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Archives de décembre, 2011

Transition énergétique: comment communiquer efficacement?

Si vous avez atterri sur ce Blog, ce n’est probablement pas par pur hasard. C’est que vous vous posez des questions, et, apparemment, les bonnes questions. En me lisant, vous pourrez vous apercevoir que je n’y vais pas avec le dos de la cuillère. Mon but ici est moins de convaincre que d’amorcer un questionnement chez mes lecteurs, c’est pourquoi j’ai tendance à chercher la faille, la flèche, qui pourrait déclencher ce questionnement.

Comme la plupart des gens,vous avez un job, peut-être des enfants, et relativement peu de temps à consacrer à des activités politiques ou à l’écriture. Ceci n’est pas un prétexte pour ne rien faire. Car il y a toujours quelque chose à faire, sans y investir son âme.Donc, comment s’y prendre, individuellement, pour sensibiliser les gens à la question énergétique?

L’économie peu se comparer à un gigantesque écosystème avec des espèces possédant chacune des caractéristiques génétiques et sociologiques propres. Pour déclencher le questionnement chez une personne, il faut trouver la bonne clé, ce qui requiert une grande faculté d’empathie. Ceci demande un peu d’exercice, mais l’idée est de se mettre dans la peau de votre interlocuteur et d’ajuster la trajectoire de votre flèche pour le toucher en plein cœur. Croyez-le, nul n’est infaillible. Ceci ne signifie pas pour autant qu’il faille vous mettre tout le monde à dos. En démocratie, 51%, c’est énorme. 25%, c’est un score qui permet de peser sur les événements. Donc, inutile de chercher à susciter le questionnement chez des gens hermétiquement fermés à toute discussion. Vous vous heurterez à un mur de certitudes, de clichés et de préjugés qui risque bien de vous ébranler.

Alors, comment faites vous pour sensibiliser des gens à la question énergétique, à votre niveau? Le moyen le plus efficace, à mon avis, c’est de procéder par ricochet. Identifiez d’abord les individus au fort potentiel de leadership dans votre entourage. Il existe beaucoup de types de leaderships donc je ne vais pas vous en donner une liste ici. Ce type d’individu aime les défis, donc, mettez le au défi, mais en respectant le principe d’empathie (i.e. un défi à sa mesure). Une question plutôt qu’une affirmation me semble plus efficace pour soulever un questionnement. Une fois ces personnes convaincues, elles se chargeront elles-mêmes, dans leur sphère d’influence, de susciter le questionnement auprès de leur entourage.

En définitive, c’est la force de l’exemple qui donne du charisme à une personne.Par exemple, les paons portent une queue qui pèse lourd. D’un point de vue évolutionniste, c’est un handicap (manque de réactivité face à un prédateur). Néanmoins, ce handicap devient un atout pour séduire les femelles  paons qui voient que ces individus arrivent à survivre malgré leur handicap relatif. Un individu résilient possède une force intérieure, une tranquillité et une confiance inspirante en période d’incertitude, vous pouvez devenir cette personne. Attention toutefois, évitez de vous replier sur vous-même. Quelqu’un en dehors du système perd toute influence. Et puis, le but ici n’est pas de devenir un martyr mais bien d’avancer avec force et confiance vers un avenir meilleur. De tout temps, des hommes et des femmes ont ouverts des possibles meilleurs à leur prochain. Lorsque vous serez parvenu à vous affranchir de vos peurs, tout en continuant à expérimenter le doute, vous posséderez une flamme intérieure source de vie et de rayonnement. Avant d’en arriver à ce stade, il vous faudra passer par cinq phases: le déni, la colère, le marchandage, la dépression, et, finalement, l’acceptation.

Au final, chacun n’est qu’un maillon d’une énorme chaîne d’interactions. Donc, on n’est pas grand chose. D’une part, il est illusoire de se dire qu’on peut, seul, influer sur la marche du monde, et, d’autre part, qu’on possède toutes les réponses. On n’est pas grand chose mais pas rien non plus. Tout est question d’équilibre. Rien ne sert de courir plus vite que la réalité, avoir raison trop tôt n’est jamais bon. Et s’il est trop tard, et bien, pourquoi s’en faire? Rien n’est écrit à l’avance, la théorie du chaos nous le confirme.

Enfin, nul n’est infaillible. Vous n’êtes pas Jésus, vous aussi avez vos « pêchés », vos angoisses, vos failles, vos incohérences, c’est humain! La meilleur façon de se protéger contre les agressions que vous devrez encaisser, c’est de vous présenter comme quelqu’un qui pose des questions, sans nécessairement avoir les réponses. Il vous sera alors beaucoup plus facile de ne pas vous attirer les foudres des personnes que vous cherchez à sensibiliser. La co-construction d’un raisonnement dans un dialogue réciproque (« tu me dis ceci, je te réponds cela, … ») abouti presque toujours à des résultats probants et renforce vos liens interpersonnels, ce qui vous apportera beaucoup de bonheur (dialectique).

J’applique tout de suite ce que je dis : si vous avez des remarques à me faire partager, sentez vous libre de les poster sous ce post!

Facture énergétique: + 30 % en 3 ans. Concrètement, comment conserver son pouvoir d’achat intact?

Mercredi 28 décembre 2011, 11:22. Voici ce qu’on peut lire sur le site du « Soir », le plus grand quotidien belge:

« Un ménage belge moyen a payé 3.919 euros en 2011 pour s’acquitter de ses factures d’électricité, de gaz et d’essence. Cela représente une hausse de 1.000 euros par rapport à 2009. »

Inutile de vous refaire un topo sur les causes de cette hausse, j’ai déjà abordé ce thème dans toutes ses largeurs dans mes articles précédents. A présent, passons aux réponses concrètes: qu’est-ce que chacun peut faire, individuellement, pour maintenir son pouvoir d’achat intact, et donc minimiser la « fuite carbone » en dehors de l’économie qui ne peut que déboucher sur une augmentation du chômage –> hausse des prestations sociales –> plus de dette –> hausse des taux –> faillite?

1. Optimiser les déplacements en voiture. Privilégiez un autre moyen de transport à chaque fois que vous le pouvez. Dans l’ordre, voici le moyen de transport le plus efficient en matière d’énergie dépensée par rapport à la distance couverte:

vélo-train-voiture-avion

2. Privilégiez un régime non carné et consommez local. Il faut beaucoup d’énergie pour élever, nourrir, abattre, transporter, de la viande.

3. Optimisez votre consommation d’électricité. Faites attention aux « charges fantômes », ces appareils qui clignotent lorsqu’ils se mettent en veille (10% de la facture énergétique). Ensuite, remplacez vos vielles ampoules par des ampoules plus éco-efficientes. Débarrassez vous de tous les appareils électroménagers dont vous n’avez pas vraiment besoin (exemple: couteau électrique pour couper la viande, aspirateur de miettes, séchoir, etc.).

4. Isolez un maximum votre maison et mettez des vêtements adaptés à la température extérieure.

QUESTION: j’ai plein de tunes et je m’en fou si ma facture d’énergie double.

REPONSE: dans ce cas, vous ne donnez pas le signal adéquat aux marchés pour anticiper la hausse du prix de l’énergie. Il est clair que si les gens arrêtent progressivement d’acheter des couteaux électriques que les entreprises qui les fabriquent vont faire faillite. Si le processus est progressif, l’appareil de production va se restructurer en douceur dans un lent processus de « destruction créatrice », mais s’il est brutal, beaucoup d’entreprises feront faillite et l’économie entière va plonger (et donc vous y compris. Vous ne serez peut-être pas le dernier domino, mais vous n’êtes…qu’un domino). En matière d’énergie, les producteurs vont anticiper la hausse du coût de l’énergie mais certains produits sont « victimes » d’un phénomène de myopie. Ils sont obsolètes car énergivores mais les gens continuent à les acheter, no matter what happens (exemple: le 4*4 pour circuler en zone urbaine…). Il faut abandonner ces produits qui sont d’un autre âge afin que l’appareil de production puisse se restructurer. L’idée sous-jacente est simple: l’économie est un gros moteur, mais comme tout moteur, il finit par rouiller et par convertir l’énergie qu’il absorbe en travail de moins en moins efficacement. Pour enrailler le développement de ces inefficacités, il faut abandonner progressivement la production des bien non « éco-efficients ». D’un côté, la hausse du coût de l’énergie va forcer l’offre (les producteurs) à réorganiser leur structure de coût pour conserver leur marge. De l’autre côté, les consommateurs peuvent booster de nouveaux marchés en réorientant leur demande vers des biens « éco-efficaces ». La nouvelle demande va créer de nouveaux emplois qui compenseront les pertes d’emplois dans les secteurs devenus inefficients. Si le processus est équilibré, il est même tout à fait probable qu’il aboutisse à une création nette d’emplois. Au final, tout est question de timing. Chacun a un rôle a jouer. De son côté, l’Etat devrait idéalement mettre en place un programme de flexisécurité (comme au Danemark) pour éviter la peur de la précarité et du chômage et fluidifier la reconversion de l’appareil de production en fournissant les formations nécessaires à la reconversion.

Si on ne fait pas çà, on va assister au phénomène de la grenouille plongée dans de l’eau chaude: « la température de l’eau monte, monte, progressivement. La grenouille ne s’inquiète pas, elle s’adapte à la température de l’eau, jusqu’au moment où elle finit ébouillantée.  » La grenouille, c’est l’économie. Vous êtes, chacun, une cellule de cette grenouille, et les secteurs de l’économie en sont les organes.

Transition énergétique: les défis qui nous attendent en images

Chers lecteurs,

le Post Carbon Institute, un think tank américain, vient de publier une vidéo sur son site qui résume de façon ludique, objective et concrète, les défis de la transition énergétique:

Surtout, n’hésitez pas à la poster sur votre profile Facebook avec un petit mot pour allécher les badauds. Malheureusement, elle est en anglais, j’espère qu’un internaute la traduira dans le délai le plus bref.

Un Joyeux noël à tous!

Pic pétrolier et transition énergétique : petit manuel optimiste à l’usage du citoyen actif.

Après toutes mes lectures, j’ai eu l’idée de cet article pour exposer, brièvement, les enjeux et les conséquences pratiques du débat sur le Pic pétrolier (Peak Oil)

Avant d’aller plus loin, il me faut préciser trois choses :

  1. je ne suis ni optimiste, ni pessimiste, mais réaliste. Je décris ce que je lis, et pas ce que je souhaiterais lire ;
  2. Ma méthode est le doute méthodique. Ma démarche s’apparente donc à celle du philosophe, celui qui cherche la Vérité en sachant qu’il ne la trouvera jamais. La grandeur d’un homme est fonction du nombre d’incertitudes qu’il est capable de supporter ;
  3. j’utilise la dialectique couplée à la méthode cartésienne (réductionnisme scientifique) et à la théorie de la complexité (transdisciplinarité). Ceci signifie concrètement que je vois les choses au macroscope et au microscope.

Prophètes de la Terreur, optimistes, réalistes : Comment y voir clair ?

Bon, sans aller plus dans les détails, résumons l’enjeu du débat sur le Pic pétrolier. J’ai lu beaucoup sur le sujet. Du côté des certitudes, voici ce que je peux avancer :

  1. On distingue deux camps. D’un côté, les scientifiques, géologues en particulier, plutôt pessimistes. De l’autre, on distingue les économistes, plutôt optimistes.
  2. La thèse des « Peakistes » (ndlr : les théoriciens du Pic) : nous aurions atteint le Pic en 2007. La hausse du baril de 20$ en 2000 jusque 147$ en juin 2008 a déclenché la crise financière de 2007, bien que les mécanismes de celle-ci fussent déjà en place. En gros, la hausse du baril est la goutte qui aurait fait déborder le vase. Le pétrole est une ressource non substituable et la production conventionnelle a atteint son maximum de production. Dans un contexte de forte croissance de la demande d’énergie (pays émergents), l’inertie du système économique est telle que la hausse des prix provoquée par la déplétion du stock de pétrole conventionnel ne pourra être compensée par un gain d’efficacité technologique, une réorganisation complète de l’appareil de production, et le développement de nouvelles sources de pétrole non conventionnel (sables bitumineux, biocarburants, gas to liquid, …). En somme, les peakistes disent que nous avons atteint les limites de la croissance économique et que, vu l’endettement et la complexité de l’économie mondiale, celle-ci va s’effondrer sur elle-même (rapidement ou progressivement, la question est en suspend). Pour eux, le Pic serait donc le point critique qui provoquerait l’effondrement de la civilisation industrielle.
  3. Les autres : ils pensent que nous entrons en effet dans l’ère de l’énergie chère mais que la théorie de l’effondrement est incorrecte. Ils pensent que le marché, seul (quelques uns), ou moyennant le recours à des instruments de politique économique tels la taxe carbone ou le marché des quotas de CO2 (pour la plupart d’entre eux), parviendra à résoudre le problème de la rareté. Premièrement, ils pensent que le marché va développer de nouvelles sources d’énergie (substitution et progrès technologique). Deuxièmement, ils pensent que la demande va s’ajuster pour éviter une trop forte tension sur les prix. Par exemple, les gens vont faire attention à leur dépense d’énergie, isoler leur maison, se déplacer moins, pour compenser la hausse du coût de l’énergie.

Question : entre  Prophètes de la Terreur et les autres, qui a raison ?

Première observation : les premiers tiennent comptent des arguments des autres, ce qui n’est pas nécessairement réciproque. Ma réponse est que le timing est crucial.

Quatre scénarios :

1. Effondrement brutal

Si la hausse du coût du baril est brutale, il est clair que l’économie va plonger. Les Etats-Unis et l’Europe sont surendettés, ils ne pourront encaisser un choc pétrolier. Dans une économie mondialisée, le risque d’un crash systémique est réel. Aux Etats-Unis, le risque d’effondrement est amplifié  pour plusieurs raisons clés :

–         des inégalités qui peuvent vite devenir insoutenable et dégénérer sur des actes de violence

–         une économie très vulnérable à un choc pétrolier : beaucoup de banlieues, grosses cylindrées, régime carnivore, surconsommation d’énergie, transports en commun peu développés, dette colossale, propension à la surconsommation qui s’est développée en addiction

–         un pouvoir oligarchique (lobby pétrolier et Wall Street)

2. Effondrement progressif

Si la hausse du coût de l’énergie est progressive et qu’on ne diminue pas l’intensité énergétique absolue de l’économie (quantité absolue) pour compenser cette hausse, une part toujours plus importante des ressources de l’économie devra être mobilisée pour produire cette énergie. Si le rythme de reconversion et les gains de productivité ne parviennent pas à compenser la hausse du coût de l’énergie, on assistera à une augmentation progressive du chômage qui débouchera sur une augmentation des prestations sociales, un endettement accru de l’Etat et, in fine, une hausse des taux d’intérêts payés sur la dette menant à l’éclatement du système financier global/ d’une zone monétaire/l’expulsion d’un ou plusieurs Etat(s) hors d’une zone monétaire (dévaluation compétitive) enclenchant des effets domino. Ce petit jeu peut durer longtemps avant que le système n’atteigne un point critique et bascule brutalement en zone chaotique.

3. Transition progressive

Le marché et les pouvoirs publics développent des synergies efficaces pour décarboniser progressivement l’économie. La société engage une course contre le temps et déclare la guerre aux gaspillages énergétiques. Elle comprend progressivement que l’économie est un gros moteur qui transforme de la matière et de l’énergie en biens et services mais que ce moteur est en train de se gripper (rendement thermodynamique décroissant). Toutes les forces de la société sont mobilisées pour investir dans les « négawatts ». Ceci signifie qu’on investi massivement dans les gains d’efficacité énergétiques, ce qui permet de libérer des ressources pour enclencher un cercle de reconversion vertueux et rembourser la dette. Le rythme de reconversion provoque des remous sociaux mais la vision et l’objectif triomphe des résistances au changement et de l’inertie générale qui s’est développée au cœur du système.

4. Transition rapide :

En plus des gains d’efficacité, les gens acceptent de remettre leur confort en question et deviennent des citoyens acteurs plutôt que des consommateurs passifs (sobriété énergétique). Ceci donne une base de légitimité au gouvernement pour agir et essayer d’accélérer la transition, en implémentant des politiques de soutien. La diminution de l’empreinte carbone devient un projet de société, les gens agissent et sont prêt à surmonter collectivement et solidairement les coups durs. La cohésion de la société s’en sort renforcée et on en sort tous par le haut : monde meilleur, plus juste, moins égoïste.

Question : Sur base d’une distribution de probabilité subjective, lequel de ces quatre scénarios est le plus plausible ?  

Les 3e et 4e sont, actuellement, fort improbables, car l’opinion publique est relativement peu sensibilisée à la question énergétique. Peu de gens ont une vision globale des choses, même ceux qui disposent d’une formation scientifique. La question énergétique recouvre bien davantage que les simples aspects techniques. Les aspects économiques, politiques, géopolitiques, sociologiques et anthropologiques de la question ne peuvent être éludés. Le dire n’est pas une forme d’arrogance, simplement la réalité.

Le second scénario est, actuellement, le plus probable. In fine, c’est une version édulcorée du premier scénario. Certains dominos tomberont après d’autres, mais on parle d’un jeu à somme négative.

Reste qu’il est impossible d’anticiper l’avenir. Un exemple devrait permettre de comprendre ceci:

Le prix de l’énergie augmente progressivement suite à quoi une part toujours plus importante de la population laisse sa voiture au garage pour se rendre à son boulot. Cette tendance fait chuter drastiquement la production de voitures. L’industrie automobile se trouve en faillite et la mobilité sur le marché de l’emploi est faible. Les tensions sociales sont telles que les pouvoirs publics doivent sauver une industrie condamnée avec de l’argent qu’ils n’ont pas, ce qui accroît encore un peu plus le fardeau de la dette. Le problème à long terme s’est amplifié.

A l’inverse, on pourrait imaginer que l’industrie automobile prend le pari de gagner la course contre le temps et met tout en œuvre pour créer des voitures moins gourmandes en énergie et compétitives (prix). Ceci libère des ressources pouvant être affectées à la production d’autres biens, ce qui enclenche un feedback positif. Le timing et la question des coûts sont cruciaux.

Autre scénario : la demande de voiture diminue mais la reconversion s’opère progressivement dans d’autres domaines tels l’isolation des bâtiments, les infrastructures de transports en commun, etc. Le taux d’emploi reste stable et l’efficacité de l’économie s’améliore, ce qui permet de libérer de nouvelles ressources pour investir dans la transition et rembourser progressivement la dette.

Question : que faire d’un point de vue individuel ?

  1. Sensibiliser les gens à la question. N’essayez pas de convaincre quelqu’un qui ne veut pas vous entendre, vous perdez votre temps. Essayez de toucher en priorité les gens qui ont du leadership pour provoquer un « effet levier » sur l’opinion.
  2. Optimisez votre contrainte financière en fonction de la hausse du coût de l’énergie : si vous changez vos ampoules par exemple, vous stimulez le marché des ampoules d’une part. D’autre part, votre investissement s’auto-remboursera sur le long terme, ce qui libérera des ressources dans votre portefeuille que vous devez réinvestir pour diminuer un peu plus votre empreinte énergétique. Si vous investissez cet argent sans faire attention (biens importés de chines par exemple), vous amplifiez votre consommation d’énergie et augmentez la fuite de ressources vers un pays extérieur (si on importe plus que ce qu’on exporte notre déficit commercial se creuse et par là-même notre dette). Donc, consommez local (UE), n’achetez pas des ampoules made in China, même si c’est moins cher. A long terme, ceci équivaut à nous torpiller collectivement.
  3. Si vous êtes ambitieux, lancez-vous dans la permaculture. Il s’agit d’une technique qui permet de produire beaucoup de nourriture moyennant peu d’efforts et avec une surface réduite (mais une fois qu’on possède l’expérience). La production de cette nourriture va soulager la hausse du coût de l’énergie, voir vous permettre de dégager des ressources financières pour investir, à un niveau individuel, dans les négawatts. Et, inutile de dire que ces techniques peuvent vous sauver la vie si la situation dégénère. Elles ont permis à Cuba de survivre à une chute de 30% de son approvisionnement pétrolier.
  4. Développez votre résilience. Apprenez à penser autrement, à vous voir comme une partie immergé dans un tout dans lequel tout est interconnecté : vivant, non-vivant, humain, non-humain. Vous pouvez faire déjà énormément de choses au niveau individuel.

Vous commencez à douter ? Vous êtes sur le bon chemin !

Sur la transition, quelques auteurs importants :

Pessimistes :

–         Michaël Ruppert : film « Collapse » sur youtube

–         Richard Heinberg : livre « The end of growth. Adapting to our new economic reality » (août 2011)

–   Dmitry Orlov (fr): voir conférence sur Dailymotion : http://www.dailymotion.com/video/xcoiah_1-6-dimitri-orlov-survivre-a-l-effo_news?ralg=meta2-only&fb_source=message#from=embed-playreloff

–         Piero San Giorgio (fr): livre « Survivre à l’effondrement économique: manuel pratique » (octobre 2011). Voir: site « piero.com ».

–         Dennis Meadows: livre « limits to growth. The 30 year update »

–         Jared Diamond (fr): livre « Effondrement. Comment les sociétés décident de leur disparition ou de leur survie »  (2010)

–         Joseph Tainter: livre « the collapse of complex societies » (1988)

–         Eustace Mullins: livre « les secrets de la réserve fédérale » (2010)

–         Jacques Généreux: livre « La Grande Régression » (2011)

Optimistes :

–      Amaury Lovins: livre « reinventing fire. Bold business solutions for the new energy era » (septembre 2011)

–         Leonardo Maugeri: livre « Beyond the age of oil. The Myths, Realities and Future of fossil fuels and their alternatives » (2010)

Réalistes (physiciens et scientifiques):

–         Jean-Marc Jancovici (fr): « Changer le monde. Tout un programme! » (2011)

–         Robert Ayres: « crossing the energy divide. Moving from fossil fuel dependence to a clean energy future » (2010)

–         R. Kümmel: « the second law of economics. Energy, entropy, and the origins of wealth » (2011)

–         Vaclav Smil: « Energy myths and realities. Bringing SCIENCE to the energy policy debate » (2010)

–         Claude Lorius (fr): « voyage dans l’Anthropocène, cette nouvelle ère dont nous sommes le héro. » (2010)

–         Thomas P. Wallace: « Wealth, energy and human values: the dynamics of decaying civilizations from ancient Greece to America » (2009)

Pour apercevoir une vision positive de l’avenir, un but vers lequel tendre collectivement:

–         Michaël Greer: « the ecotechnic future » (2009)

–         Herman Daly: « Beyond growth. The economics of sustainable development » (1997)

–         Tim Jackson (fr): « prospérité sans croissance. La transition vers uen économie durable » (2010)

« Massacre » de Liège, qui est responsable ?

Cette opinion est strictement personnelle, elle n’engage que son auteur.

Liège a connu un traumatisme avec le « massacre » (pour reprendre le terme éloquent du « Soir ») commis Place Saint-Lambert ce mardi 13 décembre par un « tueur » isolé. Pas besoin d’exposer les faits, vous les connaissez si vous me lisez.

Une fois la pression médiatique et émotionnelle retombée, il va falloir entamer un deuil, et se poser les bonnes questions, pour éviter que de telles atrocités ne se reproduisent à l’avenir.

Et ici, difficile d’éviter une question clé : qui est responsable ?

Avant d’aborder cette question, il me semble pertinent de faire deux observations :

Premièrement,  une société produit des interactions d’une nature chaotique. Nous ne vivons pas dans un monde de bisounours, le meilleur et le moins bon se côtoie au quotidien, pour le meilleur ET pour le pire. Le risque zéro n’existe pas, et il est certain que vu la complexité de nos sociétés, certains de ses individus connaîtrons une évolution pathologique de leur personnalité.

Deuxièmement, l’individu autonome est un mythe. Nous savons qu’un être humain naît dans l’hétéronomie la plus complète. Il possède certes un patrimoine génétique qui va lui donner des prédispositions, mais rien n’est écrit à l’avance. L’individu est le produit d’une CO-évolution entre son milieu, le culturel, et son patrimoine génétique. Par conséquent, les pathologies développées par un individu sont toujours, au moins en partie, le fruit de son vécu.

A présent, essayons de répondre à cette question : qui est responsable du massacre de Liège ?

Préalablement à une réponse à cette question, demandons-nous ce qui fondrait une responsabilité. Si le fait est le produit du hasard, on ne peut parler de responsabilité. Peut-on parler ici de hasard, cette question est déterminante.

A mon avis, non. L’acte de tuerie peut sembler irrationnel, en réalité, il ne l’est pas. Le tueur a dû préméditer de longue date ce qui passe pour une préparation fine et méthodique d’un acte de violence extrême. On n’en arrive pas là du jour au lendemain. Il est à prévoir que le tueur a démontré au travers de son comportement une escalade de signes pathologiques.

Ainsi, le politique a qui le peuple a donné délégation d’organiser le monopole du jugement des actes de violence, devra répondre du fait qu’un tel individu ait pu librement se balader en liberté en même temps qu’il acquérait du matériel militaire. La Justice devra démontrer que, sur la base objective des informations qu’elle détenait, qu’elle ne pouvait  raisonnablement préjuger des dégénérescences pathologiques du tueur. Dans le cas contraire, la Justice a commis une faute.

Si cette faute est avérée, et je ne préjuge ici en rien du résultat de l’enquête, il faudra en tirer les conséquences car ce n’est pas la première fois que l’appareil juridique exposerait de (flagrants) dysfonctionnements . L’affaire Dutroux est dans toutes les mémoires.

D’autre part, d’éventuelles  responsabilités peuvent également être invoquées dans le chef de ceux qui avaient connaissance de l’intention du tueur, voire plus, qui ont été directement ou indirectement impliqué, de près ou de loin, dans la perpétration du massacre. Ici aussi, les règles du droit pénal existent. Elles devront être appliquées, et, éventuellement, renforcées ou adaptées.

In fine, c’est une condition nécessaire de la démocratie et du renforcement de sa crédibilité aux yeux des citoyens que, lorsqu’une de ses institutions est prise en défaut, elle amorce une remise en question. Cette réflexion est nécessaire au maintien et à l’approfondissement de la démocratie, notre bien le plus précieux. La réponse est donc plus de démocratie.

Le politique à la main sur l’appareil judiciaire, c’est à lui qu’incombe la responsabilité de remettre de l’ordre dans la maison démocratique. La convocation d’une commission parlementaire serait légitime, à condition que celle-ci possède le pouvoir réel, et non potiche, d’identifier les éventuels disfonctionnements structurels et de proposer des solutions traduites concrètement dans une réorganisation plus effective de l’appareil judiciaire.

Soyons bien conscient que le temps de la démocratie est long, donnons-lui le temps, mais il est sain que les citoyens demandent des comptes aux gouvernants et veillent au grain.

« Vous dites « développement/croissance « durable » »: antimanuel à l’usage du citoyen critique

C’est quoi le « développement » ?

Pourquoi doit-on « se développer »?

Comment se « développe »-t-on ?

Qu’est-ce qu’une société « développée » ou « sous développée » ?

« Croissance » et « développement », kikif-et-bourico ?

Quelles sont les conditions pour qu’un développement soit « durable » ?

Ces conditions sont-elles réalistes ?

Si « non », qu’est-ce qu’on fait ?

Conversation d’un ours polaire avec un scientifique: le changement climatique, c’est grave docteur?

« Le changement climatique, c’est grave docteur ? »

En fait, ce n’est que la partie de émergée de l’Iceberg, les scientifiques pensent que nous sommes entrés dans une nouvelle ère : l’Anthropocène.

« C’est quoi « l’anthropocène » ? »

Eh bien, les stratigraphes découpent le temps en « ères géologiques ». Ils raisonnent sur 400 milliards d’années. Ils pensent que l’être humain est aujourd’hui devenu la première force de transformation de la planète.

« Ah bon, plutôt chouette ça,non ? »

Non, la Terre est un univers fini dans lequel le vivant et le non-vivant sont interconnectés. La toute puissance humaine est une illusion, l’homme n’est pas en dehors de la nature.

« Quelle toute puissance humaine ? »

Le feu thermo-industriel. La puissance que lui procure la découverte de l’énergie fossile, cette formidable réserve d’énergie stockée dans les entrailles de la terre.

« Ça veut dire que l’humanité est foutue ? »

En publique on essaye de paraître optimiste mais beaucoup moins en coulisse…

« Pourquoi ? »

Parce que le catastrophisme n’amène pas les gens à agir.

« Et pourquoi les gens n’agissent t-ils pas ? »

Parce que nous sommes des sauterelles. Comme toute espèce, l’être humain se développe tant que la nature ne lui impose pas des limites. Les humains sont une « espèce K » comme disent les biologistes, va voir la définition au dictionnaire.

« Mais est-ce tout ? »

Non, non, en fait, il existe de nombreux mécanismes génétiques et culturels  qui empêchent le changement. Ces mécanismes sont hérités de l’époque où nous vivions en tribu nomade, dans une situation de rareté. Dans une société d’abondance, ces mécanismes sont devenus « maladaptifs » comme disent les scientifiques.

« Est-ce la fin de l’Histoire ? »

Eh bien, l’espèce humaine possède le potentiel de son autodestruction, c’est clair. Mais la vie en a vu d’autre, toute espèce est mortelle.

« Dès lors, pourquoi s’en faire ? »

Parce que dans un monde fini aux ressources rares, seuls les individus au plus grand potentiel d’adaptation survivront…

« Allons-nous connaître des guerres, des révolutions, le retour des totalitarismes ou la démocratie est-elle capable d’anticiper les problèmes ? »

Plutôt les 3 options négatives.

« Ah mais vous êtes plutôt d’une nature pessimiste vous ! »

Non, juste un scientifique. Je n’en veux à personne, suis en paix avec moi-même, mais je sais que c’est ce qui va se passer.

« Pourquoi continuer à informer les gens alors ? »

Car l’espoir fait vivre, c’est humain.

« Un conseil à donner aux gens ? »

Non, si ce n’est de s’informer sur ce que veut dire le mot « résilience ». De toute façon, je peux vous donner des conseils, il n’y a qu’à se baisser, vous les connaissez, mais vous ne les appliquerez pas. L’être humain n’est pas pleinement autonome, c’est un mythe. Il fait partie d’un corps social et son plus grand désir est celui d’être reconnu. Il est naturel pour lui de jouer les règles du jeu du système. Il faudrait qu’il comprenne les règles du jeu avant d’espérer les changer. Et une fois qu’il les connaît, il faut qu’il se refuse à les exploiter à son propre profit, un fameux dilemme moral. Peu d’esprit on cette capacité de résilience. Les élites ont très bien conscience de la nécessité de bifurquer, mais chacun cherche à assurer son petit confort, à éviter de prendre des risques pour le bien collectif. C’est humain, chacun essaye de survivre.

« Et des solutions existent ? »

Oui, mais il faut que chacun accepte de remettre en question son mode de vie pour le bien collectif.

« Et cette remise en question est-elle profonde ? »

Oui, elle concerne tous les domaines de la vie.

C’est pour cela que le changement ne sera pas endogène mais exogène, il viendra d’un choc externe, le système devra se réorganiser sous peine de s’écrouler. Ceux qui l’on comprit passent pour des demeurés aujourd’hui.

Pourquoi notre société évolue t-elle vers des valeurs matérialistes et individualistes?

Bon allez, je vous l’avoue, j’ai trouvé un filon en or 😉

On peut, une fois de plus, interpréter cette évolution sociologique dans une perspective évolutionniste. Il existe un lien entre la croissance de l’utilisation d’énergie par une société et son évolution  vers des valeurs matérialistes et individualistes (valeurs Yang dans la philosophie taôiste) plutôt qu’altruistes (valeurs Yin dans la philosophie taôiste).

Les sociétés humaines dites « primitives », ne connaissaient pas les motifs d’accumulation, de profit et de propriété privée. Dans ces sociétés, la terre et la nourriture qu’elle permet de produire était un bien commun. Ce n’est qu’avec le mouvement dit des « enclosures » et le développement du commerce que le moteur du capitalisme, le profit, et son corollaire, l’exploitation privée des moyens de production, prit son essor.

Comme le précise Wikipedia :

« Le mouvement des enclosures fait référence aux changements qui, dès le XIIe siècle mais surtout à partir de la fin du XVIe et au XVIIe siècle ont transformé, dans certaines régions de l’Angleterre, une agriculture traditionnelle dans le cadre d’un système de coopération et de communauté d’administration des terres (généralement champs de superficie importante, sans limitation physique) en système de propriété privée des terres (chaque champ étant séparé du champ voisin par une barrière, voire bocage). Les enclosures marquent la fin des droits d’usage, en particulier des communaux, dont bon nombre de paysans dépendaient. »

Comme le précise Thomas P. Wallace dans son ouvrage « Wealth, Energy and Human values » (2009), dans les sociétés primitives, la propriété des terres est communes car ses individus partagent une peur commune de la faim, de Dieu ou d’une mort violente. Quelque part, les individus sont soudés dans la précarité matérielle. La solidarité entre les individus est une assurance individuelle contre la précarité matérielle. Chaque individu possède un incitant rationnel, pour maximiser ses chances de survie, à partager la nourriture avec les autres. Dans ces sociétés, la coopération et l’altruisme sont ce que les économistes de la théorie des jeux appellent une « stratégie dominante ».

Pour croître, il faut qu’une société produise un surplus alimentaire, ce qui lui permet de libérer des forces de production qu’elle peut progressivement affecter à d’autres activités. A mesure que la société parvient à dégager un surplus de nourriture permettant de nourrir davantage d’individus et de les affecter à la production d’autres tâches, le degré de fragmentation de la production en tâches plus spécialisées augmente, ce qui a un effet levier sur la productivité et enclenche un cycle d’expansion vertueux de l’économie.

On sait que la construction de la personnalité est fonction d’une relation dialectique entre société et individu. L’individu approfondi son Moi au contact de l’altérité (voir mon article : « émergence d’une conscience biosphérique et dilemme moral »). Dans les sociétés primitives, le Moi des individus est peu développé. La conscience qu’on les individus de leur unicité est limitée car tout simplement les personnalités des individus composant la communauté sont peu développées. Ceci s’explique par le fait que la diversité des tâches effectuées dans la communauté est relativement limitée. La chasse, la pêche, et la cueillette occupent la majeure partie du temps des individus. Leur personnalité  ne diverge qu’en fonction de la plus grande diversité des situations qu’ils ont respectivement affronté en effectuant ces tâches.

La spécialisation progressive de la production produit une expérience de vie toujours plus variée. Au travers du processus de spécialisation, l’expérience de vie de chaque individu devient peu à peu unique. Vu que l’interaction d’un individu avec l’altérité renforce son Moi, le caractère unique de sa personnalité, on assiste à une montée progressive de l’individualisme à mesure que la société gagne en spécialisation.

Le revers de la médaille de ce processus et qu’à mesure que la prospérité matérielle augmente, les individus se sentent en sécurité, indépendamment des autres. Le système de valeur de la société  bascule peu à peu vers l’égoïsme, l’hédonisme et la pulsion d’accumulation en même temps que la société perd en cohésion. Mais surtout, la dépendance d’une société au flux entropique qui lui permet de croître s’accroît ainsi que l’entropie qui se caractérise par une augmentation de la complexité de cette société (voir article précédent). Cette augmentation du flux entropique est synonyme d’une accumulation de déchets et de pollutions dans l’environnement. Progressivement, cette pollution détruit la base qui permet à une civilisation de prospérer (acidification des océans, pluies acides, réchauffement climatique, érosion des sols, …). Au travers de ce processus, vu que l’économie et l’environnement sont deux systèmes interdépendants, une civilisation crée progressivement les conditions de son effondrement.

La conclusion est quadruple :

–          une baisse du flux entropique diminue le potentiel de spécialisation des tâches ce qui ramène la société vers des valeurs moins individualistes et matérialistes, et inversement ;

–          dans une société caractérisée par une croissance de son flux entropique, un individu maximise ses chances de survie  individuelle en se spécialisant un maximum, et inversement;

–          une civilisation en situation d’ « overshooting » est condamnée à s’effondrer sur elle-même ;

–          nos sociétés modernes appuient leur développement sur des ressources stock non renouvelables, il y a des conséquences à en tirer…

Prophétie Maya, fin du monde et effondrement de la civilisation: la réalité face aux Mythes

Assistons nous à la fin du Monde? Chacun se souvient de la funeste prévision du calendrier Maya qui prévoit un effondrement en 2012. L’idée d’un fin du Monde est aussi vieille…que le monde. Et pourtant, l’Histoire montre que les civilisations naissent, grandissent, stagnent et meurent. Jared Diamond  dans son livre « Collapse » (effondrement en français) et Joseph Tainter dans son livre « The Collapse of complex societies » s’intéressent à ces phénomènes historiques. Ils ont revisité l’histoire pour identifier des facteurs à l’origine du déclin des civilisations. Aujourd’hui, en ces temps incertains, ces deux auteurs bénéficient d’une assise importante.

Pour ma part, voici un moment que je cible mes lectures sur les rapports entre énergie-entropie-dette-croissance et monnaie. J’ai été amené a m’intéresser à des auteurs tels le britannique Frederick Soddy (1877-1956), prix Nobel de chimie en 1921, l’économiste autrichien Joseph Schumpeter (1883-1950),  l’économiste-mathématicien roumain Nicholas Georgescu-Roegen (1904-1996) et l’économiste américain Herman Daly (1938- ). Il existe une filiation évidente entre ces quatre auteurs. Aujourd’hui, le physicien Reiner Kümmel et le physicien-économiste Robert Ayres peuvent être considéré comme les deux grands héritiers de l’héritage intellectuel de ces quatre auteurs.

En substance, que nous disent-ils?

Premièrement, on peut affirmer que leur pensée à posé les jalons d’un nouveau paradigme en sciences économique: la bioéconomie ou l’économie écologique. Le consensus de ces auteurs est que la sciences économique, la science des choix en situation de rareté, doit être fondée sur la théorie scientifique. Historiquement, les sciences exactes ont connu trois Révolution: Newton, Darwin et Carnot. Newton introduit la mécanique classique. Sans aller dans les détails, cette branche de la physique permet de calculer et de prédire à tout instant « t » la position dans l’espace d’un objet, son accélération, et le temps requis pour qu’il touche le sol. Darwin introduit l’évolutionnisme et la notion de spéciation. Enfin, Carnot introduit la thermodynamique et ses phénomènes irréversibles. La thermodynamique est la science de la transformation des flux d’énergie et des stocks de matière.

La science économique, dans sa tentative de devenir une science prédictive, fut fondée sur le paradigme de la physique mécanique, elle n’a jamais connu de « révolution paradigmique » depuis. Or, tous les phénomènes économiques s’apparentent bien d’avantage à des phénomènes thermodynamiques que mécaniques. L’objectif du processus économique est de transformer un stock de matières premières pour le rendre valorisable au yeux des consommateurs ( valeur évaluée subjectivement par celui-ci). Tous les êtres vivants obéissent aux lois de la thermodynamique. Ils « avalent » de l’énergie (sous forme de nourriture) pour fonctionner  et rejettent des déchets (des excréments) en fin de processus. De même,  l’économie s’apparente à un être vivant, un métabolisme qui transforme de la matière et rejette des déchets dans l’environnement en fin de processus.

Quelles sont les implications révolutionnaires de cette nouvelle conception de l’économie, et en quoi peut-elle nous apporter un éclairage scientifique par rapport au phénomène d’effondrement des sociétés au terme d’un long processus de maturation?

La thermodynamique est une science complexe, mais chacun à déjà entendu l’expression des ses deux lois. La première loi, appelée loi de conservation, indique que « rien ne se crée, rien ne se perd ». En d’autres termes, le stock d’énergie-matière contenu dans l’univers est constant. La seconde loi, née du mémoire du polytechnicien français Sadi Carnot en 1824, nous apprend que « tout se transforme ». Donc, si on combine les deux lois, « rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme ».

La première loi ne remet pas en cause les principes de la mécanique, mais la seconde loi les complètent. La seconde loi introduit la notion d’entropie, toujours mal comprise et controversée.

Lorsque de l’énergie est convertie en travail mécanique pour faire fonctionner une machine, une partie de cette énergie est dissipée en chaleur. Ce processus est irréversible. La loi de l’entropie est une mesure du désordre physique. Elle nous apprend qu’à chaque transformation physique, le désordre dans le système augmente. Tous les organismes vivants luttent contre le désordre en absorbant de la matière-énergie de basse entropie. Ceci leur permet de lutter contre le désordre mais se fait au prix de l’augmentation du désordre dans le système dans lequel ils évoluent, c’est-à-dire l’univers. Le rendement marginal de cette lutte contre le désordre est décroissant puisqu’un jour chaque être vivant meure. Un homme naît, grandi, vieilli et meure.

La Terre est un système thermodynamique fermé, ce qui signifie qu’elle échange de l’énergie (la lumière solaire) avec l’univers. L’économie peut-être modélisée comme un sous-système du « Système Terre ». En clair, l’économie se développe physiquement dans l’environnent de la Terre, elle est prisonnière du ‘Vaisseau Terre ». Elle est ce qu’on appelle un système thermodynamique ouvert. Il s’agit d’un système qui échange de l’énergie et de la matière avec l’environnent. En clair, les hommes puisent de la matière-énergie dans leur environnement pour la transformer au cœur du processus économique. Une fois le bien usagé, il est rejeté dans l’environnement. Il existe donc bien des échanges de matière-énergie entre l’économie et l’environnement.

A mesure qu’une civilisation croît, elle devient dépendante d’un flux d’énergie de plus en plus important. Une augmentation du flux entropique qui la traverse signifie que davantage de molécules sont en mouvement au cœur du système. Dès lors, comme pour un organisme vivant, sa longévité dépend de l’efficacité avec laquelle elle lutte contre l’augmentation de cette  complexité, contre l’entropie.

La société est obligée d’innover dans tous les domaines pour gérer cette complexité sans quoi elle finit par s’écrouler progressivement sur elle même. Elle a recours à l’innovation technique (technologies), sociales (structures socio-institutionnelles), juridique (nouvelles normes). Si son taux d’innovation est décroissant elle doit consacrer une part toujours plus importante de ces ressources pour gérer sa complexité, et donc elle finit par stagner puis par s’effondrer. Des études sérieuses du physiciens Ayres montrent que le progrès technologique possède un rendement marginal décroissant. Par exemple, nous pensions il y a 20 ans qu’au début du siècle les voitures voleraient, on en est loin.

C’est là un premier élément de réponse à la question posée. Voici un second élément: à mesure qu’une société augmente sa complexité, et donc croît, se développe, elle augmente sa dépendance au flux énergétique qui permet de la « maintenir en vie ». Aujourd’hui, 85% de l’énergie primaire (i.e. découverte à l’état naturel dans la nature, sans transformation de l’homme) qui alimente notre économie, est issue de l’exploitation des fossiles (gaz, charbon, pétrole). Cette énergie est non-renouvelable et rejette massivement du CO2 dans l’atmosphère, ce qui est doublement problématique à long terme.  A court terme, l’économie est confrontée au problème des rendements marginaux décroissants des sources d’énergie exploitée d’une part, et de la technologie dont elle dépend pour assurer l’accès à sa nourriture vitale d’autre part. La prospective énergétique s’apparente au principe de la cueillette des fruits d’un arbre fruitier. On commence par récolter les fruits facilement accessible et puis on doit progressivement utiliser une échelle et faire des acrobatie toujours plus périlleuses pour accéder à l’énergie vitale contenue dans les pommes.

La recherche de pétrole suit les même principe. Depuis 1970, nous découvrons chaque année moins d’énergie que nous en consommons (3 barils consommés pour 1 découvert) alors que la demande agrégée d’énergie de toutes les économies du monde ne cesse de croître. Historiquement, nous sommes passés du bois, au charbon, au pétrole, au gaz et enfin, au nucléaire. Certaines de ses énergies sont plus compétitives que d’autres, ce qui explique pourquoi elles ont pris le devant de la scène. Reste que le pétrole possède toutes caractéristiques d’une énergie « parfaite »: il présente le triple avantage d’être liquide, facilement extractible, et de posséder un rendement thermodynamique intéressant.

Aujourd’hui, le retour net sur l’énergie investie, c’est-à-dire la quantité d’énergie investie pour extraire une quantité standard d’énergie (un baril de pétrole par exemple), ne cesse de diminuer. Ceci signifie que dans le contexte de hausse de la demande induite par l’industrialisation des pays « émergeants » (Chine, Inde, Brésil), le « système monde » doit consacrer une part toujours plus importante de ses ressources pour maintenir le flux entropique qui le traverse.

Si l’offre énergétique plafonne et que la part de richesse consacrée à la découverte, l’extraction, et l’acheminement de cette énergie est supérieure à la progression du taux d’efficacité avec laquelle la matière-énergie est utilisée pour produire des biens et services, l’économie est condamnée à se contracter progressivement.

Cette contraction produit du chômage, chômage qui se traduit par une hausse des prestations sociales et in fine , par un accroissement de l’endettement public. Le problème est qu’une dette est l’anticipation d’un droit sur une production physique future. Un individu s’endette, une société s’endette, un Etat s’endette, car il pense que ses revenus futurs lui permettront de rembourser le capital emprunté avec intérêt. Ceci suppose donc, dans le monde matériel, une croissance de la production physique des biens et services. Si la dette augmente plus vite que la croissance réelle de la production matérielle, elle constitue une véritable pyramide de Ponzi, condamnée a s’écrouler le jour où la production se contracte. Concrètement, ceci doit se traduire par une explosion du système financier (hyperinflation) ou par son implosion (déflation).

Des auteurs jouent les Cassandre, disant que l’économie mondiale a atteint ce point critique de non retour. Leur argument est que nous aurions  atteint le Pic pétrolier (« Peak oil » en anglais) en juin 2008, lorsque le prix du baril a culminé à 147$ le baril. Je ne développerai pas cette théorie dans le cadre de cette contribution mais ce qui est certain c’est que si l’offre d’énergie venait à plafonner, l’économie ne peut que se contracter à moins que le degré d’efficacité avec lequel nous transformons de l’énergie en bien et services (« Progrès thermodynamique » ou intensité énergétique) augmente plus vite que la hausse du prix de l’énergie. De telle sorte, les ressources supplémentaires devant être consacrées à l’extraction de l’énergie sont compensées par une faculté à produire autant (auquel cas l’économie stagne) ou PLUS (auquel cas l’économie peut continuer à croître avec les ressources non consacrées à cette extraction. Dans le cas contraire, je le répète, l’économie ne peut que se contracter progressivement. On peut alors commencer à parler d’effondrement.

Tout porte à croire que nous sommes entré avec la crise de 2007 dans l’ère de l’énergie chère. Il est IMPERATIF que nos sociétés réévaluent leur rapport à l’énergie et amorcent une descente énergétique. Dans cette optique, la relocalisation de la production, la promotion des transports en commun, l’isolation des bâtiments sont des priorités. La taxe carbone est le meilleur moyen de réorienter l’économie et les choix des consommateurs vers la « sobriété énergétique ».

A long terme, Pic pétrolier ou pas, le risque d’effondrement est bien réel car la contrainte climatique s’imposera à nous. L’Agence Internationale de l’Energie nous donne 5 ans pour agir afin de rester dans la zone d’une augmentation maximale de 2°C, considérée comme sûre par les scientifiques (en réalité, ce débat est très compliqué tant l’incertitude est patente). Donc, si nous souhaitons surfer entre les contraintes du Pic pétrolier, d’un effondrement du système financier et du changement climatique (qui n’est, soi dit en passant, que la partie émergée de l’Iceberg), il faut agir MAINTENANT.

Bienvenue dans le meilleur des mondes!

Emergence d’une conscience biosphérique et dilemme moral

après lecture, il apparaîtra peut être au lecteur que ce texte doit s’insérer dans une contribution plus large…;)

Le Bonheur est-il la vertu des simples et des ignorants ou au contraire une condition intérieure à soi? En d’autres termes, le Bonheur dépend-il de facteurs internes ou externes?

Il s’agit là d’une fausse opposition. L’être ne peut être en osmose avec lui-même indépendamment du monde, de l’Autre. Et inversement, le Moi ne peu s’épanouir pleinement dans la fusion avec l’Autre. D’un côté c’est le repli, de l’autre, l’étouffement.

Etre heureux c’est donc s’épanouir dans la relation dialectique entre être avec soi et être avec les autres. Les deux ne sont pas antinomiques mais complémentaires. L’individu pleinement autonome, tel un atome  dissocié est un mythe. L’être humain se construit par et dans la relation avec autrui, ce qui suppose une nécessaire interdépendance, un va-va-et-vient permanent.

Par exemple, les découvertes les plus récentes en sciences humaines nous enseignent que l’individu nait dans l’hétéronomie la plus complète. Il possède certes un patrimoine génétique propre qui potentiellement le prédispose à certaines choses, mais rien n’est écrit à l’avance. C’est au travers de l’interaction entre le biologique et le culturel, entre le patrimoine génétique de l’individu et la société, que l’individu va se construire. Plus précisément, c’est au contact de l’altérité, de la diversité, d’autrui, qu’il va pouvoir construire et approfondir son moi.

Ceci signifie que les individualités les plus marquées résultent d’une confrontation relativement plus importante avec la diversité. En d’autres termes, un individu aura une personnalité d’autant plus marquée, un moi d’autant plus approfondi, qu’il côtoie dans sa vie des cercles sociaux différents. Dans chacun de ces cercles, il sera différent, et ne pourra être confondu dans un tout inclusif.

L’hypersociété et la Dissociété, comme l’écrit Jacques Généreux, sont les deux formes extrêmes de conceptions de la société proprement inhumaines. L’hypersociété caractérise la structure sociale qui tend à confondre les individus dans un Tout globalisant. L’expérience nazie est le meilleur exemple des ravages de ce modèle inhumain, qui cherche à confondre chaque Moi dans un Tout étouffant. La Dissociété reflète quand à elle le fantasme d’individus déliés entre eux, des atomes parfaitement autonomes et indépendants. Ce mythe de l’individu pleinement indépendant est hérité d’une conception des Lumières qui visait à promouvoir l’émancipation des individus par rapport aux normes traditionnelles aliénantes et à l’obscurantisme religieux.

A l’époque, la fin, c’est-à-dire, l’émancipation des individus, justifiait les moyens. D’autre part, les connaissances anthropologiques de la nature humaine héritées des progrès de la Science étaient loin d’être aussi développé qu’aujourd’hui. Aristote disait que l’homme est un individu profondément social. Freud soutiendra, bien plus tard, le contraire en disant que l’être humain, profondément égoïste, cherche à dominer son environnement afin d’étancher sa soif de plaisir (pulsion libidinale).

En vérité, ces deux conceptions opposées sur « la nature de la nature humaine » se trompent de débat. L’être humain n’est ni bon, ni mauvais, ni social, ni égoïste. En réalité, il est tout à la fois puisque l’individu se construit à travers une relation dialectique : être avec soi et être avec les autres.

La théorie économique, profondément libérale, sur laquelle repose l’idéologie d’une superstructure sociale d’un « marché » pur et parfait repose sur un postulat anthropologiquement faux d’un individu autonome, pleinement dissocié de ses semblables ; la fiction d’une société « marchéiste » repose sur le postulat anthropologique faux selon lequel les individus sont autonomes et agissent dans leur intérêt égoïste.

Or, les institutions façonnent les individus. Ce postulat se révélant à l’épreuve scientifique rigoureusement faux, un tel modèle de société s’avère être une véritable machine à dissocier les individus et est inhumain.

Si on s’intéresse à la tendance, au mouvement, dans lequel les sociétés occidentales, à des degrés divers, sont aspirées, il est clair que l’idéologie qui la domine est le fantasme d’une société de marché pur, dans laquelle toutes les relations entre des individus, pleinement autonomes et indépendant, dissociés, seraient déterminées par des relations de marché. Un telle société en période de crise est condamnée a exacerber les rivalités et les inégalités. Une perspective qui ravirait Spencer et Darwin, quoique le second fût parfois mal interprété.

A mesure que cette société s’enfonce dans la crise, elle déconstruit sa cohésion sociale, ce qui constitue le ferment propice d’une Révolution, phénomène sociologique qu’on peut comparer à l’effet dit « de seuil » pour les écosystèmes. Lorsque ceux-ci sont soumis à un choc externe trop intense, ils s’écroulent brusquement lorsqu’un point critique est franchi. De même, une société constituant une véritable machine à dissocier les individus, ne peut qu’exacerber les inégalités en période de crise, jusqu’au point où celles-ci deviennent insoutenable. On assiste alors, de fait, à « l’atomisation » de la société, phénomène par lequel une tendance poussée à l’extrême fini par s’autodétruire, éventuellement dans un renversement dialectique (ainsi, le néolibéralisme a historiquement débouché sur la crise de 29 qui a débouchée sur la Grande guerre et le totalitarisme ; la Dissociété a basculé dans l’Hypersociété dans un temps très court).

La faculté d’empathie ultime, ce que certains auteurs appellent la « conscience biosphérique » (Jérémy Rifkin par exemple), place l’individu conscient devant un dilemme moral. La conscience biosphérique est la forme spatio-temporelle la plus étendue de la relation à l’Autre qu’un être humain n’ait jamais pu développer. Jamais dans l’Histoire humaine les hommes n’ont pu se penser aussi intensément comme une infime partie d’un tout dans lequel chaque élément est en interconnexion. Par exemple, les citoyens des pays riches ont pu « vivre » les catastrophes du 11 septembre, l’explosion de Fukushima, le Tsunami, Haïti. Ceux parmi eux qui refusent de se protéger en organisant un repli dans de fausses certitudes bétonnées, ont la conscience d’un monde dans lequel 20% des humains accaparent 85% des ressources naturelles. Aujourd’hui, l’Autre est l’humanité toute entière.

Internet et la mondialisation sont les principaux responsables de cette révolution des consciences. Le prix à payer pour cette extension des facultés empathique est une société surconsommatrice d’une énergie dont la face cachée est un potentiel de transformation de la Terre, de cet Autre, qui le menace de destruction, et donc nous menace puisque nous avons une relation de réciprocité avec lui.

De ce raisonnement découle que, paradoxalement, notre salut, un mieux pour tous, ne peut-être que collectif. La lutte contre le réchauffement climatique, pour n’évoquer que la partie de l’iceberg émergée dans l’opinion publique, implique une responsabilité morale des riches, de tous les riches, y compris des pays « émergeant », envers les plus pauvres. Car le problème climatique est global. Les actes de consommation de chacun ont un impact sur tous. Aucun outil économique (je ne discuterai pas cette affirmation dans le cadre de cette contribution) ne peut résoudre le problème climatique, il place les individus pleinement conscients face à un dilemme moral.

Lorsqu’on prend conscience de cela et qu’on est pleinement conscient des risques qui menacent la civilisation, on est en droit d’être sceptique par rapport à nos chances de trouver une solution collective aux problèmes environnementaux. Dès lors, on comprend le potentiel révolutionnaire que comporte le dilemme environnemental (pour en être convaincu voir article : « Le dilemme de la croissance »). Car un individu pleinement conscient, isolé face à ses choix, sera bien tenté de ne pas jouer la carte de la coopération qui profiterait ultimement au plus grand nombre, mais celle de la compétition. Il préfèrera sauver les meubles avant que le bateau ne coule, en tirant profit de l’avantage compétitif que lui donne son savoir. De par ce choix, il fera définitivement couler le bateau.

Par conséquent, il est pertinent de se demander si nous n’assistons pas aujourd’hui à la faillite morale collective des élites (au sens large, cette définition doit s’entendre comme tout individu ayant développé une conscience biosphérique). A moins qu’une infime partie de la riche humanité ne soit consciente des dangers qui nous guettent, chose dont je doute vu que cela fait bientôt 40 ans que tous les scientifiques nous mettent en garde…

Les plus faibles subiront la crise, ils seront de plus en plus nombreux. Dans un monde fini, assistons-nous aux prémisses d’une guerre planétaire des riches contre les pauvres qui ne peut que s’exacerber avec le temps ?

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