les idées qui font des petits!

Gdm écrit ceci en réaction à mon post précédent :

« (…)  Gagner de l’argent signifie qu’on a rendu service à autrui. Et en échange autrui pourra nous rendre service grâce à cet argent ainsi gagné. L’argent est le meilleur vecteur de la collaboration sociale, de l’aide mutuelle, de l’altruisme. »

Ma vision est quelque peu différente de celle de Gdm. Pour moi, l’argent est avant tout un facteur d’exclusion. Sans argent, vous n’existez pas. Dans notre société, on existe par et pour l’argent, ce principe organise tous les autres. Il en découle que si vous n’avez pas d’argent que la société ne vous reconnaît pas. Dès lors, c’est une nécessité absolue pour chacun d’exister à travers l’argent et donc d’en gagner. L’échange se fonde sur la réciprocité, il suppose que ses protagonistes possèdent chacun quelque chose que l’autre souhaite obtenir. Chacun doit produire quelque chose de compétitif sur un marché pour exister.

Pour produire, il faut posséder du capital, capital que le travailleur ne possède pas. Dès lors, il se voit contraint de vendre sa force de production au capitaliste. La dictature de l’argent instaure un rapport de force entre capitaliste et travailleur qui profite largement au premier. Le travailleur n’est pas maître du choix qui est de vendre ou non sa force de travail. Par conséquent, dire que l’échange est volontaire est faux. En réalité, il s’exerce sous la contrainte car il est subordonné à l’aliénation de sa force de travail pour obtenir le médium qui l’organise.

L’enjeu est donc d’organiser la production de façon démocratique ou alors que chacun soit effectivement libre de s’aliéner ou pas. Ceci suppose que chacun dispose du droit de participer à la production et d’en retirer une partie des dividendes. Ainsi, l’accès à l’échange via le canal qu’est l’argent ne serait plus verrouillé.

Pratiquement, cette approche suscite beaucoup de questions. En effet, comment organiser la production de façon efficace et démocratique ? D’autres part, comment s’assurer que chacun soit rémunéré en proportion de ses efforts, un égalitarisme de droite. Si chacun a autant de poids dans la décision de produire et la répartition des tâches, comment doivent se répartir les responsabilités et les droits de propriété sur le capital ?

Publicités

Commentaires sur: "L’argent, vecteur de collaboration sociale ou d’exclusion sociale ?" (5)

  1. @dlamot
    Chacun possède sa propre force de travail. Il échange son travail contre de l’argent. Le salarié vend son travail et s’enrichit. L’employeur s’enrichit lui aussi. Tout échange volontaire est un enrichissement du vendeur ET un enrichissement de l’acheteur. Sinon, l’un des deux refuserait. C’est une affaire uniquement entre ces deux individus. Cet échange ne concerne aucun autre individu sur Terre. Le reste de la société n’a rien a voir avec cet échange entre ces deux individus. La démocratie n’est rien avec cet échange entre ces deux individus.

  2. Alek a dit:

    Et le seul et unique moyen que l’aliénation soit volontaire ou non est d’instaurer le concept d’allocation universelle minimale

    • Je suis assez enclin à penser ça aussi, la mesure la plus libérale qui soit. Cela dit, j’irai un pas plus loin en posant cette question: pourquoi à niveau de qualification égale n’ai-je pas autant le droit qu’un tiers de participer à l’effort productif? N’a t’on pas droit de participer à l’effort productif, et donc de ne pas être exclus de la société dès lors qu’on possède les compétences requises pour effectuer une tâche ou un ensemble de tâches? Dans un monde fini, la production matérielle est finie. Par conséquent, on doit pouvoir poser la question du partage du travail, de l’effort productif. Sans croissance de la production matérielle, on ne peut éluder la question de la répartition de l’effort productif et de ses dividendes.

      • @dlamot
        Une allocation universelle est aux antipodes du libéralisme. La « main douce » donne de l’argent. Et la « main dure » va prendre l’argent dans la poche des contribuables. Et le contribuable est bien fondé à dire qu’il n’est pas du tout d’accord pour subventionner tout un pays. Un tel impôt est une violation du consentement des contribuables.

    • @Alek
      Il n’y a aucune aliénation du boulanger lorsque le boulanger vous vend un pain. Il n’y a aucune aliénation du couvreur lorsque votre couvreur refait votre toiture. Chacun peut vendre son travail comme il l’entend. Le contrat de salarié est une forme de vente de son travail. On peut aussi vendre son travail en free-lance, en travailleur indépendant. Là encore, il n’existe aucun aliénation du fournisseur par le client!

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Nuage de Tags

%d blogueurs aiment cette page :