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Archives de 1 septembre 2010

Un entretien d’embauche absurde

Lorsque les certitudes d’un homme se heurtent de plein fouet à celle de ses interlocuteurs, doit-il se renier ou les assumer quitte à en payer le prix?

 J’étais ce matin à la troisième phase d’un concours au service publique fédéral des finances (SPF finance) pour un entretien oral d’une heure.

 L’Etat belge va devoir trouver 25 milliards d’euros s’il souhaite retrouver l’équilibre budgétaire, une somme colossale, presque 10% du PIB national.

 Bien entendu, mes interlocuteurs me demandent les mesures que je suggère pour améliorer la situation. Là, je suis pris entre deux feux. Soit je lui ressors la liturgie de mes bouquins d’économie à propos de la relance keynésienne suivie de celle d’une politique de rigueur douce afin de ne pas étouffer la croissance dans l’œuf, soit je lui explique que toutes ces réformes ne sont à mon sens que cosmétiques –et je pèse mes maux – et que les bisounours c’est terminé.

 C’était plus fort que moi, j’ai opté pour la seconde option. J’ai donc gentiment exposé à mes interlocuteurs que la crise est loin d’être passagère, qu’en fait elle ne va qu’empirer avec le temps. Tout y passe, les déséquilibres macroéconomiques entre les états, le degré d’endettement des pays occidentaux et surtout, la crise de l’énergie.

 Et là, inévitablement, se dessine un mur d’incompréhension devant moi, et ce même si mes interlocuteurs font preuve de beaucoup d’intérêt. En réalité, je suis en train de leur dire que la croissance est justement le problème et qu’il nous faut donc réinventer notre modèle économique alors qu’ils attendent de moi que je leur explique comment relancer la croissance . Bien évidement, je suis bien en mal de donner des pistes concrètes. Si c’était le cas, je serais déjà prix Nobel. 

 Ai-je eu tort de ne pas leur compter la belle histoire qu’ils souhaitaient entendre ?

La vérité à (a) quel prix ?

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