigoureuses et validées.

Le politique ne fait pas de la science. La vérité scientfique n’est pas le consensus politique. Ainsi, il est tout à fait acceptable que le politique décide de ne pas tenir compte du changement climatique. De là à le nier, il y a un pas qu’il ne doit pas franchir. Le politique n’a pas l’expertise pour se prononcer sur cette question, ça c’est le rôle des scientifiques.

Le problème est que le politique doit assumer ses choix publiquement . Il a un incitant a dire aux gens ce qu’ils ont envie d’entendre pour maximiser son potentiel électoral.Or, lorsque le fossé entre la science et les citoyens est trop grand, il y a ce que j’appelerais un « fossé de réflexivité » qui est un danger pour la démocratie.

Dans ce cas, qui comble le trou entre le politique et les scientifiques dans l’hypothèse ou les deux discours se contredisent, sans que les décideurs n’assument ce fait publiquement?

Les scientifiques? Je viens de le dire, les scientifiques ne font pas de politique. En pareilles circonstances, ils sont forcés de faire de la politique, au risque de se décridibiliser.

La presse? En principe oui, mais en pratique elle n’a souvent pas l’expertise requise et travaille dans l’urgence.

Intuitivement, on sent que « ça coince » quelque part.

Ma réponse est que le débat publique doit être beaucoup plus vigoureux d’une part, et qu’on doit former les gens à la méthode scientifique, la dialectique et la pensée complexe d’autre part. Notre enseignement formate les esprits davantage qu’il ne donne une méthode pour pouvoir trouver ses repères dans un monde toujours plus complexe.

Ceci est un gros problème, notre système éducatif doit être réformé.

En démocratie on doit pouvoir débattre de tout! …Mais pas n’importe comment.

En démocratie, on doit pouvoir débattre de tout, y compris des questions les plus dérangeantes. Sinon, on est plus en démocratie.

Les théoriciens de la fin de la croissance ne sont pas des uluberlus simplement parce qu’ils présentent une thèse dérangeante, leurs arguments doivent pouvoir être discutés, éprouvés, mis en perspective, dans le cadre du débat public. Or, on constate qu’ils sont systématiquement marginalisés, mis de côté. Si nous pensons que leurs arguments ne sont pas valables, pourquoi ne pas les laisser se ridiculiser en public?

Personne ne peut prétendre à la Vérité sans passer sous les fourches caudines d’un débat contradictoire, nulle Vérité n’est acquise, pas même les Lois de la physique. Mais la mise en cause d’une Vérité qualifiée de « scientifique » doit être disqualifée à l’aide de la méthode scientifique.

Le problème est justement que la « science » économique n’utilise pas la méthode scientifique pour affirmer son corpus théorique de base. C’est pourquoi on est en droit de la remettre en question, en utilisant la méthode scientifique. Sans ça, c’est l’héritage des lumières qui est bafoué, c’est ouvrir la porte à l’obscurantisme et au totalitarisme.

Je n’ai, à ce jour, rien lu qui puisse inffirmer les résultats du modèle du Club de Rome, par exemple. J’attends toujours. Pour rappel, ce modèle a été testé et construit avec des outils à l’épreuve de tout reproche sur le plan scientifique. Ses concepteurs ont largement adressé les critiques qui leur ont été faites.

J’attends toujours de lire un contre-argumentaire valable, c’est à dire qui repose sur des faits, et pas sur des croyances, des dogmes et ce que les anglos-saxons qualifient de wishful thinking.

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