les idées qui font des petits!

Le paradigme néoclassique vs. écologique

Paradigme

Ma thèse est que toutes nos pensées, actions, normes sociales, institutions, sont définies par un carcan idéologique qui définit le périmètre de la vie en société. D’ailleurs, on pourrait dire que la société dans sa globalité est structurée en « strates » de systèmes s’imbriquant les uns dans les autres. On pourrait utiliser une poupée russe comme métaphore.  Par exemple, le jeu de l’innovation et de la libre concurrence qui s’impose aux entreprises est formaté par le système capitaliste qui régit l’ensemble de l’économie. Dans cette perspective, le capitalisme en tant que mode d’organisation de l’économie (les processus d’allocation de ressources rares) suppose à son tour la démocratie (l’inverse n’est pas vrai). Par exemple, cette dernière consacre la propriété privée ainsi que l’exercice de droits dits fondamentaux, tels que la liberté d’expression, qui  sont  inscrits dans l’ADN du libéralisme. D’où cette hypothèse que le régime autocratique chinois porte une contradiction.

Mais soit, ceci pour introduire l’idée qu’il existe un ensemble de paradigmes, c’est-à-dire des représentations du monde qui reposent sur une base définie (matrice disciplinaire, modèle théorique ou courant de pensée) définissant les cadres dans lesquels les échanges humains vont se développer.  L’expression « think out of the box » si chère aux anglo-saxons reflète bien cette idée.

Cet article défend la thèse que la prise en compte adéquate des défis environnementaux-démographiques-énergétiques réclame un changement profond du paradigme qui selon moi conditionne l’ensemble de la pensée occidentale depuis 3 siècles environs, soit, coïncide avec le début de la révolution industrielle. J’ai choisi d’étayer mon propos sous l’angle d’une discipline : la science économique.

Le paradigme néoclassique : la durabilité « faible »

Le paradigme dit « néoclassique » ultra-dominant peut  se résumer ainsi (N. Kousnetzoff, 1993):

Suivant l’approche néoclassique, les ressources naturelles sont des déterminants de la richesse nationale. Le capital naturel aussi bien que le capital humain doivent être traité de la même manière que le capital physique, car tous les trois sont parfaitement substituables. En effet, le capital naturel, même s’il est intrinsèquement irremplaçable, n’a de valeur pour l’homme que par les services qu’il lui rend. Le progrès technique, qui permet de repousser le limites de la croissance économique, résout aussi les problèmes sociaux et environnementaux. Les mécanismes du marché, guidés, si nécessaire, par une politique environnementale, assurent alors une gestion efficace du capital naturel. En ce qui concerne les ressources non-renouvelables, l’existence d’une rente permet aux entreprises d’investir pour substituer des ressources artificielles manufacturées aux ressources naturelles en voie d’épuisement. Enfin, concernant la pollution, la prise en compte des externalités négatives dans le calcul économique amène à instaurer soit des taxes qui font payer les dommages par les pollueurs ( par exemple une taxe sur le carbone pour réduire les émissions de gaz à effet de serre), soit des droits de propriété qui font partager les coûts des dommages entre les pollueurs et les pollués (par exemple, un marché de droits d’émissions).

L’économie environnementale (“environmental economics”) en tant que discipline repose sur ce paradigme. On parle de durabilité faible (“weak sustainibility”) car ses tenants reconnaissent que l’hypothèse de substituabilité du capital physique au capital naturel a ses limites. En d’autres termes, les biens manufacturés avec des ressources naturelles non-renouvelables, ne sont pas parfaitement substituable au capital naturel, ce qui revient –implicitement – à reconnaître que la croissance n’est pas illimitée. Précisément, c’est à partir de cette observation que les biologistes ont proposé une conception alternative, donc un nouveau paradigme, qui se situe aux antipodes de la vision néoclassique.

Le paradigme écologique: la durabilité “forte”

L’approche écologique peut se résumer ainsi (N. Kousnetzoff, 1993):

L’idée centrale du concept de « soutenabilité forte” (“strong sustainability”) ou écologique est que le champ naturel est différent du champ économique et social et le conditionne. Par ailleurs, les pressions anthropiques sur l’environnement dépendent de l’évolution des rapports sociaux: l’extension de l’appropriation privée des ressources naturelles peut conduire à leur épuisement. Dans l’acceptation maximaliste du paradigme écologique, il faut attribuer une valeur intrinsèque aux êtres naturels et à la biosphère, indépendamment de leur utilité économique et sociale. Dans une variante plus modérée, il suffit de prendre en compte les principales particularités des ressources environnementales: irréversibilité de certains dommages, incertitudes de phénomènes de long-terme (qui exige l’application du principe de précaution) et soumission aux lois de la thermodynamique.

 

Ces caractéristiques impliquent que les ressources environnementales et le capital physique et humain ne sont pas parfaitement substituables. Leur conservation exige le respect de certaines contraintes que la rente, la taxation ou l’attribution de droits de propriété ne peuvent garantir à elles seules. La question des limites naturelles de la croissance économique se pose alors dans les termes suivants (les trois principes d’Herman Daly):

 

–          Le taux d’épuisement des ressources naturelles renouvelables ne doit pas dépasser leur taux de régénération;

–          Le taux d’émission de polluants ne doit pas dépasser les capacités d’assimilation naturelle et anthropique;

–          Enfin, l’exploitation des ressources non-renouvelables doit se faire à taux égal à celui de la substitution par des ressources renouvelables.

 

Dans cette perspective de long-terme, la fàçon de traiter la variable temporelle doit, elle aussi, être reconsidérée. Le choix social propre au paradigme néoclassique suppose une préférence de tous les agents pour le présent, ce qui se traduit par un taux d’actualisation (“discount rate”) positif. Cette hypothèse favorise les générations présente et est donc en contradiction avec le principe d’équité intergénérationnelle énoncé dans le rapport Brundtland (1987).

 

La discipline académique (embryonnaire) qui se revendique de cette approche est la bioéconomie ou l’écologie (“bioeconomics” or “ecological economics”).

 

Une conception très différente du rapport à la Nature

Mythe de Prométhée

L’approche écologique, contrairement à l’approche néoclassique, émane de scientifiques, c’est-à-dire de techniciens des sciences dites “naturelles” par opposition à “humaines”. Cette césure entre les sciences de la nature et de l’homme est un héritage des philosophes du XVIIe et XVIIIe siècles qui exprimèrent l’idée que l’homme peut et doit soumettre la nature.  René Descartes pensait qu’ avec la connaissance l’homme pourrait “se rendre maître et possesseur de la nature”(2). C’est le mythe prométhéen : la foi en la sciences et le Progrès doit permettre à l’homme de devenir l’égal des dieux. Ainsi, la conception néoclassique n’est à mon sens qu’un dérivé d’un des mythes fondateurs de la pensée occidentale qui est que “l’homme est en dehors de la nature”. Dans cette perspective, la nature n’est qu’un sous-ensemble de l’économie, elle lui est subordonnée.

Temps linéaire

Une autre trait génétique du modèle néoclassique est une foi inébranlable en un progrès scientifique qui doit permettre de repousser les limites de la croissance à l’infini. Dans cette perspective, les hypothèse de substitution entre le capital physique et matériel n’est qu’un artifice visant  à légitimer cette croyance. Car c’est bien d’une croyance dont il s’agit, cette fois héritée, selon moi, de la culture hébreuse. “Au commencement…” nous est-il dit. Car pour l’Hébreu, et à sa suite pour l’homme occidental, il y a un commencement du temps. Il est linéaire et historique, le temps, et non cyclique comme dans les autres cultures. Il commence, il progresse et il s’achèvera. Le peuple hébreu nous a légué la conviction que le temps de l’homme est celui d’une histoire, que cette histoire a ses origines, qu’elle progresse et quelle doit progresser, grâce au concours de l’homme et à la sueur de son front, pour s’achever un soir de parousie, d’apothéose ou d’apocalypse. Seule entre toutes, notre culture sait qu’elle doit un jour mourir. Et elle est, sans doute, aussi la seule où l’imaginaire collectif est hanté, tout au long du temps, par la grande peur de la fin des temps (3).

Pour résumer, je pense que le paradigme néoclassique est un dérivé de deux traits caractéristiques de la culture occidentale: (1) l’homme est en dehors de la nature et (2) le temps est historique.

L’écologie, de nouveaux fondements pour la pensée

Ce qu’il convient de remarquer, c’est que la vision bioéconomique s’inspire de deux principes qui s’opposent à ceux énoncés dans le paragraphe précédent. C’est pourquoi il s’agit d’une véritable rupture. Pour commencer, la bioéconomie inflige une blessure d’orguei à la pensée occidentale en affirmant que l’homme est subordonné à la Biosphère et que par conséquent, sa survie est conditionnée par le respect des lois physiques et de l’équilibre de celle-ci. Dans cette vision, l’homme ne peut domestiquer le climat ou détruire des écosystèmes sous peine de compromettre son existence à long terme. D’ailleurs, d’aucuns n’hésitent pas à donner cette définition de l’écologie: “l’économie de la nature”, dont l’homme fait partie! La nature et l’homme ne forment qu’un tout, cette vision holistique est l’essence de la révolution bioéconomique.

Ensuite, la bioéconomie, bien que se fondant sur une vision évolutionniste du processus économique, introduit l’idée de finitude du monde induisant l’existence de limites à la croissance. Limite à la croissance matérielle, car contrainte par les lois de la thermodynamique et le caractère non-renouvelable et non-substituable de certaines ressources.

L’emprunte écologique: une formalisation de l’idée de limite écologique

 

Le plus grand mérite de l’écologie est de ramener l’homme à sa juste dimension en imposant l’idée de limites à son expension prédatrice. Nous avons besoin d’air, d’eau, de nourriture, d’un climat tempéré pour survivre. Par conséquent, une économie soutenable doit intégrer la contrainte environnementale. L’outil habituel utilisé afin d’intégrer cette contrainte est le concept “d’empreinte écologique”. Il découle directement de l’idée que dans un monde fini, les capacités de reproduction et d’assimilation de la terre sont limitées. Son origine remonte à l’article Ecological footprints and appropriated carrying capacity : what urban economics leaves out (empreinte écologique et capacités raisonnées de la planète : ce que la science économique urbanologique laisse de côté) du professeur William E. Rees , économiste environnemental qui en donne la définition suivante : « surface correspondante de la terre productive et des écosystèmes aquatiques nécessaires à produire les ressources utilisées et à assimiler les déchets produits par une population définie à un niveau de la vie matériel spécifié, là où cette terre se trouve sur la planète » (4).

Formellement:

(1) Empreinte écologique – Biocapacité = Dépassement écologique

avec

(2) Biocapacité = Surface * Bioproductivité

 

(3) Empreinte écologique = Population * Consommation par personne * Intensité en ressources et en déchets

A partir de ces définitions, l’enjeu du dévellopement durable est d’avoir une déficit de biocapacité, soit une “dette écologique” tendant vers zéro. D’emblée, trois remarques s’imposent:

1)      Croissance démographique et croissance économique quantitative

La croissance démographique met sous pression les écosystèmes et augmente le risque de dépasser les limites naturelles de la Biosphère. Par exemple, un homme va consommer un nombre limité de poissons quotidiennement. A population double, cette consommation va augmenter (plus ou moins proportionnellement). Or, qui dit finitude du monde dit aussi limite à la croissance démographique: l’homme s’étant hissé au sommet de la pyramide alimentaire, son seul prédateur est lui-même. Les autres espèces, à l’image de l’homme, seraient incapables d’auto-réguler leur démographie si elles occupaient notre position. D’ailleurs, les cas d’introduction d’espèces indigènes (les coccinelles par exemple) dans des écosystème continentaux confirment cette vision. Autre illustration: si 9 milliards de cochons peuplaient la terre, le méthane qu’ils rejeteraient dans l’atmosphère provoquerait aussi (probablement) des disfonctionnements climatiques. Tout ceci pour dire que c’est moins la croissance dans son aspect qualitatif que quantitatif qui pose problème. On entend souvent dire que “si le reste du monde accédait au niveau de vie de l’Occident qu’il nous faudrait de 4 à 5 planètes pour subvenir à nos besoins”. D’où cette évidence, il faudra que les riches “décroisssent” pour que les pauvres puissent “croître” dans une perspective soutenable. En fait, c’est le modèle à l’occidental globalisé qui n’est pas soutenable.

Mais surtout, l’intérêt du concept d’emprunte écologique est que ceteris paribus, c’est à dire pour une capacité biosphérique donnée, une consommation par habitation donnée (il s’agirait d’un chiffre abstrait ne tenant pas compte –à l’image du PIB/habitant – de la répartition de cette consommation) ainsi qu’une intensité en ressource et déchet donnée, il permet de calculer le niveau optimal de la population ( partant de l’hypothèse simplificatrice que celle-ci est répartie uniformément par rapport aux capacités biosphériques).

2)      Ressources non renouvelables et entropie

La problématique des ressources naturelles non renouvelables peut-être abordée indépendamment du facteur démographique. Même dans l’hypothèse ou la population mondiale serait contenue dans des proportions ne mettant pas en danger la viabilité des écosystèmes et des ressources naturelles renouvelables (forêts, stocks de poissons), le stock de ressources non renouvelables serait irréversiblement condamné à s’épuiser à mesure que nous puisons dedans pour subvenir à nos besoins. Or, comme l’a suggéré Nicholas Georgescu Roegen dans son livre “the Entropy Law and The Economic Process” (1971), le processus économique transforme irréversiblement un stock de matière première de basse entropie en un stock de plus haute entropie. Ce faisant, il contribue donc à accélérer le processus de dégradation de la matière. Pour être concret, on ne pourra pas recomposer le stock initial de cadmium contenu dans un téléphone portable lorsque celui-ci sera usagé. Bien sûr, les économistes néoclassiques n’ont probablement pas tout à fait tort lorsqu’ils postulent qu’une fois le cadmium épuisé, on trouvera un substitut. Toutefois, je suis beaucoup plus suspicieux à l’égard de l’hypothèse d’une substitution entre le capital technique formé à la base de matières premières et du capital naturel composé de ces mêmes matières premières. Pour être clair, une fois le petit jeu de substitution d’une matière première (épuisée) à une autre (encore non épuisé) terminé, nous connaîtrons la fin du progrès technique.

D’où l’intérêt de comprendre deux choses: (1) il n’y a pas de principe plus économique que le principe d’entropie. Le système capitaliste actuel, enfermé dans le cycle productiviste de la croissance, a une rythme d’épuisement des matières premières non renouvelables beaucoup trop important; (2) le temps est un paramètre à prendre en compte dans les calculs économiques. Sachant que le stock de ressources non renouvelables tend irréversiblement vers zéro, il y a des enjeu d’équité inter-générationnelle qui doivent être respectés. Lorsqu’on envisage la répartition de ces ressources, c’est sur un horizon infini, et pas en utilisant un taux d’actualisation positif justifié par l’hypothèse que les futurs générations vivront dans un confort matériel –induit par le progrès technique et la croissance…-supérieur au nôtre.

Cette double remarque débouche sur le constat qu’un système économique “économique”, devrait en réalité chercher à minimiser l’input de matières premières non renouvelables. Dans cette perspective, la valeur d’usage d’un objet doit être maximisée, ce qui implique de la réparer lorsque c’est possible. Autre chose: substituer une comptabilité en terme de flux de matières plutôt que monétaires serait plus approprié pour rendre compte de l’état de déplétion du stock de ces ressources (je pense en particuliers aux énergies fossiles). Cette logique s’accorde parfaitement avec la notion d’empreinte biologique puisque elle vise à minimiser le degré d’intensité en ressources (inputs) et déchets (outputs) rejetés par le processus économique.

Néanmoins, je dois dire qu’une chose me gêne souvent dans la vision écologiste (radicale): l’aspiration à créer une économie stationnaire. “Puisque la croissance et le progrès technologique provoquent des déséquilibres de la Biosphère, cessons la course au progrès”. La nature n’est  pas immuable, de plus les écosystèmes possède une capacité de résilience. Ceci pour affirmer  que tout est question de proportion, une croissance qualitative s’inscrivant dans le respect des limites des capacités d’assimilation et de résilience  de la Biosphère est souhaitable. D’ailleurs, les autres espèces connaissent, elles aussi, des évolutions. Simplement, comme l’a noté le grand Georgescu-Roegen, l’expression de celle-ci est en majeure partie endosomatique alors que celle des êtres humains  est principalement exosomatique. Dans cette vision, le progrès technologique n’est que le prolongement de nos membres physiques.

3)      Consommation et diminution du temps de travail

Il paraît évident que si nous ne parvenons pas à contrôler la démographie (9 milliards d’êtres humains d’ici 2050 selon l’ONU) qu’il nous faudra diminuer notre consommation encore davantage que si elle était stabilisée. Une façon d’y parvenir serait de convertir les gains de productivité induits par le progrès technique (et permettant de diminuer  l’intensité du processus économique en ressources et en déchets ) en temps libre (non rémunéré).

Changement de paradigme = changement d’institutions?

 

Souvenez-vous de l’hypothèse de base de mon article:  nos institutions, le système économique, nos actions, sont formatées par un paradigme, le rail de la pensée sur lequel nous évoluons. Il est assez amusant d’observer aujourd’hui que notre société est en train de basculer vers un nouveau paradigme et qu’il existe des contradictions émanant du fait que deux systèmes de pensée incompatibles essaient péniblement de cohabiter. Par exemple, les rapports du groupe intergouvernemental sur le climat (GIEC) s’inscrivent très clairement dans une perspective bioéconomique: il nous faut limiter les émissions de CO2 car leur niveau actuel est trop important par rappport aux limites d’assimilation de la Biosphère. A noter que le rapport Meadows et al (1972) intitulé “the limits to growth” rédigé par des experts du MIT mais commandité par le Club de Rome, proposait déjà des conclusions beaucoup plus dérangeantes que celles du GIEC (5). Cette conception de limite peut-être prise en compte par l’emprunte écologique, pas par le PIB, la mesure de la croissance.

Une autre double question brûlante est de savoir si d’une part le capitalisme peut accommoder de la révolution bioéconomique et d’autre part, si la démocratie dispose de la réactivité nécessaire à la mise en place d’une transition dans les temps vers une économie soutenable. Je ne possède pas les réponses, seulement des interrogations. Néanmoins, je note certains éléments. Pour commencer, la démocratie est un système réactif davantage que pro-actif. Il faut du temps pour que les leaders d’opinions gagnent les grandes batailles d’idées. Mais ce n’est pas tout: l’imposition de mesures impopulaires “d’en haut”  (la taxation du pétrole, ou la taxe carbone par exemple) qui pourtant s’inscrivent dans l’intérêt général offrent la garantie de ne pas être réélu. De ce point de vue, je suis convaincu que la crise pétrolière imminente va plonger les économies occidentales dans le chaos (voir article: “la fin du pétrole”). Ensuite, il me paraît évident que le privatisation de ressources naturelles non-renouvelables pose un problème. Le caractère non-renouvelable de ces ressources implique selon moi qu’elles doivent être gérées par  consensus démocratique, sensé représenter l’intérêt général.

J’ai assisté ce lundi 27 septembre ainsi que ce mardi 28 septembre à une conférence et un séminaire de Peter A. Victor, auteur du livre “Managing Without Growth: Slower by Design, Not Disaster” (6). Cet économiste canadien, proche de Tim Jackson (7), a élaboré un modèle macro-économique de croissance faible qui d’après les résultats de ses travaux serait viable dans ses dimensions économiques, écologiques et sociales. C’est là une première pierre à l’édifice, il nous faut  poursuivre dans cette voie. Par ailleurs, je tiens à donner la référence du livre  qui  selon moi est appelé à devenir le nouveau manuel de base en économie pour les années à venir: “Ecological Economics: An Introduction” (M. Common, S. Stagl; 2005, Cambridge university press). L’ouvrage se veut abordable pour tous. Le niveau de formalisation est basique.

 

(1) Descartes R. (1963), Discours de la Méthode, VI, 1637, Paris, Union Générale d’Editions, 10/18, p. 74-75.

(2) G. Daoust .Le temps linéaire. L’encyclopédie de l’Agora. Disponible sur : http://agora.qc.ca/reftext.nsf/Documents/Temps–Le_temps_lineaire_par_Gaetan_Daoust

(3) Y. Cochet, M. Billard, N. Mamère, F. Rugy (6 janvier 2009). Proposition de loi tendant à réduire l’emprunte écologique de la France. Assemblé nationale. Disponible sur : http://www.assemblee-nationale.fr/13/propositions/pion1369.asp

(4) Disponible sur : http://eau.sagepub.com/content/4/2/121.full.pdf+html

(5) Voir : http://iceblog.over-blog.com/article–the-limits-to-growth-le-rapport-meadows-club-de-rome–38409173-comments.html

(6) voir: http://www.amazon.ca/Managing-Without-Growth-Slower-Disaster/dp/184844205X

(7) Auteur du rapport “Prosperity without growth” (2009). UK Sustainable development commission.

Sources:

N., Kousnetzoff (1993). Le dévellopement durable. Quelles limites à quelle croissance?. L’économie Mondiale 2004: CEPI, pp. 93-106.

Publicités

Commentaires sur: "Transition écologique : reformater la pensée occidentale" (1)

  1. […] Je me suis déjà longtemps étendu sur le sujet (voir mes articles: « Transition écologique: reformater la pensée occidentale« et « Croissance Verte: nouveau mythe?) donc je ne vais pas poursuivre, mais […]

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Nuage de Tags

%d blogueurs aiment cette page :