les idées qui font des petits!

Les réformes suggérées dans mon billet précédent sont substantielle mais elles sont insuffisantes pour réussir la transition. En complément de la monnaie nationales, il faudrait créer une monnaie internationale pour le commerce international et des monnaies locales pour renforcer l’économie locale.

A) stabilité des échanges internationaux, réduction des émissions de carbone et monnaie internationale

Actuellement, une monnaie nationale est utilisée comme (principal) intermédiaire des échanges commerciaux internationaux : le dollar. Les Etats-Unis possèdent le pouvoir monétaire car ils ont l’immense privilège de payer leurs importations dans leur monnaie nationale. Même avec un régime de taux de changes fluctuants, on observe que l’Etats-Unis ont accumulé un déficit abyssal, là où la Chine a symétriquement accumulé d’énormes surplus. Ce déséquilibre macro-économique gigantesque alimente une instabilité systémique du système monétaire qui à terme provoquera son effondrement (voir mon article : « pourquoi le système financier mondial va-t-il s’écrouler ? »). Le fond du problème est que les Etats-Unis refinancent leur déficit non pas en se serrant la ceinture (augmentation des taxes ou diminution des dépenses), mais en faisant tourner la planche à billet. Aucun autre pays ne peut se permettre de faire çà sans voir la valeur de sa monnaie s’effondrer (hyperinflation). Pour les Etats-Unis c’est différent car le statut du dollar comme première monnaie internationale garanti un renouveau permanent de la demande de dollars qui lui évite de s’effondrer. Pour éviter des instabilités systémiques si importantes, il faudrait créer une monnaie internationale destinée exclusivement aux échanges internationaux.

La première conférence sur l’économie stationnaire a discuté de l’opportunité de lier la valeur de cette monnaie aux émissions de carbone (on parle d’EBCUs, Energy-Backed Currency Unit). Des quotas carbones définis en fonctions des connaissances scientifiques par rapport aux capacités d’absorptions de la biosphère définiraient l’offre de cette monnaie. Le problème ici serait, on le devine bien, la répartition de ces quotas, mais c’est déjà le cas avec les marchés de CO2. En tout cas, cette monnaie contribuerait à régler une partie substantielle du problème climatique et énergétique. En effet, les transports représentent 30% des émissions de C02. La part du commerce internationale dans ces émissions est importante. En outre, l’utilisation de cette monnaie résoudrait les problèmes de déséquilibres commerciaux.

B) monnaies locales et résilience

Le système actuel a besoin de la croissance pour continuer à exister, dans ce cas il est condamné à l’écroulement dans un contexte postcroissance. Comment dès lors organiser la transition en douceur ? Les monnaies locales sont un instrument qui permet de reconstruire la résilience locale, soit, la capacité d’une communauté locale à résister à un choc systémique exogène. Par exemple : l’écroulement du système financier ou l’hyperinflation, ou encore, un choc pétrolier. Comme son nom l’indique, une monnaie locale est exclusivement destinée à l’usage sur un petit territoire. Ce type de monnaie présente les avantages suivant :

1.      Elles ne sont acceptées que sur un petit territoire. Ainsi, leur utilisation créée un circuit de production local. Les bénéfices de l’activité économique d’un territoire bénéficient en plus grande partie à ce territoire, il y beaucoup moins de fuites vers d’autres territoires qu’avec la monnaie nationale, ce qui permet de revitaliser l’économie locale.

2.      Les monnaies locales créent du lien social et de la confiance en encourageant les circuits économiques courts, soit, les transactions directes entre producteurs et consommateurs.

3.      L’utilisation des ces monnaies réduit les émissions de C02 et donc, l’utilisation d’énergies fossiles, en raccourcissant la taille du circuit économique (distances de transport de marchandises plus courtes).

4.      Dans un contexte d’instabilité systémique du système financier, ces monnaies augmentent la résilience du système économique en fournissant un medium d’échange alternatif à la monnaie nationale.

5.      La vitesse de circulation de ces monnaies et nettement supérieure à celle de la monnaie nationale. Celle-ci peut être augmentée en appliquant un taux d’intérêt négatif à la monnaie locale. Cet intérêt induit une baisse de sa valeur après x temps ce qui représente un incitant fort à faire circuler cet argent dans l’économie.

Les monnaies locales ne sont pas destinées à remplacer la monnaie nationale, elles viennent en complément de celles-ci.

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