les idées qui font des petits!

Car si à chaque dix-huitième anniversaire la société a réussi à transformer un individu en citoyen responsable, celle-ci a gagné le pari d’une vie. En disant çà, je m’inscris dans l’idéal émancipatoire républicain et affirme haut et fort la responsabilité du corps social : il est du devoir de la société d’investir dans la formation de citoyens.

L’enseignement a vocation à éveiller les dimensions multiples qui façonnent un individu. Il doit donner à chacun les outils de sa propre émancipation, les outils de sa construction identitaire. En effet, Sartre ne disait t-il pas que l’identité ne repose pas exclusivement sur le passé, mais qu’elle est inséparable du futur ?

La conséquence directe en est qu’aucune discipline académique ne saurait être négligée ou considérée moins importante qu’une autre. Mais soit, passons à l’évocation de mesures concrètes :

–         fusion des trois types d’enseignements secondairestronc commun jusqu’à l’âge de 16 ans. But : éviter le nivellement par la bas et la ségrégation sociale, favoriser le dialogue et la mixité sociale, former des citoyens responsables.

–         Tronc commun : math,géo,histoire, arts, français, cours multiconfessionel (voir ci-dessous), éducation à la citoyenneté (ci-dessous), science, informatique. + langues voir ci-dessous (matière transversale).

–         A partir de l’âge de 16 ans, libre choix de la filière technique/générale.  But : laisser chacun s’orienter en fonction des ses aptitudes techniques vs intellectuelles.

–         Formation à un groupe de métiers dans l’enseignement technique. But : éviter le chômage structurel, donner les outils d’une reconversion.

–         Tronc commun dans l’enseignement général du second cycle plus spécialisation dans quatre groupes de disciplines de base (minimum un choix de spécialisation): littérature et histoire, mathématique et physique, bio-chimie,  sport (uniquement pour les sportifs à haut potentiel repérés dans le cadre de la mesure qui suit). But : préparer la transition vers un type de filière d’étude dans le supérieur.

–         Sport : choix d’un sport individuel et d’un sport d’équipe. Regroupement d’écoles en bassins pour les infrastructures (économies d’échelles). Une heure de sport au quotidien. Création d’un championnat structuré par bassin en 3 niveaux : province-région-national. But : effacer une absurdité occidentale consistant à séparer le corps de l’esprit, créer une élite sportive, donner le goût de l’effort, favoriser l’esprit d’équipe, limiter les dépenses de soins de santé.

–         Déconfessionnalisation de l’enseignement et fusion de tous les réseaux : cours multiconfessionnel. But : favoriser la tolérance et la prise de recul par rapports à ses origines, éviter le communautarisme.

–         Ajout d’un cours d’éducation à la citoyenneté. A terme, chaque citoyen doit comprendre la Constitution du pays dans ses grandes lignes. But : chacun doit être capable d’appréhender le débat politique pour pouvoir y participer de fàçon responsable (en exprimant son vote).

–         Création d’une école de devoirs par bassin scolaire. Choix libre des parents d’y placer leur enfant. Lorsqu’un enfant est en décrochage scolaire, avertissement aux parents et médiation. Établissement d’un contrat entre les parents et l’école. Si aucune amélioration substantielle, enquête de l’école et éventuellement prise en charge forcée ou obligation pour les parents de suivre une formation (justification : responsabilité sociale de la société). But : lutter contrer le décrochage scolaire et la délinquance, responsabiliser les parents.

–         Le directeur est maître à bord. Réhabilitation du statut de maître. Le directeur arbitre les plaintes contre les professeurs mais il possède le dernier mot sauf circonstances graves qui mettraient l’intégrité de l’enfant en danger. But : restaurer l’autorité du maître (celui qui dispense le savoir).

–         Gestion décentralisée des écoles. Le politique définit les objectifs à atteindre, chaque école définit les moyens. En contrepartie, une épreuve commune est organisée en fin de tronc commun (16ans). Les résultats obtenus servent comme indication pour l’orientation de filière (général/technique) et les options dans le dernier cycle du général. Mais surtout : des statistiques et une moyenne nationale est établie. Un dialogue est engagé avec les écoles en dessous de la moyenne et le ministère de l’éducation. Un diagnostic est établi. Si la cause est sociale, davantage de moyens (humains, infrastructures, financiers,…) sont affectés à ces écoles (arbitrage permanent des moyens donc, le budget n’est pas extensible à l’infini). But : tirer tout le monde vers le haut, rendre sa responsabilité au corps enseignant, s’assurer que le politique reste dans son rôle et se concentre sur l’essentiel, assurer l’égalité des chances. S’il le faut, des cours de remédiation et de rattrapage supplémentaires sont organisés et le volume horaire adapté (notamment en usant du mécanisme des écoles de devoirs).

–          Langues : début de l’enseignement de la première langue en première primaire (choix de l’école entre l’allemand ou le néerlandais). Début d’enseignement de l’anglais dès la troisième primaire. Cours de grammaire intensif et puis immersion progressive dans certaines matières. But : favoriser l’ouverture d’esprit, former des citoyens européens.

–         Sanctionner la mauvaise orthographe/grammaire dans toutes les matières, ce compris les mathématiques. Ratio : la langue est le disque dur d’un individu…

–         Obligation pour chaque professeur de suivre un syllabus ou des livres (non imposés).  Ratio : structuration du savoir, contrôle accru.

–         Primaire : constitution de petites classes. But : permettre un suivi individualisé de l’instituteur.

–         Politique de redoublement : nombre illimité de fois en primaire. Deux fois maximum ensuite. Après deux redoublements, la société est en droit légitime de se désolidariser de l’individu : direction l’enseignement professionnel.

–         Formation continue des enseignants : séminaires, colloques, mobilité accrue (échanges entre les écoles).

–         Obligation de passer un test d’orientation à l’issue du second cycle du secondaire. Si raté en première année alors qu’opté pour une filière déconseillée ET que poursuite dans la même voie, augmentation du minerval. Après deux échecs, système « à l’anglaise » pour l’étudiant qui souhaite continuer ses études.

–         Libre choix des parents de l’établissement scolaire.

–         À l’université : généralisation du système des mineures. Programme de base imposé mais aucune limitation du nombre de crédits tant que réussite. Diversification des méthodes d’enseignement : ex-cathedra, travail groupe, séminaires, lectures et discussions, présentations, … Augmentation du minerval pour les formations post-master (car pay-back period très courte…). But décloisonner les savoirs, diversifier les compétences, encourager l’esprit critique et la créativité, encourager le dépassement de soi.

Au niveau des objectifs, voici comment je me situe :

Maternelle (4-5 ans): jeu

Primaire (6-12ans): savoirs de base

Secondaire :

–         premier cycle (12-16ans): formation de citoyens

–         second cycle (16-18) : préparation au supérieur ou formation à un groupe de métiers techniques.

Universitaire : formation d’élites .

Je pense être assez proche de la conception finlandaise.

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Commentaires sur: "Si j’étais politicien, mon crédo serait « l’enseignement, l’enseignement, et encore l’enseignement »." (3)

  1. Alek a dit:

    L’idée du test global en fin de 4ième est quelque chose auquel j’avais aussi déjà songé, quelque soit la filière que l’on ait choisi, un tronc commun citoyen, voila ce qu’il faut.

    Bien sur, fusion des réseaux, depuis le temps que l’on milite là dessus…

    Par contre, la sanction orthographique à tout niveau, je suis moins fan, peut être une sanction maximale de 10% pour les autres cours pour ce qui est de l’orthographe, ca oui.

    Et bien sur, tu te dis pas interventionniste, mais l’état, par le test d’orientation, augmenterait le minerval pour ceux qui choisirait eux-même, une filière supérieure, selon leurs convictions et pas selon leurs points initiaux (ceux, non significatifs, dispensés par un cours de quelques heures par semaines? ou un test fait en une heure?). Ca je suis pas fan par contre.

    Je ne comprend pas non plus par contre, l’idée du « retour du maître » ca veut dire qu’un directeur aurait tout pouvoir en son établissement? Mais quels pouvoirs?

    En tout cas, j’aime, de manière générale.
    Une belle notion d’égalité et de citoyenneté!

    • pour le test d’orientation, c’est dans un souci d’efficacité et de responsabilisation que je propose çà. D’une part, proposer à chaque élève de passer un test pour lui donner des outils pour faire un choix en connaissance de cause ne peut qu’être bénéfique pour tout le monde. D’autre part, celui qui s’engage dans une filière qui lui est fortement déconseillée doit assumer son choix. La première année bien sûr, chacun peut faire le choix qu’il entend. Mais s’il y a échec en première année, un étudiant qui souhaite poursuivre dans cette voie (qui lui avait été déconseillée) doit assumer sa responsabilité, ce qui justifie une différence de minerval. J’ai d’ailleurs oublié de reprendre le principe que pour moi, la société peut se désolidariser complètement d’un type après deux échecs. Un juste équilibre entre droits et devoirs, entre responsabilité sociale et responsabilité de l’individu, c’est mon crédo.

      Pour l’orthographe, je ne parlais que d’une mesure générale, aux écoles de veiller à l’application concrète.

      Pour les plaintes et autres, je pose le principe: pouvoir contester l’autorité du maître pour un oui ou un non sape son autorité et sa légitimité. Je trouve donc que le directeur (qui s’appuierait sur un conseil de professeurs)doit trancher des litiges entre les parents/élèves et un prof. Je le vois dans un rôle d’arbitre donc. Bien sûr, dans des circonstances graves (à définir dans un loi, mais là je me focalise sur les principes), les parents pourraient faire un recours contre la décision du directeur s’ils s’estimaient insatisfaits de la procédure de médiation.

      • Alek a dit:

        Ah oui, désolé, dans la peur que tu veuilles mettre un test d’entrée, j’ai oublié de voir le fait que tu parlais de désolidarisation si échec en première et orientation. Mais Alors, l’étudiant irait trop vers l’endroit ou on lui dira d’aller, sachant de toute façon qu’il a 2/3 de louper sa première. L’émancipation n’est pas trop là…

        La conséquence d’un choix hors conseil devrait plutôt être par exemple la possibilité de se désolidariser de l’étudiant en cas de triplage d’une année dans ce cas.

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