les idées qui font des petits!

Mercredi 28 décembre 2011, 11:22. Voici ce qu’on peut lire sur le site du « Soir », le plus grand quotidien belge:

« Un ménage belge moyen a payé 3.919 euros en 2011 pour s’acquitter de ses factures d’électricité, de gaz et d’essence. Cela représente une hausse de 1.000 euros par rapport à 2009. »

Inutile de vous refaire un topo sur les causes de cette hausse, j’ai déjà abordé ce thème dans toutes ses largeurs dans mes articles précédents. A présent, passons aux réponses concrètes: qu’est-ce que chacun peut faire, individuellement, pour maintenir son pouvoir d’achat intact, et donc minimiser la « fuite carbone » en dehors de l’économie qui ne peut que déboucher sur une augmentation du chômage –> hausse des prestations sociales –> plus de dette –> hausse des taux –> faillite?

1. Optimiser les déplacements en voiture. Privilégiez un autre moyen de transport à chaque fois que vous le pouvez. Dans l’ordre, voici le moyen de transport le plus efficient en matière d’énergie dépensée par rapport à la distance couverte:

vélo-train-voiture-avion

2. Privilégiez un régime non carné et consommez local. Il faut beaucoup d’énergie pour élever, nourrir, abattre, transporter, de la viande.

3. Optimisez votre consommation d’électricité. Faites attention aux « charges fantômes », ces appareils qui clignotent lorsqu’ils se mettent en veille (10% de la facture énergétique). Ensuite, remplacez vos vielles ampoules par des ampoules plus éco-efficientes. Débarrassez vous de tous les appareils électroménagers dont vous n’avez pas vraiment besoin (exemple: couteau électrique pour couper la viande, aspirateur de miettes, séchoir, etc.).

4. Isolez un maximum votre maison et mettez des vêtements adaptés à la température extérieure.

QUESTION: j’ai plein de tunes et je m’en fou si ma facture d’énergie double.

REPONSE: dans ce cas, vous ne donnez pas le signal adéquat aux marchés pour anticiper la hausse du prix de l’énergie. Il est clair que si les gens arrêtent progressivement d’acheter des couteaux électriques que les entreprises qui les fabriquent vont faire faillite. Si le processus est progressif, l’appareil de production va se restructurer en douceur dans un lent processus de « destruction créatrice », mais s’il est brutal, beaucoup d’entreprises feront faillite et l’économie entière va plonger (et donc vous y compris. Vous ne serez peut-être pas le dernier domino, mais vous n’êtes…qu’un domino). En matière d’énergie, les producteurs vont anticiper la hausse du coût de l’énergie mais certains produits sont « victimes » d’un phénomène de myopie. Ils sont obsolètes car énergivores mais les gens continuent à les acheter, no matter what happens (exemple: le 4*4 pour circuler en zone urbaine…). Il faut abandonner ces produits qui sont d’un autre âge afin que l’appareil de production puisse se restructurer. L’idée sous-jacente est simple: l’économie est un gros moteur, mais comme tout moteur, il finit par rouiller et par convertir l’énergie qu’il absorbe en travail de moins en moins efficacement. Pour enrailler le développement de ces inefficacités, il faut abandonner progressivement la production des bien non « éco-efficients ». D’un côté, la hausse du coût de l’énergie va forcer l’offre (les producteurs) à réorganiser leur structure de coût pour conserver leur marge. De l’autre côté, les consommateurs peuvent booster de nouveaux marchés en réorientant leur demande vers des biens « éco-efficaces ». La nouvelle demande va créer de nouveaux emplois qui compenseront les pertes d’emplois dans les secteurs devenus inefficients. Si le processus est équilibré, il est même tout à fait probable qu’il aboutisse à une création nette d’emplois. Au final, tout est question de timing. Chacun a un rôle a jouer. De son côté, l’Etat devrait idéalement mettre en place un programme de flexisécurité (comme au Danemark) pour éviter la peur de la précarité et du chômage et fluidifier la reconversion de l’appareil de production en fournissant les formations nécessaires à la reconversion.

Si on ne fait pas çà, on va assister au phénomène de la grenouille plongée dans de l’eau chaude: « la température de l’eau monte, monte, progressivement. La grenouille ne s’inquiète pas, elle s’adapte à la température de l’eau, jusqu’au moment où elle finit ébouillantée.  » La grenouille, c’est l’économie. Vous êtes, chacun, une cellule de cette grenouille, et les secteurs de l’économie en sont les organes.

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Commentaires sur: "Facture énergétique: + 30 % en 3 ans. Concrètement, comment conserver son pouvoir d’achat intact?" (2)

  1. J’aime beaucoup la fable de la grenouille. Elle est d’application dans un nombre impressionnant de cas.

    C’est normal, elle renferme les notions de « changement imperceptible de l’environnement », de « seuil », « d’inertie biologique » et « d’irréversibilité »…

  2. elle est de toi, mais puisque tu ne souhaites pas que je te cites 😉

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