les idées qui font des petits!

 Lorsque j’évoque la question du pic pétrolier, dont je suis devenu, par la force des choses, un spécialiste, je me heurte à trois convictions biens ancrées dans l’imaginaire collectif qui tiennent du fantasme. Premièrement, l’idée que le problème est bien compris, « qu’on sait ». Deuxièmement, l’idée « qu’on trouvera bien une solution ». Troisièmement, l’idée que « l’urgence n’est pas là », que « nous avons le temps ». Ces trois croyances sont fausses, et donc dangereuses.

Comprendre l’enjeu du Pic dans toute sa dimension requiert une approche systémique et des connaissances transdisciplinaires, ce qui n’est pas l’apanage de notre système éducatif. Ce papier vise à exposer les trois points suivant : (1) la nature du problème, (2) son caractère insoluble au sens où on l’entend traditionnellement, (3) son caractère urgent.

Une compréhension systémique du problème :

Le raisonnement trouve son point d’ancrage in abstracto dans la théorie des systèmes et de la complexité. Un système est un ensemble constitué d’éléments en interaction. Par exemple, des atomes, des molécules, des organes, des êtres humains, des entreprises, des Etats, etc. Il est appelé complexe lorsque son évolution et son comportement ne peut être prédit à l’avance.

La physique nous apprend qu’un élément en mouvement a besoin d’énergie. Les éléments d’un système nécessitent de l’énergie pour être en interaction. On sait que tout organisme vivant, une plante, un animal, un humain, une économie, est un système qui se maintient en vie en puisant de l’énergie et de la matière dans son environnement, c’est un système thermodynamique ouvert. Sans cet afflux d’énergie, un organisme meurt, il tend vers ce qu’on appelle l’équilibre thermodynamique. L’afflux d’énergie dans le système doit être renouvelé en permanence car l’énergie se dégrade lorsqu’elle est utilisée.

On sait qu’un système peut croître en complexité si l’afflux d’énergie dans le système augmente. La complexité se mesure par trois facteurs : l’interconnectivité des composants du système, la vitesse de leurs interactions et leur interdépendance. Lorsque le système croit en complexité, il s’éloigne de l’équilibre thermodynamique, ce qui nécessite un afflux plus important d’énergie. En d’autres termes, le coût métabolique de maintenance du système augmente.

Enfin, on sait que lorsque le système croît en complexité il se transforme qualitativement. Ceci explique pourquoi, lorsque l’afflux d’énergie dans le système diminue, celui-ci s’effondre, plutôt que de se contracter pour revenir à l’état de complexité inférieur.

A présent, visualisons comment on peut appliquer ces concepts à l’économie. L’économie est un système thermodynamique ouvert. Elle puise de l’énergie et de la matière dans son environnement. Avec cette énergie, elle transforme de la matière pour en faire des biens de consommation et du capital productif. Au plus elle puise de l’énergie dans son environnement, au plus elle peut augmenter le nombre d’interactions entre ses composantes (les entreprises par exemple) ainsi que la diversité et le nombre des biens fabriqués. En d’autre termes, elle croît en complexité. Par exemple, de nouveaux métiers et marchés apparaissent.

Toute civilisation croît en complexité grâce au surplus d’énergie qu’elle puise dans son environnement. Toute civilisation complexe avant la nôtre (l’empire romain par exemple) a pu croître en complexité en extrayant un surplus énergétique à partir de l’exploitation agricole de la terre. Les plantes  produisent ce surplus. Elles captent les rayons solaires, un flux d’énergie, au travers du mécanisme de la photosynthèse. On les appelle les producteurs primaires car sans elles la vie sur Terre serait impossible. En effet, les herbivores se nourrissent des plantes et les carnivores se nourissent d’herbivores. Chacun d’eux est un système thermodynamique ouvert qui se maintien loin de l’équilibre thermodynamique (la mort) en extrayant le surplus énergétique nécessaire à sa survie dans son environnement. Les animaux sont des producteurs dits « secondaires ». 

Les hommes, producteurs secondaires,  ont appris a exploiter au mieux le revenu énergétique tiré de la terre. En domestiquant les plantes et des animaux, ils ont peu à peu réussi à maximiser le surplus alimentaire tiré de l’exploitation des terres. Ce surplus alimentaire a permis à notre espèce de se multiplier et de dégager des ressources pour permettre à une partie de la population de se consacrer à d’autres activités que l’extraction du surplus alimentaire. En accroissant leur degré de spécialisation et leur nombre, les hommes ont réussi à produire plus, l’économie des hommes s’est peu a peu éloignée de l’équilibre thermodynamique, elle a crû en complexité.

A mesure qu’une civilisation croît en complexité, les coûts de maintenance du système augmentent car, comme déjà précisé, la croissance a un coût métabolique. Dit autrement, il faut plus d’énergie pour croître, ce qui signifiait pour les civilisations avant la nôtre qu’il fallait soit augmenter le rendement thermodynamique des terres, avec la technologie ou en travaillant plus, soit mettre de nouvelles terres en jachère.

La civilisation industrielle est beaucoup plus complexe que la plus complexe des civilisations agricole, l’Empire romain. Au regard de la longue histoire humaine, c’est une anomalie. Son degré de complexité, la civilisation industrielle le doit à la découverte d’un subside énergétique et à la découverte de la façon de l’exploiter. Avec le moteur à vapeur et puis plus tard à explosion, les hommes ont trouvé le moyen d’exploiter les réserves d’hydrocarbures stockées dans la lithosphère. Le pétrole, le charbon et le gaz sont des ressources stocks que la nature a mis des milliards d’années à synthétiser. Ce stock est fini et non renouvelable car l’énergie se dégrade une fois qu’elle est utilisée pour produire du travail. Dit autrement, « les ressources fossiles, c’est du one shot ». Leur exploitation à donné aux hommes l’accès à une ère d’abondance sans précédent,l’âge de l’opulence énergétique.

Le surplus énergétique que nous procurent les ressources fossiles nous a permis de nous affranchir, pour la majeure partie d’entre nous, de la « contrainte » de l’exploitation directe de la terre, à laquelle notre survie fut, de tout temps, chevillée. La population humaine a été multipliée par 700 grâce à l’existence de ce surplus énergétique, une mesure de son succès biologique, mais qui est artificielle. L’exploitation des ressources fossiles a ouvert la voie de percées dans tous les domaines des sciences car nous avions les ressources nécessaires pour permettre à des gens d’étudier et puis de penser et d’expérimenter durant de longues années en vue de rendre intelligible le monde qui nous entoure. L’exploitation des ressources fossiles a permis à l’humanité d’effectuer de gigantesques percées technologiques en même temps qu’elle nous a donné cette illusion d’une toute puissance infinie. Le mythe prométhéen du Progrès infini est une affreuse méprise.

La société industrielle a pu croître à un rythme et un degré de complexité effrayant par comparaison aux autres civilisations. Cette croissance est le fait de l’exploitation à un rythme toujours plus accéléré d’un surplus d’énergie stocks. Le changement climatique, l’érosion des terres, la destruction des écosystèmes, sont la traduction de l’impact du pouvoir de transformation sur leur environnement que les hommes ont hérité de l’exploitation du stock d’hydrocarbure. Les hommes sont non seulement en train de dilapider leurs ressources les plus précieuses à un rythme effréné, mais en plus, la taille de l’économie des hommes par rapport à son environnement est devenu trop importante pour que celui-ci puisse se maintenir dans un état stable. C’est un problème car notre survie dépend de la qualité de l’eau que nous buvons, de l’air que nous respirons, des terres que nous exploitons, de la stabilité du climat.

A présent, j’espère que la nature du problème auquel nous faisons face apparaît clairement : à cause du pic pétrolier, l’afflux d’énergie dans le système thermo-industriel va diminuer, la civilisation industrielle va s’effondrer. Un effondrement au sens physique du terme signifie que le système change brutalement d’état qualitatif. Les coûts de maintenance du système étant trop élevés, le système doit se réorganiser pour réduire sa complexité.

Le caractère insoluble du problème

La masse des gens pense qu’une alternative au pétrole existe, c’est faux. D’une part, le pétrole possède des propriétés qualitatives inégalables : il est (était en fait) facilement extractible, liquide et donc facilement transportable, et il contient une énergie très concentrée. D’autre part, il intervient dans la fabrication de presque tous les objets du métabolisme industriel. Enfin, la mondialisation, qui n’est autre qu’une spécialisation des tâches à l’échelle du monde, est possible grâce au pétrole. Aucun substitut au pétrole n’existe. Vous pensez peut-être que cette affirmation est fausse, je vous invite à faire vos recherches. Il est probablement indispensable de préciser que la technologie n’est pas de l’énergie, elle permet éventuellement d’exploiter celle-ci plus efficacement, mais ce n’est pas de l’énergie.

L’histoire nous apprend qu’une transition énergétique prend plusieurs décennies. Nous ne sommes pas passés du bois au charbon et puis du charbon au pétrole en un claquement de doigt. Il faut que l’appareil de production se réorganise qualitativement pour devenir adaptif aux caractéristiques (stock vs flux, continu vs intermittent, rendement thermodynamique, coût, etc..) de la nouvelle source d’énergie utilisée. Le coût d’une transition est très important, et l’échelle (le monde) de cette transition donne le tournis. Mais surtout, pour être parfaitement honnête, parler de transition dans ce contexte est inapproprié puisqu’aucun substitut n’existe. En pareille circonstance, le changement ne peut être qu’adaptif ou maladaptif.

 Le fait qu’une solution traditionnelle au problème n’existe pas s’explique assez logiquement par la nature du problème. En fait, le Pic pétrolier n’est pas un « problème » au sens où il existerait une solution pour le résoudre. Un problème peut être résolu en accroissant le degré de complexité d’un système. La résolution d’un problème à un coût métabolique, cela requiert de l’énergie. Par exemple, les civilisations agricoles avaient des problèmes d’irrigation de leurs terres. Elles ont résolu ces problèmes en développant un système d’irrigation très performant. L’administration de ce système avait un coût métabolique puisqu’il fallait payer des fonctionnaires et des gens pour entretenir les canaux d’irrigation. Ici, c’est justement le contraire qui doit être fait : diminuer le degré de complexité du système de façon adaptive.

 En d’autres termes, le pic pétrolier signifie que l’afflux d’énergie dans le système va diminuer. Celui-ci va être forcé de se déplacer d’un état thermodynamique A vers un état thermodynamique B qualitativement différent. Au plus le système essaie de prolonger le statu quo, au plus la rapidité des changements sera violente et imprévisible. Il se pourrait même que le système s’effondre complètement si le choc PERMANENT (la production va diminuer continuellement) ne s’accompagne pas de changements adaptifs de TOUTES les composantes du système.

Nous avons aujourd’hui un système économique et des institutions, la démocratie représentative, le marché, le système financier, qui sont adaptifs à la croissance. Par exemple, le remboursement de la dette avec intérêts exige de la croissance.Le maintien des acquis sociaux de l’Etat-Providence exige de la croissance. Ces institutions vont essayer de maintenir le statu quo dont dépend leur survie le plus longtemps possible. Ceci est normal mais ne signifie en rien qu’elles ne devront pas pour autant s’adapter à la nouvelle réalité physique du monde ou disparaître. Ainsi, le système financier actuel basé sur la croissance exponentielle de la dette exige que l’activité économique croisse pour que la dette soit remboursée avec intérêts. Si la taille de l’économie se contracte physiquement, ces dettes ne pourront jamais être remboursées. Il faudra soit que le système financier implose (déflation) ou explose (hyperinflation). Le coût métabolique de la démocratie et de son armée de fonctionnaires sera trop grand, il faudra que l’Etat diminue de taille et décentralise ses niveaux de gouvernance ou alors ce sera la dictature. La dictature permet à court terme de réduire les coûts de transactions de la démocratie et donc de regagner une marge adaptive. A plus long terme, un régime dictatorial est très instable puisqu’il nourrit l’instabilité sociale du fait de son manque de légitimité. Les marchés devront être réencastrés dans le contexte social pour recréer de la confiance entre les gens, confiance indispensable au commerce.

Enfin, il est évident qu’une démographie galopante est un facteur aggravant. Un autre facteur aggravant est le fait que les élites essaient à tout prix de prolonger un statu quo intenable. L’analyse suggère qu’à long terme elles mettent leur survie en danger car le système ne peut survivre sans se réorganiser, c’est physiquement impossible. On ne négocie pas avec les Lois de la physique.

Le caractère urgent du problème

La production de pétrole stagne depuis 2004. Nous sommes sur un plateau de production. Ceci est dû à deux facteurs : premièrement, la destruction de la demande dûe à la récession économique qui frappe le monde. Deuxièmement, le fait que la production de pétrole conventionnel, environ 76millions de barils par jour sur un total de 86 millions, est en phase de déplétion à concurrence de 4 millions de barils par an. Il faut donc, chaque année, rien que pour maintenir le niveau de production constant, développer l’équivalent de 4 millions de baril par an de nouvelles capacités. Pour l’instant, la mise en production de pétrole non -conventionnel (sables bitumineux, off-shore, gas to liquid, coal to liquid, etc) parvient à compenser la déplétion des champs traditionnels, mais, sans entrer dans les détails, cette production finira aussi par plafonner. A ce moment là, nous entrerons en phase de déplétion. Il y aura, chaque année, de moins en moins de pétrole à consommer. Comme le monde ne peut importer du pétrole, la question de la répartition de ce surplus reste en suspend. Il faut s’attendre à des guerres de ressources, très probablement, et à un rationnement imposé par les gouvernements. En d’autres termes, une fois qu’on passera le point critique de la phase de déplétion, il est très improbable que le marché continue à allouer l’offre pétrolière via le mécanisme des prix, mais la question reste en suspend.

Il est impossible de faire un pronostic sur l’avenir bien qu’il est certain que nous entrons dans une phase qualifiée de « révolutionnaire », si on regarde les choses d’un point de vue social. Si on regarde les choses d’un point de vue physique, on peut dire que le système entre dans une phase chaotique prélude à sa réorganisation. Il évolue depuis deux siècles dans des bandes de fluctuation relativement stables. Les récessions ou les périodes de surchauffe que l’économie a connue depuis deux siècles n’ont pas entamé irréversiblement la capacité d’absorption des chocs par le système, ce qui l’aurait forcé à transformer qualitativement sa dynamique de fonctionnement. Le pic pétrolier va obliger le système à sortir des bandes de fluctuations dans lesquelles il peut survivre. Demain est un autre monde.

Voici ce que je pense : à court et moyen terme, nous allons assister à la fin de la croissance physique. Je ne parle pas ici de certaines zones du globe mais de l’économie globale. On devrait assister à une montée progressive du chômage due à la pression démographique et à une destruction de la dette (déflation dûe au deleveraging). L’inflation devrait rester relativement basse à court moyen terme, mais les gouvernements vont faire tourner la planche à billets pour refinancer leur dette et contrer la pression déflationniste exercée par la destruction d’activité. A long terme, nous aurons une hyperinflation lorsque l’économie commencera à se contracter physiquement à cause du fait qu’on entre en phase de déplétion. En effet, il y aura chaque année de moins en moins de biens produits par rapport aux liquidités en circulation.

Une fois entré en phase de déplétion, le système va s’effondrer. Ceci signifie que des métiers vont disparaître (déspécialisation), ce qui provoquera des mouvements migratoires. Nous assisterons également à des actes de violence, dont le nombre et la gravité sera fonction des caractéristiques socio-démographiques des populations. Une population ayant érigé la compétition et l’individualisme au rang de ses valeurs cardinales a beaucoup moins de chances de s’en tirer par le haut qu’une population mettant prioritairement l’accent sur le sens de la communauté et de la coopération.

La rapidité et l’ampleur de l’effondrement sont impossibles à évaluer puisque le rythme de déplétion est inconnu. Il est par exemple tout à fait envisageable qu’un pays sécurise militairement son approvisionnement au détriment d’autres pays. Dans ce cas, l’effondrement serait extrêmement brutal dans certaines zones là ou d’autres pays pourraient juste avoir à réorganiser leur appareil de production pour recommencer à produire des biens jadis importés. Ce faisant, ces pays parviendraient à relancer leur l’appareil productif et donc à surmonter les tensions sociales inhérentes à la destruction d’activité. Il est également possible que le monde se mette d’accord pour répartir de façon démocratique le surplus pétrolier. Dans ce cas, le scénario d’avenir serait tout à fait différent.

En maximisant le pourcentage de la population éduqué à la pensée systémique et à la problématique énergétique, on maximise la capacité adaptive d’une société puisque les gens ne peuvent prendre les bonnes décisions de façon décentralisée que s’ils ont les bonnes clés d’interprétation des faits. En l’absence d’une bonne compréhension de la nouvelle réalité économique, les gens préféreront voter pour l’ordre au sacrifice d’une partie de leur liberté. L’enjeu n’est pas trivial.

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Commentaires sur: "Pic pétrolier : traduction en mots d’un sentiment d’urgence." (4)

  1. Terry Franssen a dit:

    I totally freak out reading you whizz-boy!

    • Terry Franssen a dit:

      Que penses-tu/sais-tu de l’énergie hydraulique, des éoliennes? Y a-t-il un potentiel pour les développer et, le cas échéant, serait-il freiné par l’OPEP et le lobby pétrolier? Certes pas pour atteindre la même productivité que les hydrocarbures mais est-ce vraiment un doux rêve que d’y voir une possible alternative?

      • Salut Terry,
        content de t’avoir fait passer ton « oh my god! » point :). Par rapport au renouvelable, il faut distinguer la position scientifique du discours politique. Il « faut » développer le renouvelable, même si ça coûte très cher, ça c’est le discours politique. Maintenant, à savoir si ça « nous sauvera », la réponse est clairement « non ». Le renouvelable c’est peanuts par rapport aux fossiles (80% de notre énergie, 90% de pétrole pour les transports). En plus, le renouvelable est intermittent (le soleil ne brille la nuit), il demande des investissements massifs dans la modernisation du réseau, il coûte cher, sa filière de construction est très dépendante des fossiles. Nous allons devoir vivre avec moins d’énergie, et c’est un gros problème pour notre civilisation. De toute fàçon, si on ne le fait pas, on va exploser le climat et ce qu’il reste des écosystèmes. Less is more.

  2. Terry Franssen a dit:

    Je te suis bien. Encore entendu cette semaine beaucoup de mépris de la part de politiciens de droite par rapport au thème de la décroissance (François Baroin). Je ne sais pas s’ils croient encore sincèrement au potentiel de croissance ou s’ils se foutent tout simplement de l’avenir…

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