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Economisme, frustration et pulsions mortifères

Comme dit l’adage, « il faut bien bouffer ». Et las, résigné, nous rentrons gentiment tel un bon petit soldat dans le rang. Et nous entamons cette marche de l’absurde dont le moteur est l’argent.

Dans ce monde, tu es par et pour l’argent. Tel le sang qui coule dans notre corps, l’argent irrigue l’économie. Il y a fort longtemps, nos aïeux ont découvert une chose : l’échange volontaire enrichi les deux personnes qui y prennent part. Dès lors, nous avons cru bon d’inscrire dans l’ADN du  « système », ce principe. L’échange est alors devenu une fin et non plus un moyen. Puisque chacun ne possède pas quelque chose à échanger, ceux qui n’ont rien sont contraints de vendre leur force de travail à ceux qui possèdent et ce afin de posséder à leur tour. Et puisque le système-argent est clos, la seule façon d’en faire partie est d’en adopter les règles du jeu.

Et voici comment 90% d’entre nous sont aliénés par un système qu’ils n’ont pas choisi. Il faut prendre part aux règles du jeu pour exister dans le système. « Exister », cela veut dire avoir de l’argent. L’échange créée la valeur, donc il faut avoir quelque chose à échanger pour gagner de l’argent, et donc exister. Un dollar, une voix. Et voilà pourquoi nous sommes tous contraint à produire quelque chose, bien souvent inutile, et de convaincre les autres de l’utilité de l’inutile. Pour que ce système se maintienne, il faut donc des producteurs-consommateurs. Métro, boulot, dodo.

C’est triste, je n’exagère pas. A 25 ans, on n’est pas encore tout à fait résigné, alors on se prend a faire des plans sur la comète et à rêver d’autre chose. La société travailliste et productiviste, je la méprise. Elle nie les dimensions plurielles de l’Homme en l’enfermant dans sa seule dimension matérielle : produire, consommer. Des alternatives sont possibles, elles sont souhaitables. Tant les humanistes que les écologistes, les socialistes ou les libéraux peuvent se retrouver dans un modèle dans lequel l’homme pluridimensionnel serait réhabilité.

Nos besoins matériels ne sont pas illimités, ça c’est une illusion occidentale qui provient d’une confusion entre besoin et désirs. Et puis, notre mère la Terre, elle non plus, n’est pas inépuisable. Vouloir consommer toujours plus est une pulsion mortifère dont il nous faut guérir. En soi, cet argument devrait déjà faire entendre raison aux économistes les plus orthodoxes, mais en vain. Plus dure sera la chute

Quelle alternative à l’argent, à la marchandisation du monde, à la pulsion de mort qui nous pousse à défricher sans cesse de nouveaux désirs inassouvis ? La frustration est la mère du désir. Cette société est malade. En élevant l’argent au rang de principe suprême, elle s’est donné pour moteur le « non-sens ».

Ceci en soi n’est pas dérangeant dès lors qu’on admet que la vie dans l’absolu n’a pas de sens. Ou si tel est le cas, notre rationalité est trop limitée pour que nous le saisissions. La science explique le « comment » mais pas le « pourquoi » des choses. Toutefois, nous restons maître du choix qui est d’ériger un « non sens » plutôt qu’un autre au rang d’institution.

Dès lors, plutôt que d’ériger le profit, et donc, indirectement, le travail, au rang d’institution sociale suprême, pourquoi ne pas ériger le temps affecté à des activités non productives, non-marchandes, à ce même rang ? Pourquoi ne pas replacer l’économie à sa juste dimension qui est de fournir les biens de production nécessaires pour satisfaire nos besoins MATERIELS? Ces besoins sont clairement circonscrits et non-fluctuants : manger, boire, se loger, se déplacer, s’instruire, se chauffer. L’enjeu est de se mettre d’accord démocratiquement sur ce qu’on produit, comment on le produit et en quelle quantité. Le labeur pourrait être réparti de façon juste, de telle sorte que deux principes seraient respectés. Premièrement, chacun devrait avoir l’opportunité de participer ou non à l’effort productif. Ensuite, chacun devrait être rémunéré en proportion de son investissement.

Au lieu d’une économie du « toujours plus », nous aurions une économie de « l’assez » qui substituerait un modèle coopératif à un modèle compétitif. Une fois la production produite, le reste de l’existence serait consacré à d’autres activités que sont la vie spirituelle, sportive, sociale, et aux arts.

Un vœux pieux.

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