les idées qui font des petits!

C’est l’histoire d’une banque centrale qui décide de maintenir son taux directeur très bas afin de stimuler l’économie via le canal du crédit. Les banques commerciales sont aux anges, elles peuvent se refinancer à moindre coût auprès de leur banquier. Dès lors, elles dépensent sans compter, et prêtent à l’avenant, sans trop contrôler les risques. Les gens s’endettent massivement, jusqu’à un niveau insoutenable. Et c’est ainsi que le pire arrive. Des emprunteurs commencent à faire défaut sur leur dette, les banques accusent des pertes, la faillite menace. Elles cessent de se prêter entre elles ainsi qu’aux entreprises et aux particuliers. La machine du crédit, le moteur d’une économie capitaliste, se grippe. L’économie s’asphyxie. A moins de vivre une bonne récession afin d’assainir la « mauvaise dette » ou de laisser l’économie s’effondrer en laissant les banques faire faillite, il faut agir. L’Etat est appelé à la rescousse. Il s’endette massivement pour « sauver » les banques.

C’est cette situation que nous sommes en train de vivre. Là où ça coince, c’est que les Etats ont sauvé les banques avec de l’argent qu’ils ne possédaient pas. Dès lors, c’est le public qui aujourd’hui se trouve redevable, via l’impôt, des énormes pertes des banques. Il y a de quoi descendre dans la rue et foutre le bordel, n’est-ce pas ? Je ne parle pas ici des situations grecques et portugaises. Là, on a affaire à un schéma différent : l’incurie de leurs gouvernements.

Reste qu’il nous faut aujourd’hui sortir du cercle vicieux de la dette. Et là, il n’y a pas mille solutions. Soit on fait une saignée dans les dépenses publiques mais ceci peu amplifier sérieusement les risques d’une récession sévère qui entamerait un peu plus les recettes fiscales. Soit les Etats font défaut sur la dette, ce qui signifie in fine qu’on en revient à la situation de départ car les banques devront acter de lourdes pertes, effet boomerang. Soit on augmente la pression fiscale. Soit on s’assied sur le rebord du monde en espérant que la croissance revienne par magie, et ce, afin de financer la dette (…). Vaine illusion. Enfin, l’hypothèse de la planche à billet est à écarter. En Europe, la BCE a pour mission de stabiliser les prix.

On l’aura compris, c’est l’austérité qui est à la clé. Du moins, on va essayer, pour voir. Le risque de casse sociale est si important que ça pourrait rapidement déraper…le système est en train de se bouffer la queue. Tant qu’une majorité de citoyens ne sera pas précarisée, touchée directement, personnellement, profondément, dans son quotidien, on essayera de faire une omelette –restaurer la compétitivité de notre économie – en cassant des œufs.

La question qui vaut la peine d’être posée : assistons-nous a un événement majeur de l’Histoire ?

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Commentaires sur: "Comment sortir de la crise financière ?" (4)

  1. La stratégie actuelle à base de « quantitative easings » aurait peut-être été efficace dans l’ancien monde, celui où nos prélèvements de ressources naturelles étaient négligeables. Car c’est bien là le principal obstacle à la reprise de la croissance et de l’emploi, notamment aux Etats-Unis : dès que les perspectives macroéconomiques s’améliorent, le prix des matières premières proches ou au-delà de leur pic de production explosent (même si les cours ont aussi des causes spéculatives et monétaires).

    Ainsi, j’ai l’impression que l’économie mondiale approche peu à peu de son plafond naturel. Mais les modèles économiques n’intègrent pas cette hypothèse, ce qui rend le niveau d’endettement actuel insoutenable (les investissements sont basés sur des prévisions de croissance qui risquent de ne jamais se réaliser).
    Dans ce contexte, les solutions keynésiennes sont effectivement inopérantes. Les politiques monétaires laxistes ne font qu’alimenter la prochaine bulle (pour tomber d’un peu plus haut la prochaine fois). Mais je ne pense pas qu’il s’agisse d’une « simple » trappe de liquidités, nous sommes dans la configuration inédite d’un monde fini. Nous assistons à un événement majeur de l’histoire.

  2. D’accord avec toi, même pire: ce n’est pas que garder les taux bas, mais aussi imprimer de l’argent. Malgré mes connaissances fort limitées en macro-économie, je crois avoir compris que l’instabilité de tout le système est en premier lieu fondé sur l’instabilité de son élément de base, l’argent. Ce que j’en comprends: Les banques centrales – particulièrement la FED – ont la possibilité d’imprimer autant d’argent qu’ils le souhaitent (qu’ils appellent ça ‘quantitative easing’ ou tout autre nom plus ou moins sexy, c’est imprimer de l’argent). En somme, imprimer de l’argent, revient à voler un peu de valeur à tous ceux qui détiennent de l’argent, afin de redistribuer cette valeur à qui la FED le veut. Tant que les gouvernements ont un pouvoir sur les banques centrales, la confiance en l’argent restera fragile, menacant tout le système économique basée sur l’argent.

    Alors questions alternatives, il semble que retourner à l’or etc n’est pas envisageable. Par contre, j’ai découvert une idée intriguante qui s’appelle Bitcoin. Bon ca reste très marginal pour l’instant et ca va pas faire le bonheur des gouvernements, mais je me demande à quoi cela va aboutir. En gros c’est une monnaie électronique dont le montant en circulation est limité à x milliard de ‘bitcoins’ et cela ne peut pas être manipulé. Tout cela est sécurisé par de solides systèmes cryptographiques et les transactions se font par un système entièrement décentralisé. En tant qu’argent, je me demande s’il n’est pas souhaitable d’évoluer vers un tel système à grande échelle, où le stock de monnaie n’est pas limité par de l’or, mais par une limite technique. Cela permettrait de stabiliser le bloc de construction de base de l’économie qu’est l’argent. Ca existe donc déjà, même si en tant que juriste je ne préfère pas me prononcer sur la légalité de l’histoire (vu l’enthousiasme que ça suscite chez le gouvernement américain par exemple). Qu’en pensent les économistes? 😉

  3. Je ne suis pas économiste mais, a priori, la masse monétaire doit croître au moins aussi vite que ne croît l’économie, sinon les prix (et les salaires) diminueraient. Ce n’est pas souhaitable, ne serait-ce que pour des raisons psychologiques.

  4. Pour moi il y a pas mal d’autres solutions alternatives de l’austérité quand même, bon, on me reconnaitra là dedans, mais bon…

    Audit de la dette publique, et on supprime la part des dettes illégitimes, comme le financement des banques d’ailleurs (concept développé par exemple sur le site du CADTM) ou en général, les pays n’ont pas à écouter les banques, et peuvent si elles le veulent étaler leurs dettes et/ou supprimer les taux d’intérêts exagérés.

    Marre d’être dépendant de l’avis des agences de notations et de Wall street pour chaque action publique.

    Sinon l’austérité ca peut aussi être d’augmenter les recettes plutôt que de baisser les charges. C’est bateau, mais on en a tellement besoin. Regarde l’étude du RJF (même si j’attends encore les chiffres exacts) l’impôt qui, sur le papier est progressif, que ca soit en IPP ou en ISOC et en fait dégressif. Plus on est riche, plus on accumule et moins on est taxé! Désolé, mais pour moi il y a un reel problème quand la moyenne des PME payent 28% d’impôt et les 500 plus grosses payent moins de 3%! Et idem pour les foyers (de 43 à 12% d’imposition pour la moyenne globale comparée aux 10% les plus riches)

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