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Archives de mars, 2011

Démocratie et transition soutenable : quatre leviers pour initier le changement.

Saurons-nous anticiper les mesures nécessaires pour initier à temps le changement qui s’impose à nous ? Chacun semble pétrifié face à l’ampleur de la tâche. La peur est mauvaise conseillère et nous fige. Quelle stratégie adopter ?

J’identifie une chaîne de « conscientisation » qui comporte quatre leviers qui doivent être activités dans un ordre chronologique afin d’initier un changement durable.

Premièrement, il nous faut accepter que  le « business as usual » n’est pas une option.

Deuxièmement, il nous faut accepter la nécessité de changer, ce qui exige une disposition à accepter des changements structurels dans nos vies.

Troisièmement, il nous faut accepter que si les problèmes sont connus, que personnes ne peut prétendre connaître avoir toutes les réponses. De nombreux efforts sont encore à fournir dans ce domaine.

Quatrièmement, il ne faut pas prendre cette incertitude comme prétexte pour ne pas commencer à amorcer un changement, individuel et collectif.

Alors seulement un politicien pourra tenir un discours visant à insuffler un véritable changement sans risquer de se tirer une balle dans le pied. Le politique ne précèdera pas l’opinion publique, c’est une erreur que de penser çà. C’est au rôle de chaque citoyen de donner des signes tangibles, au quotidien, de la nécessité de changer. C’est ainsi qu’à terme des politiciens finiront par porter la voix de ces citoyens dans l’arène politique.

Par ailleurs, on pourrait attendre de la presse qu’elle joue un rôle moteur dans la conscientisation des citoyens. En pratique ce n’est pas le cas. Par exemple, je n’ai à ce jour lu aucun article portant sur les enjeux du pic pétrolier dans les médias traditionnels. Idem pour la question de la perte de la biodiversité ou la réforme monétaire. Est-ce dû à la formation des journalistes ?

Au moins en partie. Mais ceci s’explique surtout par la nature du lien entre la presse et ses lecteurs. Alors que le journaliste écrivait jadis à des citoyens pour les informer, le journaliste produit aujourd’hui des articles pour augmenter le « bien-être » du consommateur. L’information est devenue une marchandise comme une autre, le lien commercial entre la presse et ses « clients » est aliénant en ce que « vendre », plutôt qu’informer, conditionne la survie de tout média. Dans ce cas, difficile de ne pas verser dans une relation où la presse se plie au « désir » du client. S’informer réellement nécessite et nécessitera toujours un effort. Le règne de l’instantané fabrique des abrutis en masse, c’est dramatique.

Donc, c’est bien au niveau des consciences et des comportements que chacun doit agir. Le changement ne viendra pas du haut mais du bas. Les réseaux permettent de faire circuler l’information très rapidement. A chacun de faire circuler la BONNE information et de donner l’envie aux autres de s’informer. C’est en faisant l’EFFORT de s’informer correctement qu’on devient citoyen. C’est là un devoir de chacun dans une société démocratique. En effet, à quoi bon donner le droit de vote à quelqu’un qui ne comprend pas pourquoi il vote ? On a les politiciens qu’on mérite.

 

Citoyens, en avant, marchez, marchez !

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Chinamérique : pourquoi le système financier mondial va t’il s’écrouler ?

tous les graphes proviennent de l’adresse suivante, ils ne sont là qu’à titre illustratif: http://beaugency.over-blog.com/article-les-dettes-fran-aises-et-americaines-comparees–43250165.html

Les Etats-Unis sont devenus les maîtres du monde au sortir de la guerre. Cette position dominante a très vite consacré le dollar comme la monnaie de référence pour le commerce international. C’est là un avantage énorme pour les Etats-Unis puisqu’ils ont le privilège de payer les marchandises qu’ils importent dan leur monnaie nationale. En outre, une grosse partie de la production de pétrole est libellée en dollars, donc tous les pays du globe ont besoin de dollars pour leurs approvisionnements énergétiques. En un mot : les Etats-Unis possèdent le pouvoir monétaire.

On observe aujourd’hui que le déficit de la balance commerciale des Etats-Unis, en particuliers avec la Chine,  est tout simplement vertigineux. La dette nationale américaine gonfle depuis quelques années à un rythme inquiétant et avec elle, les intérêts sur celle-ci. (voir graphe1). Le niveau d’endettement est tel qu’il faut aujourd’hui se demander quand les Etats-Unis feront défaut sur leur dette. Il faut douter de la volonté de la Maison Blanche d’imposer la rigueur budgétaire pour rétablir le déficit de la balance commerciale et payer la charge d’intérêts sur la dette. Ce type de politique serait beaucoup trop impopulaire, insoutenable. Dès lors, que font les Etats-Unis pour échapper à l’austérité ?

La réponse est simple : ils abusent de leur pouvoir de création monétaire. Pour financer la dette, ils font fonctionner la planche à billet. En clair : il créée de l’argent à partir de rien, ce qui fait augmenter encore et toujours plus leur dette. Mais pourquoi la valeur du dollar ne s’écroule t’elle pas ? Pourquoi ceci ne provoque t-il pas une inflation gigantesque qui devrait inévitablement déboucher sur une crise de confiance des acteurs du commerce international dans le dollar? Autrement dit : pourquoi la valeur du dollar reste-elle relativement stable ?!

En fait, la réponse est éminemment simple. Le cours d’une monnaie est déterminé par l’offre et la demande de cette monnaie. A offre égale, le cours d’une monnaie augmentera si la demande pour cette devise augmente ; et vice-versa. Donc, si le cours du dollar reste stable alors que l’offre de dollar ne cesse d’augmenter pour financer la dette us, c’est qu’il existe une demande pour « absorber » ces dollars qui « inondent » le reste du monde. D’où vient-elle ?

La réponse est double. D’une part, de la hausse des cours du pétrole, qui ne pourra que se poursuivre encore longtemps, puisque la probabilité imminente d’un choc pétrolier n’est pas négligeable. Les révolutions arabes en Egypte et en Libye, deux acteurs importants du marché pétrolier, confirment ce diagnostic : le cours du baril n’a jamais été aussi haut, il a récemment dépassé le record de juin 2008. D’autre part, de la Chine. Celle-ci inonde de ses produits le marché américain. Les américains achètent cette marchandise à crédit, marchandise qu’ils paient en dollars créés à partir de rien. La Chine place aussitôt tous ces dollars dans ses coffres et les place en Bons du Trésor américains pour financer le déficit américain. C’est ainsi qu’elle possède des réserves gigantesques de dollars, et qu’elle est devenue le premier créancier des Etats-Unis (voir graphe 2 & 3).

Quel cynisme de la part des chinois me direz-vous. Certes, mais il faut ici aussi nous demander pourquoi la Chine agit de la sorte. Pourquoi la Chine produit-elle gratuitement pour les Etats-Unis et acceptent-elle de refinancer en permanence le déficit américain ?

Ici, la réponse est moins évidente. Je note trois raisons. Premièrement, si la Chine convertissait systématiquement les dollars acquis par son commerce international en yuan et réinvestissait cet argent dans son économie, l’économie chinoise connaîtrait très vite une surchauffe provoquée par l’injection massive de liquidités dont la conséquence serait une hyperinflation. Deuxièmement, cette injection massive de liquidité augmenterait très vite le pouvoir d’achat des chinois. Ceux-ci pourraient alors acheter une partie toujours plus importante de leur production, l’économie chinoise se « recentrerait » sur marché intérieur. Ce mouvement est souhaitable, mais s’il n’est pas graduel, la hausse soudaine du pouvoir d’achat va favoriser l’émergence d’une classe moyenne qui, inévitablement, cherchera à convertir son pouvoir économique en pouvoir politique. En d’autre terme, ce recentrage favoriserait les conditions d’émergence d’une révolution sociale. Troisièmement, le yuan s’apprécierait, ce qui dégraderait la position compétitive à l’exportation de la Chine. Or, c’est justement sur cette dynamique extérieure que s’appuie la Chine pour se développer.

Ces trois éléments ne sont toujours pas convaincants. En fait, ils donnent l’impression que la Chinamérique est un « équilibre de la mort », ou chacun des deux acteurs a besoin de l’autre pour survivre. Est-ce le cas ? Ma réponse : à court terme « oui », pas à long terme. A court terme, la Chine doit soutenir artificiellement le cours du dollar pour garantir l’expansion de son commerce. A court terme, les Chinois produisent gratuitement pour les américains, donc la situation leur est défavorable ; Mais à long terme, toutes les capacités de productions réelles sont déplacées en Chine. Les Etats-Unis sont en train de se désindustrialiser massivement !!!

Qu’est-ce qui sonnera le glas de cet équilibre de la mort entre la Chine et les Etats-Unis ? J’identifie trois possibilités : (1) le reste du monde perd sa confiance dans le dollar, ce qui provoque l’écroulement de sa valeur ainsi que celui de tout le système financier. Ceci est très improbable, surtout que le cours du dollar va encore longtemps être soutenu massivement par la hausse des cours pétroliers. (2) Les Etats-Unis font défaut sur leur dette. Dans ce cas, le système financier va également s’écrouler puisqu’une part importante des dollars actuellement en circulation deviendra du papier à musique. (3) Une fois la majorité des capacités de production transférées en Chine, celle-ci refuse petit à petit de refinancer la dette américaine à mesure qu’elle se reconcentre sur son marché intérieur. Les Etats-Unis finiront par faire défaut et les immenses réserves de change Chinoise seront réduites en poussière. Le système financier mondial s’écroule et avec lui la puissance des Etats-Unis. La Chine déclarera alors qu’elle prend le pouvoir monétaire.

Dans tous les cas de figure on remarque deux choses : (1) le système financier va finir par s’écrouler ; (2) les Etats-Unis vont faire défaut. La question à deux dollars : quand  ?

 

Pour changer notre rapport au travail, il faut changer notre rapport au temps

Ecotransition: petite réflexion sur la notion de LIMITE

Imaginez deux vaisseaux dans l’espace qui poursuivent infiniment leur trajectoire vers un horizon qui s’évade à mesure qu’ils s’en rapprochent. Dans cette course effrénée contre la fuite infinie du temps, peine perdue, le point de référence pour juger qui est « le vainqueur » à l’instant t n’est pas la distance absolue qui les séparent, puisque cette distance ne peut être mesurée, mais bien leur position relative. Or, pour que l’avantage de l’un sur l’autre se maintienne, il faut que le rythme de croisière du premier excède celui du second. Donc, les deux vaisseaux sont engagés dans une compétition sans fin. Si l’un accélère le rythme de croisière, l’autre est obligé d’accélérer dans une même proportion sous peine de voir sa positive relative dégradée.

Quid à présent si on impose un espace solaire définissant un périmètre à l’intérieur duquel les vaisseaux sont forcés de naviguer ? Vont-ils se lancer dans une course effrénée sans fin, une fuite en avant perpétuelle, pour espérer se différencier ? Non. Le rapport des vaisseaux au temps sera très différent. Ils navigueront d’un point à un autre du territoire circonscrit, voyager ne sera pas une fin en soit mais un moyen. Ceci ne signifie pas pour autant qu’ils ne chercheront pas à optimiser les gains de temps pour chaque trajet en développant un nouvel arsenal technologique. La course contre le temps ne sera plus une fin en soi, mais un moyen.

Dans ce premier modèle, le temps est linéaire et infini. Ce rapport au temps débouche sur une mise en compétition sans fin des acteurs, une course infinie contre le temps qui par avance ne peut être gagnée. Dans ce second modèle, le temps est circulaire, mais il se recycle en permanence et se régénère. Ce rapport au temps débouche sur une mise en coopération des acteurs visant à maximiser l’utilisation des ressources dans un espace circonscrit.

Bien, à présent, posons-nous cette question : qu’est-ce qui par essence différencie ces deux modèles ?

La réponse est la présence ou non d’une limite caractérisant le cadre temporel dans lequel les acteurs évoluent, cadre qui à son tour va conditionner les interactions entre ceux-ci. Le premier modèle est caractérisé par une absence de limite et induit donc un rapport infini au temps. Le second modèle se caractérise par l’existence d’une limite définissant un cadre et induit un rapport fini au temps. Cette différence débouche sur deux modes d’organisations différents : la compétition sans fin dans le premier modèle, la coopération comme moyen dans le second.

Dans notre société, la réalité sous-jacente du monde du travail, c’est une compétition des agents économiques dans laquelle chacun d’eux cherche à « capter » une part de la masse monétaire à son profit. Cette compétition débouche inévitablement sur une mise à l’écart de certains travailleurs, concrètement, sur du chômage. Car, comme le disait Keynes, c’est la rareté monétaire qui crée le chômage. Dans ce type de modèle, peine perdue de mener des politiques de réduction du temps de travail dans l’objectif de réduire massivement le chômage, il y aura toujours des laissés-pour-compte, c’est là un paramètre structurel du système. Pourquoi ? Parce que la compétition détermine les rapports entre les agents interagissant dans le cadre, soit, l’économie, définit par ce modèle ; la compétition conditionne la survie de chaque agent.

Quid à présent d’une économie dont la taille serait clairement limitée ? Dans cette économie, la croissance du PIB est nulle. Quel est dès lors le mécanisme qui va répartir l’emploi ? La compétition ?! Testons cette hypothèse. Dans une économie au PIB fixe, la masse monétaire est également fixe. Si tous les agents sont mis en compétition pour maximiser leur part de cette masse monétaire, certains agents vont au bout du compte détenir tout l’argent en circulation. Ce modus operandi n’est dès lors pas souhaitable. Un mécanisme bien plus souhaitable est le partage du travail. Chacun contribue dans une juste proportion à un effort commun et est rémunéré en conséquence pour ce service rendu à la collectivité. Ce modèle, pour être acceptable socialement, doit minimiser les écarts salariaux.

Dans ce second modèle, on le voit, le rapport au travail est très différent. Il s’agit de rendre un service à la collectivité, de contribuer à la prospérité de chacun, le travail est un moyen et non une fin. Une fois ce service rendu à la collectivité, on peut se consacrer à d’autres activités que celles relevant de la sphère marchande : la dimension matérielle de l’homme est ramenée à sa juste mesure, ce qui permet à celui-ci de s’épanouir dans d’autres dimensions.

A présent, posons-nous cette question : pourquoi devrions-nous évoluer vers ce second modèle ? La réponse tient en deux éléments. Premièrement, parce que l’activité économique, la taille de l’économie, doit être maintenue dans des limites biophysiques pour s’intégrer harmonieusement dans la Biosphère. Deuxièmement, parce qu’il rétablit un homme pluridimensionnel. En un mot, ce modèle permet à l’environnement et à l’économie de fonctionner en symbiose tout en augmentant le potentiel de prospérité d’une société.

Ouvrir cette réflexion passe par une redéfinition de la prospérité, ce qui, bien sûr, doit nous inviter en priorité à repenser notre rapport à l’argent et donc, à tout le moins indirectement, au travail.

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