les idées qui font des petits!

Cher lecteur,

Vous avez lu mes derniers billets? Ils vous ont mis un coup au moral? Tant mieux! Et maintenant, on fait quoi? On attend passivement planqué dans ses angoisses, la peur au ventre?

Non. Pas du tout, on agit! Etre citoyen, c’est bien plus que mettre un simple bulletin dans l’urne une fois tous les cinq ans. Il y a énormément de choses à faire. C’est l’addition de l’action de chacun qui va transformer le système, sans qu’on s’en rende compte.

Il faut juste sortir de la passivité, de l’état d’apathie générale, et se sentir vivant. Chacun peut le faire s’il entre dans une démarche réflexive, s’il s’apprête à renaître en pensant la complexité du monde autrement.

Les gens attendent tout du gouvernement, une recette pour la catastrophe. Au contraire, il faut devenir proactif, agir au quotidien, réformer ses schémas de pensée.

La pensée réductioniste et séquentielle qui consiste à diviser un tout dans ses parties pour l’étudier et en comprendre la complexité, le type de pensée que notre modèle éducatif privilégie, est obsolète car elle entrave une compréhension globale et profonde des interactions avec notre milieu qui font notre quotidien.

Un premier exemple:

Ce matin, je vais acheter du pain chez le boulanger. Je paie mon pain et puis…et puis c’est tout? Non. Premièrement, mon argent va servir à faire vivre la boulangère qui pourra continuer son activité qui est vitale pour la communauté. Pour exercer son activité, elle doit passer commande auprès d’un fournisseur de farine, par exemple. D’où vient-il ce fournisseur, que je fais également vivre, indirectement? Ensuite, le pain contient des calories qui vont permettre à mon corps de fonctionner. Le contenu du pain est-il adapté, n’est-il pas trop léger, ce qui peut avoir un impact sur ma santé et ma productivté. Mon docteur est indirectement concerné, mais également le pharmacien et les sociétés pharmaceutiques. Et puis, si ma productivité chute, la qualité de mon travail va peut-être en pâtir, je peux mettre moi et mon patron dans l’embarras. Quid de ses fournisseurs? Et si mon patron me vire, c’est l’Etat qui doit payer mes allocs, et donc la collectivité. Quid si je n’ai plus de quoi payer un pain à mon boulanger? Vous saissisez intuitivement le (micro) effet domino?

Tout est lié et interdépendant, à des degrés divers. Chacun de mes choix a énormément de répercussions dans le monde réel. Devenir citoyen actif et responsable, c’est enclencher des boucles de rétroactions qui vont dans un sens cohérent par rapport à mon moi citoyen, c’est devenir consistant, vivre activement, une des clés du bonheur.

Contrairement à ce qu’on veut nous faire penser, tout est politique dans ce monde. Exercer sa liberté de consommateur est un acte politique pour celui qui en voit les tenants et les aboutissements. Le marché obéi à la Loi de l’offre et de la demande. S’il y a une demande pour du boeuf aux hormones importé des Etats-Unis, le marché va offrir ce produit. Le marché maximise le pouvoir d’achat du consommateur, mais l’exercice de celui-ci n’est pas neutre.

Je précise que ceci n’est pas un cours de morale. J’ai égalemment des vêtements made in China dans ma garde-robe. Mais la pensée systémique m’a appris ceci: je ne dois pas attendre que les politiques mettent des barrières à l’importation pour acheter des produits de mon terroir. Certes, je le concède, ceux-ci sont rares car plus chers. Qu’à cela ne tienne, je peux commencer par faire des arbitrages, je peux commencer à assumer mes choix.

Et si vous n’achètez que du made in China parce que vous n’avez pas l’argent pour consommer local? Et bien j’ai envie de dire que c’est notre problème à tous, car lorsque l’énergie sera chère, vous n’aurez plus le pouvoir d’achat pour vivre correctement. Or, si vous ne pouvez pas vivre décemment, vous allez adopter des comportements qui génèrent des externalités négatives sur la collectivité. La société peut encaisser ce chocs jusqu’à un certain degré mais lorsqu’une part importante de la population sera dans votre situation, le système sera devenu instable, il fera face à un problème systémique. Or, il n’y a pas de solution a un problème systémique, si ce n’est la transformation du système ou l’élimination de l’élément perturbateur.

L’instabilité systémique mène à la violence, tout le monde y perd.

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Commentaires sur: "C’est la pensée systémique qui fera la différence!" (2)

  1. Damien a dit:

    Bonjour Thibault,

    Juste une petite question pour voir comment tu te positionnes : Acheter local bénéficie effectivement au travailleur local. Par contre, sans surprise, cela nuit au travailleur chinois. Dans un monde globalisé, où l’on s’efforce effectivement de « penser en système », privilégier le premier sur le second est-il toujours pertinent ? Le fait qu’il soit situé géographiquement plus près doit-il est un critère relevant ? (Finalement, il s’agit d’une sorte de protecionnisme non-institutionnel non ?). Cela dit, j’adhère évidemment à la démarche (comme le dit Vap Parijs : penser global, agir local)

    • En soi, je n’ai rien contre le libre-échange, soyons clair. La question de son caractère équitable ou pas est importante. Mon raisonnement se place dans le cadre d’une économie post-pétrole, il est pragmatique: pour éviter la catastrophe, il faut reconstruire la résilience locale maintenant. La taille du réseau économique est devenue trop grande, il faut la réduire. On peut prendre ça comme une opportunité et en profiter pour retrouver un peu de la convivialité qui nous fait défaut au passage.

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