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Archives de décembre, 2011

Transition énergétique: comment communiquer efficacement?

Si vous avez atterri sur ce Blog, ce n’est probablement pas par pur hasard. C’est que vous vous posez des questions, et, apparemment, les bonnes questions. En me lisant, vous pourrez vous apercevoir que je n’y vais pas avec le dos de la cuillère. Mon but ici est moins de convaincre que d’amorcer un questionnement chez mes lecteurs, c’est pourquoi j’ai tendance à chercher la faille, la flèche, qui pourrait déclencher ce questionnement.

Comme la plupart des gens,vous avez un job, peut-être des enfants, et relativement peu de temps à consacrer à des activités politiques ou à l’écriture. Ceci n’est pas un prétexte pour ne rien faire. Car il y a toujours quelque chose à faire, sans y investir son âme.Donc, comment s’y prendre, individuellement, pour sensibiliser les gens à la question énergétique?

L’économie peu se comparer à un gigantesque écosystème avec des espèces possédant chacune des caractéristiques génétiques et sociologiques propres. Pour déclencher le questionnement chez une personne, il faut trouver la bonne clé, ce qui requiert une grande faculté d’empathie. Ceci demande un peu d’exercice, mais l’idée est de se mettre dans la peau de votre interlocuteur et d’ajuster la trajectoire de votre flèche pour le toucher en plein cœur. Croyez-le, nul n’est infaillible. Ceci ne signifie pas pour autant qu’il faille vous mettre tout le monde à dos. En démocratie, 51%, c’est énorme. 25%, c’est un score qui permet de peser sur les événements. Donc, inutile de chercher à susciter le questionnement chez des gens hermétiquement fermés à toute discussion. Vous vous heurterez à un mur de certitudes, de clichés et de préjugés qui risque bien de vous ébranler.

Alors, comment faites vous pour sensibiliser des gens à la question énergétique, à votre niveau? Le moyen le plus efficace, à mon avis, c’est de procéder par ricochet. Identifiez d’abord les individus au fort potentiel de leadership dans votre entourage. Il existe beaucoup de types de leaderships donc je ne vais pas vous en donner une liste ici. Ce type d’individu aime les défis, donc, mettez le au défi, mais en respectant le principe d’empathie (i.e. un défi à sa mesure). Une question plutôt qu’une affirmation me semble plus efficace pour soulever un questionnement. Une fois ces personnes convaincues, elles se chargeront elles-mêmes, dans leur sphère d’influence, de susciter le questionnement auprès de leur entourage.

En définitive, c’est la force de l’exemple qui donne du charisme à une personne.Par exemple, les paons portent une queue qui pèse lourd. D’un point de vue évolutionniste, c’est un handicap (manque de réactivité face à un prédateur). Néanmoins, ce handicap devient un atout pour séduire les femelles  paons qui voient que ces individus arrivent à survivre malgré leur handicap relatif. Un individu résilient possède une force intérieure, une tranquillité et une confiance inspirante en période d’incertitude, vous pouvez devenir cette personne. Attention toutefois, évitez de vous replier sur vous-même. Quelqu’un en dehors du système perd toute influence. Et puis, le but ici n’est pas de devenir un martyr mais bien d’avancer avec force et confiance vers un avenir meilleur. De tout temps, des hommes et des femmes ont ouverts des possibles meilleurs à leur prochain. Lorsque vous serez parvenu à vous affranchir de vos peurs, tout en continuant à expérimenter le doute, vous posséderez une flamme intérieure source de vie et de rayonnement. Avant d’en arriver à ce stade, il vous faudra passer par cinq phases: le déni, la colère, le marchandage, la dépression, et, finalement, l’acceptation.

Au final, chacun n’est qu’un maillon d’une énorme chaîne d’interactions. Donc, on n’est pas grand chose. D’une part, il est illusoire de se dire qu’on peut, seul, influer sur la marche du monde, et, d’autre part, qu’on possède toutes les réponses. On n’est pas grand chose mais pas rien non plus. Tout est question d’équilibre. Rien ne sert de courir plus vite que la réalité, avoir raison trop tôt n’est jamais bon. Et s’il est trop tard, et bien, pourquoi s’en faire? Rien n’est écrit à l’avance, la théorie du chaos nous le confirme.

Enfin, nul n’est infaillible. Vous n’êtes pas Jésus, vous aussi avez vos « pêchés », vos angoisses, vos failles, vos incohérences, c’est humain! La meilleur façon de se protéger contre les agressions que vous devrez encaisser, c’est de vous présenter comme quelqu’un qui pose des questions, sans nécessairement avoir les réponses. Il vous sera alors beaucoup plus facile de ne pas vous attirer les foudres des personnes que vous cherchez à sensibiliser. La co-construction d’un raisonnement dans un dialogue réciproque (« tu me dis ceci, je te réponds cela, … ») abouti presque toujours à des résultats probants et renforce vos liens interpersonnels, ce qui vous apportera beaucoup de bonheur (dialectique).

J’applique tout de suite ce que je dis : si vous avez des remarques à me faire partager, sentez vous libre de les poster sous ce post!

Facture énergétique: + 30 % en 3 ans. Concrètement, comment conserver son pouvoir d’achat intact?

Mercredi 28 décembre 2011, 11:22. Voici ce qu’on peut lire sur le site du « Soir », le plus grand quotidien belge:

« Un ménage belge moyen a payé 3.919 euros en 2011 pour s’acquitter de ses factures d’électricité, de gaz et d’essence. Cela représente une hausse de 1.000 euros par rapport à 2009. »

Inutile de vous refaire un topo sur les causes de cette hausse, j’ai déjà abordé ce thème dans toutes ses largeurs dans mes articles précédents. A présent, passons aux réponses concrètes: qu’est-ce que chacun peut faire, individuellement, pour maintenir son pouvoir d’achat intact, et donc minimiser la « fuite carbone » en dehors de l’économie qui ne peut que déboucher sur une augmentation du chômage –> hausse des prestations sociales –> plus de dette –> hausse des taux –> faillite?

1. Optimiser les déplacements en voiture. Privilégiez un autre moyen de transport à chaque fois que vous le pouvez. Dans l’ordre, voici le moyen de transport le plus efficient en matière d’énergie dépensée par rapport à la distance couverte:

vélo-train-voiture-avion

2. Privilégiez un régime non carné et consommez local. Il faut beaucoup d’énergie pour élever, nourrir, abattre, transporter, de la viande.

3. Optimisez votre consommation d’électricité. Faites attention aux « charges fantômes », ces appareils qui clignotent lorsqu’ils se mettent en veille (10% de la facture énergétique). Ensuite, remplacez vos vielles ampoules par des ampoules plus éco-efficientes. Débarrassez vous de tous les appareils électroménagers dont vous n’avez pas vraiment besoin (exemple: couteau électrique pour couper la viande, aspirateur de miettes, séchoir, etc.).

4. Isolez un maximum votre maison et mettez des vêtements adaptés à la température extérieure.

QUESTION: j’ai plein de tunes et je m’en fou si ma facture d’énergie double.

REPONSE: dans ce cas, vous ne donnez pas le signal adéquat aux marchés pour anticiper la hausse du prix de l’énergie. Il est clair que si les gens arrêtent progressivement d’acheter des couteaux électriques que les entreprises qui les fabriquent vont faire faillite. Si le processus est progressif, l’appareil de production va se restructurer en douceur dans un lent processus de « destruction créatrice », mais s’il est brutal, beaucoup d’entreprises feront faillite et l’économie entière va plonger (et donc vous y compris. Vous ne serez peut-être pas le dernier domino, mais vous n’êtes…qu’un domino). En matière d’énergie, les producteurs vont anticiper la hausse du coût de l’énergie mais certains produits sont « victimes » d’un phénomène de myopie. Ils sont obsolètes car énergivores mais les gens continuent à les acheter, no matter what happens (exemple: le 4*4 pour circuler en zone urbaine…). Il faut abandonner ces produits qui sont d’un autre âge afin que l’appareil de production puisse se restructurer. L’idée sous-jacente est simple: l’économie est un gros moteur, mais comme tout moteur, il finit par rouiller et par convertir l’énergie qu’il absorbe en travail de moins en moins efficacement. Pour enrailler le développement de ces inefficacités, il faut abandonner progressivement la production des bien non « éco-efficients ». D’un côté, la hausse du coût de l’énergie va forcer l’offre (les producteurs) à réorganiser leur structure de coût pour conserver leur marge. De l’autre côté, les consommateurs peuvent booster de nouveaux marchés en réorientant leur demande vers des biens « éco-efficaces ». La nouvelle demande va créer de nouveaux emplois qui compenseront les pertes d’emplois dans les secteurs devenus inefficients. Si le processus est équilibré, il est même tout à fait probable qu’il aboutisse à une création nette d’emplois. Au final, tout est question de timing. Chacun a un rôle a jouer. De son côté, l’Etat devrait idéalement mettre en place un programme de flexisécurité (comme au Danemark) pour éviter la peur de la précarité et du chômage et fluidifier la reconversion de l’appareil de production en fournissant les formations nécessaires à la reconversion.

Si on ne fait pas çà, on va assister au phénomène de la grenouille plongée dans de l’eau chaude: « la température de l’eau monte, monte, progressivement. La grenouille ne s’inquiète pas, elle s’adapte à la température de l’eau, jusqu’au moment où elle finit ébouillantée.  » La grenouille, c’est l’économie. Vous êtes, chacun, une cellule de cette grenouille, et les secteurs de l’économie en sont les organes.

Transition énergétique: les défis qui nous attendent en images

Chers lecteurs,

le Post Carbon Institute, un think tank américain, vient de publier une vidéo sur son site qui résume de façon ludique, objective et concrète, les défis de la transition énergétique:

Surtout, n’hésitez pas à la poster sur votre profile Facebook avec un petit mot pour allécher les badauds. Malheureusement, elle est en anglais, j’espère qu’un internaute la traduira dans le délai le plus bref.

Un Joyeux noël à tous!

Pic pétrolier et transition énergétique : petit manuel optimiste à l’usage du citoyen actif.

Après toutes mes lectures, j’ai eu l’idée de cet article pour exposer, brièvement, les enjeux et les conséquences pratiques du débat sur le Pic pétrolier (Peak Oil)

Avant d’aller plus loin, il me faut préciser trois choses :

  1. je ne suis ni optimiste, ni pessimiste, mais réaliste. Je décris ce que je lis, et pas ce que je souhaiterais lire ;
  2. Ma méthode est le doute méthodique. Ma démarche s’apparente donc à celle du philosophe, celui qui cherche la Vérité en sachant qu’il ne la trouvera jamais. La grandeur d’un homme est fonction du nombre d’incertitudes qu’il est capable de supporter ;
  3. j’utilise la dialectique couplée à la méthode cartésienne (réductionnisme scientifique) et à la théorie de la complexité (transdisciplinarité). Ceci signifie concrètement que je vois les choses au macroscope et au microscope.

Prophètes de la Terreur, optimistes, réalistes : Comment y voir clair ?

Bon, sans aller plus dans les détails, résumons l’enjeu du débat sur le Pic pétrolier. J’ai lu beaucoup sur le sujet. Du côté des certitudes, voici ce que je peux avancer :

  1. On distingue deux camps. D’un côté, les scientifiques, géologues en particulier, plutôt pessimistes. De l’autre, on distingue les économistes, plutôt optimistes.
  2. La thèse des « Peakistes » (ndlr : les théoriciens du Pic) : nous aurions atteint le Pic en 2007. La hausse du baril de 20$ en 2000 jusque 147$ en juin 2008 a déclenché la crise financière de 2007, bien que les mécanismes de celle-ci fussent déjà en place. En gros, la hausse du baril est la goutte qui aurait fait déborder le vase. Le pétrole est une ressource non substituable et la production conventionnelle a atteint son maximum de production. Dans un contexte de forte croissance de la demande d’énergie (pays émergents), l’inertie du système économique est telle que la hausse des prix provoquée par la déplétion du stock de pétrole conventionnel ne pourra être compensée par un gain d’efficacité technologique, une réorganisation complète de l’appareil de production, et le développement de nouvelles sources de pétrole non conventionnel (sables bitumineux, biocarburants, gas to liquid, …). En somme, les peakistes disent que nous avons atteint les limites de la croissance économique et que, vu l’endettement et la complexité de l’économie mondiale, celle-ci va s’effondrer sur elle-même (rapidement ou progressivement, la question est en suspend). Pour eux, le Pic serait donc le point critique qui provoquerait l’effondrement de la civilisation industrielle.
  3. Les autres : ils pensent que nous entrons en effet dans l’ère de l’énergie chère mais que la théorie de l’effondrement est incorrecte. Ils pensent que le marché, seul (quelques uns), ou moyennant le recours à des instruments de politique économique tels la taxe carbone ou le marché des quotas de CO2 (pour la plupart d’entre eux), parviendra à résoudre le problème de la rareté. Premièrement, ils pensent que le marché va développer de nouvelles sources d’énergie (substitution et progrès technologique). Deuxièmement, ils pensent que la demande va s’ajuster pour éviter une trop forte tension sur les prix. Par exemple, les gens vont faire attention à leur dépense d’énergie, isoler leur maison, se déplacer moins, pour compenser la hausse du coût de l’énergie.

Question : entre  Prophètes de la Terreur et les autres, qui a raison ?

Première observation : les premiers tiennent comptent des arguments des autres, ce qui n’est pas nécessairement réciproque. Ma réponse est que le timing est crucial.

Quatre scénarios :

1. Effondrement brutal

Si la hausse du coût du baril est brutale, il est clair que l’économie va plonger. Les Etats-Unis et l’Europe sont surendettés, ils ne pourront encaisser un choc pétrolier. Dans une économie mondialisée, le risque d’un crash systémique est réel. Aux Etats-Unis, le risque d’effondrement est amplifié  pour plusieurs raisons clés :

–         des inégalités qui peuvent vite devenir insoutenable et dégénérer sur des actes de violence

–         une économie très vulnérable à un choc pétrolier : beaucoup de banlieues, grosses cylindrées, régime carnivore, surconsommation d’énergie, transports en commun peu développés, dette colossale, propension à la surconsommation qui s’est développée en addiction

–         un pouvoir oligarchique (lobby pétrolier et Wall Street)

2. Effondrement progressif

Si la hausse du coût de l’énergie est progressive et qu’on ne diminue pas l’intensité énergétique absolue de l’économie (quantité absolue) pour compenser cette hausse, une part toujours plus importante des ressources de l’économie devra être mobilisée pour produire cette énergie. Si le rythme de reconversion et les gains de productivité ne parviennent pas à compenser la hausse du coût de l’énergie, on assistera à une augmentation progressive du chômage qui débouchera sur une augmentation des prestations sociales, un endettement accru de l’Etat et, in fine, une hausse des taux d’intérêts payés sur la dette menant à l’éclatement du système financier global/ d’une zone monétaire/l’expulsion d’un ou plusieurs Etat(s) hors d’une zone monétaire (dévaluation compétitive) enclenchant des effets domino. Ce petit jeu peut durer longtemps avant que le système n’atteigne un point critique et bascule brutalement en zone chaotique.

3. Transition progressive

Le marché et les pouvoirs publics développent des synergies efficaces pour décarboniser progressivement l’économie. La société engage une course contre le temps et déclare la guerre aux gaspillages énergétiques. Elle comprend progressivement que l’économie est un gros moteur qui transforme de la matière et de l’énergie en biens et services mais que ce moteur est en train de se gripper (rendement thermodynamique décroissant). Toutes les forces de la société sont mobilisées pour investir dans les « négawatts ». Ceci signifie qu’on investi massivement dans les gains d’efficacité énergétiques, ce qui permet de libérer des ressources pour enclencher un cercle de reconversion vertueux et rembourser la dette. Le rythme de reconversion provoque des remous sociaux mais la vision et l’objectif triomphe des résistances au changement et de l’inertie générale qui s’est développée au cœur du système.

4. Transition rapide :

En plus des gains d’efficacité, les gens acceptent de remettre leur confort en question et deviennent des citoyens acteurs plutôt que des consommateurs passifs (sobriété énergétique). Ceci donne une base de légitimité au gouvernement pour agir et essayer d’accélérer la transition, en implémentant des politiques de soutien. La diminution de l’empreinte carbone devient un projet de société, les gens agissent et sont prêt à surmonter collectivement et solidairement les coups durs. La cohésion de la société s’en sort renforcée et on en sort tous par le haut : monde meilleur, plus juste, moins égoïste.

Question : Sur base d’une distribution de probabilité subjective, lequel de ces quatre scénarios est le plus plausible ?  

Les 3e et 4e sont, actuellement, fort improbables, car l’opinion publique est relativement peu sensibilisée à la question énergétique. Peu de gens ont une vision globale des choses, même ceux qui disposent d’une formation scientifique. La question énergétique recouvre bien davantage que les simples aspects techniques. Les aspects économiques, politiques, géopolitiques, sociologiques et anthropologiques de la question ne peuvent être éludés. Le dire n’est pas une forme d’arrogance, simplement la réalité.

Le second scénario est, actuellement, le plus probable. In fine, c’est une version édulcorée du premier scénario. Certains dominos tomberont après d’autres, mais on parle d’un jeu à somme négative.

Reste qu’il est impossible d’anticiper l’avenir. Un exemple devrait permettre de comprendre ceci:

Le prix de l’énergie augmente progressivement suite à quoi une part toujours plus importante de la population laisse sa voiture au garage pour se rendre à son boulot. Cette tendance fait chuter drastiquement la production de voitures. L’industrie automobile se trouve en faillite et la mobilité sur le marché de l’emploi est faible. Les tensions sociales sont telles que les pouvoirs publics doivent sauver une industrie condamnée avec de l’argent qu’ils n’ont pas, ce qui accroît encore un peu plus le fardeau de la dette. Le problème à long terme s’est amplifié.

A l’inverse, on pourrait imaginer que l’industrie automobile prend le pari de gagner la course contre le temps et met tout en œuvre pour créer des voitures moins gourmandes en énergie et compétitives (prix). Ceci libère des ressources pouvant être affectées à la production d’autres biens, ce qui enclenche un feedback positif. Le timing et la question des coûts sont cruciaux.

Autre scénario : la demande de voiture diminue mais la reconversion s’opère progressivement dans d’autres domaines tels l’isolation des bâtiments, les infrastructures de transports en commun, etc. Le taux d’emploi reste stable et l’efficacité de l’économie s’améliore, ce qui permet de libérer de nouvelles ressources pour investir dans la transition et rembourser progressivement la dette.

Question : que faire d’un point de vue individuel ?

  1. Sensibiliser les gens à la question. N’essayez pas de convaincre quelqu’un qui ne veut pas vous entendre, vous perdez votre temps. Essayez de toucher en priorité les gens qui ont du leadership pour provoquer un « effet levier » sur l’opinion.
  2. Optimisez votre contrainte financière en fonction de la hausse du coût de l’énergie : si vous changez vos ampoules par exemple, vous stimulez le marché des ampoules d’une part. D’autre part, votre investissement s’auto-remboursera sur le long terme, ce qui libérera des ressources dans votre portefeuille que vous devez réinvestir pour diminuer un peu plus votre empreinte énergétique. Si vous investissez cet argent sans faire attention (biens importés de chines par exemple), vous amplifiez votre consommation d’énergie et augmentez la fuite de ressources vers un pays extérieur (si on importe plus que ce qu’on exporte notre déficit commercial se creuse et par là-même notre dette). Donc, consommez local (UE), n’achetez pas des ampoules made in China, même si c’est moins cher. A long terme, ceci équivaut à nous torpiller collectivement.
  3. Si vous êtes ambitieux, lancez-vous dans la permaculture. Il s’agit d’une technique qui permet de produire beaucoup de nourriture moyennant peu d’efforts et avec une surface réduite (mais une fois qu’on possède l’expérience). La production de cette nourriture va soulager la hausse du coût de l’énergie, voir vous permettre de dégager des ressources financières pour investir, à un niveau individuel, dans les négawatts. Et, inutile de dire que ces techniques peuvent vous sauver la vie si la situation dégénère. Elles ont permis à Cuba de survivre à une chute de 30% de son approvisionnement pétrolier.
  4. Développez votre résilience. Apprenez à penser autrement, à vous voir comme une partie immergé dans un tout dans lequel tout est interconnecté : vivant, non-vivant, humain, non-humain. Vous pouvez faire déjà énormément de choses au niveau individuel.

Vous commencez à douter ? Vous êtes sur le bon chemin !

Sur la transition, quelques auteurs importants :

Pessimistes :

–         Michaël Ruppert : film « Collapse » sur youtube

–         Richard Heinberg : livre « The end of growth. Adapting to our new economic reality » (août 2011)

–   Dmitry Orlov (fr): voir conférence sur Dailymotion : http://www.dailymotion.com/video/xcoiah_1-6-dimitri-orlov-survivre-a-l-effo_news?ralg=meta2-only&fb_source=message#from=embed-playreloff

–         Piero San Giorgio (fr): livre « Survivre à l’effondrement économique: manuel pratique » (octobre 2011). Voir: site « piero.com ».

–         Dennis Meadows: livre « limits to growth. The 30 year update »

–         Jared Diamond (fr): livre « Effondrement. Comment les sociétés décident de leur disparition ou de leur survie »  (2010)

–         Joseph Tainter: livre « the collapse of complex societies » (1988)

–         Eustace Mullins: livre « les secrets de la réserve fédérale » (2010)

–         Jacques Généreux: livre « La Grande Régression » (2011)

Optimistes :

–      Amaury Lovins: livre « reinventing fire. Bold business solutions for the new energy era » (septembre 2011)

–         Leonardo Maugeri: livre « Beyond the age of oil. The Myths, Realities and Future of fossil fuels and their alternatives » (2010)

Réalistes (physiciens et scientifiques):

–         Jean-Marc Jancovici (fr): « Changer le monde. Tout un programme! » (2011)

–         Robert Ayres: « crossing the energy divide. Moving from fossil fuel dependence to a clean energy future » (2010)

–         R. Kümmel: « the second law of economics. Energy, entropy, and the origins of wealth » (2011)

–         Vaclav Smil: « Energy myths and realities. Bringing SCIENCE to the energy policy debate » (2010)

–         Claude Lorius (fr): « voyage dans l’Anthropocène, cette nouvelle ère dont nous sommes le héro. » (2010)

–         Thomas P. Wallace: « Wealth, energy and human values: the dynamics of decaying civilizations from ancient Greece to America » (2009)

Pour apercevoir une vision positive de l’avenir, un but vers lequel tendre collectivement:

–         Michaël Greer: « the ecotechnic future » (2009)

–         Herman Daly: « Beyond growth. The economics of sustainable development » (1997)

–         Tim Jackson (fr): « prospérité sans croissance. La transition vers uen économie durable » (2010)

« Massacre » de Liège, qui est responsable ?

Cette opinion est strictement personnelle, elle n’engage que son auteur.

Liège a connu un traumatisme avec le « massacre » (pour reprendre le terme éloquent du « Soir ») commis Place Saint-Lambert ce mardi 13 décembre par un « tueur » isolé. Pas besoin d’exposer les faits, vous les connaissez si vous me lisez.

Une fois la pression médiatique et émotionnelle retombée, il va falloir entamer un deuil, et se poser les bonnes questions, pour éviter que de telles atrocités ne se reproduisent à l’avenir.

Et ici, difficile d’éviter une question clé : qui est responsable ?

Avant d’aborder cette question, il me semble pertinent de faire deux observations :

Premièrement,  une société produit des interactions d’une nature chaotique. Nous ne vivons pas dans un monde de bisounours, le meilleur et le moins bon se côtoie au quotidien, pour le meilleur ET pour le pire. Le risque zéro n’existe pas, et il est certain que vu la complexité de nos sociétés, certains de ses individus connaîtrons une évolution pathologique de leur personnalité.

Deuxièmement, l’individu autonome est un mythe. Nous savons qu’un être humain naît dans l’hétéronomie la plus complète. Il possède certes un patrimoine génétique qui va lui donner des prédispositions, mais rien n’est écrit à l’avance. L’individu est le produit d’une CO-évolution entre son milieu, le culturel, et son patrimoine génétique. Par conséquent, les pathologies développées par un individu sont toujours, au moins en partie, le fruit de son vécu.

A présent, essayons de répondre à cette question : qui est responsable du massacre de Liège ?

Préalablement à une réponse à cette question, demandons-nous ce qui fondrait une responsabilité. Si le fait est le produit du hasard, on ne peut parler de responsabilité. Peut-on parler ici de hasard, cette question est déterminante.

A mon avis, non. L’acte de tuerie peut sembler irrationnel, en réalité, il ne l’est pas. Le tueur a dû préméditer de longue date ce qui passe pour une préparation fine et méthodique d’un acte de violence extrême. On n’en arrive pas là du jour au lendemain. Il est à prévoir que le tueur a démontré au travers de son comportement une escalade de signes pathologiques.

Ainsi, le politique a qui le peuple a donné délégation d’organiser le monopole du jugement des actes de violence, devra répondre du fait qu’un tel individu ait pu librement se balader en liberté en même temps qu’il acquérait du matériel militaire. La Justice devra démontrer que, sur la base objective des informations qu’elle détenait, qu’elle ne pouvait  raisonnablement préjuger des dégénérescences pathologiques du tueur. Dans le cas contraire, la Justice a commis une faute.

Si cette faute est avérée, et je ne préjuge ici en rien du résultat de l’enquête, il faudra en tirer les conséquences car ce n’est pas la première fois que l’appareil juridique exposerait de (flagrants) dysfonctionnements . L’affaire Dutroux est dans toutes les mémoires.

D’autre part, d’éventuelles  responsabilités peuvent également être invoquées dans le chef de ceux qui avaient connaissance de l’intention du tueur, voire plus, qui ont été directement ou indirectement impliqué, de près ou de loin, dans la perpétration du massacre. Ici aussi, les règles du droit pénal existent. Elles devront être appliquées, et, éventuellement, renforcées ou adaptées.

In fine, c’est une condition nécessaire de la démocratie et du renforcement de sa crédibilité aux yeux des citoyens que, lorsqu’une de ses institutions est prise en défaut, elle amorce une remise en question. Cette réflexion est nécessaire au maintien et à l’approfondissement de la démocratie, notre bien le plus précieux. La réponse est donc plus de démocratie.

Le politique à la main sur l’appareil judiciaire, c’est à lui qu’incombe la responsabilité de remettre de l’ordre dans la maison démocratique. La convocation d’une commission parlementaire serait légitime, à condition que celle-ci possède le pouvoir réel, et non potiche, d’identifier les éventuels disfonctionnements structurels et de proposer des solutions traduites concrètement dans une réorganisation plus effective de l’appareil judiciaire.

Soyons bien conscient que le temps de la démocratie est long, donnons-lui le temps, mais il est sain que les citoyens demandent des comptes aux gouvernants et veillent au grain.

« Vous dites « développement/croissance « durable » »: antimanuel à l’usage du citoyen critique

C’est quoi le « développement » ?

Pourquoi doit-on « se développer »?

Comment se « développe »-t-on ?

Qu’est-ce qu’une société « développée » ou « sous développée » ?

« Croissance » et « développement », kikif-et-bourico ?

Quelles sont les conditions pour qu’un développement soit « durable » ?

Ces conditions sont-elles réalistes ?

Si « non », qu’est-ce qu’on fait ?

Conversation d’un ours polaire avec un scientifique: le changement climatique, c’est grave docteur?

« Le changement climatique, c’est grave docteur ? »

En fait, ce n’est que la partie de émergée de l’Iceberg, les scientifiques pensent que nous sommes entrés dans une nouvelle ère : l’Anthropocène.

« C’est quoi « l’anthropocène » ? »

Eh bien, les stratigraphes découpent le temps en « ères géologiques ». Ils raisonnent sur 400 milliards d’années. Ils pensent que l’être humain est aujourd’hui devenu la première force de transformation de la planète.

« Ah bon, plutôt chouette ça,non ? »

Non, la Terre est un univers fini dans lequel le vivant et le non-vivant sont interconnectés. La toute puissance humaine est une illusion, l’homme n’est pas en dehors de la nature.

« Quelle toute puissance humaine ? »

Le feu thermo-industriel. La puissance que lui procure la découverte de l’énergie fossile, cette formidable réserve d’énergie stockée dans les entrailles de la terre.

« Ça veut dire que l’humanité est foutue ? »

En publique on essaye de paraître optimiste mais beaucoup moins en coulisse…

« Pourquoi ? »

Parce que le catastrophisme n’amène pas les gens à agir.

« Et pourquoi les gens n’agissent t-ils pas ? »

Parce que nous sommes des sauterelles. Comme toute espèce, l’être humain se développe tant que la nature ne lui impose pas des limites. Les humains sont une « espèce K » comme disent les biologistes, va voir la définition au dictionnaire.

« Mais est-ce tout ? »

Non, non, en fait, il existe de nombreux mécanismes génétiques et culturels  qui empêchent le changement. Ces mécanismes sont hérités de l’époque où nous vivions en tribu nomade, dans une situation de rareté. Dans une société d’abondance, ces mécanismes sont devenus « maladaptifs » comme disent les scientifiques.

« Est-ce la fin de l’Histoire ? »

Eh bien, l’espèce humaine possède le potentiel de son autodestruction, c’est clair. Mais la vie en a vu d’autre, toute espèce est mortelle.

« Dès lors, pourquoi s’en faire ? »

Parce que dans un monde fini aux ressources rares, seuls les individus au plus grand potentiel d’adaptation survivront…

« Allons-nous connaître des guerres, des révolutions, le retour des totalitarismes ou la démocratie est-elle capable d’anticiper les problèmes ? »

Plutôt les 3 options négatives.

« Ah mais vous êtes plutôt d’une nature pessimiste vous ! »

Non, juste un scientifique. Je n’en veux à personne, suis en paix avec moi-même, mais je sais que c’est ce qui va se passer.

« Pourquoi continuer à informer les gens alors ? »

Car l’espoir fait vivre, c’est humain.

« Un conseil à donner aux gens ? »

Non, si ce n’est de s’informer sur ce que veut dire le mot « résilience ». De toute façon, je peux vous donner des conseils, il n’y a qu’à se baisser, vous les connaissez, mais vous ne les appliquerez pas. L’être humain n’est pas pleinement autonome, c’est un mythe. Il fait partie d’un corps social et son plus grand désir est celui d’être reconnu. Il est naturel pour lui de jouer les règles du jeu du système. Il faudrait qu’il comprenne les règles du jeu avant d’espérer les changer. Et une fois qu’il les connaît, il faut qu’il se refuse à les exploiter à son propre profit, un fameux dilemme moral. Peu d’esprit on cette capacité de résilience. Les élites ont très bien conscience de la nécessité de bifurquer, mais chacun cherche à assurer son petit confort, à éviter de prendre des risques pour le bien collectif. C’est humain, chacun essaye de survivre.

« Et des solutions existent ? »

Oui, mais il faut que chacun accepte de remettre en question son mode de vie pour le bien collectif.

« Et cette remise en question est-elle profonde ? »

Oui, elle concerne tous les domaines de la vie.

C’est pour cela que le changement ne sera pas endogène mais exogène, il viendra d’un choc externe, le système devra se réorganiser sous peine de s’écrouler. Ceux qui l’on comprit passent pour des demeurés aujourd’hui.

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