les idées qui font des petits!

Face  aux sempiternelles procrastinations du dossier BHV, les jeunes loups du Vld ont tiré leur révérence. Laisser la vox populi en décider nous dit on. Alors que la crise frappe aux portes des foyers, voici nos élus en campagne. C’est dans l’ère du temps, le peuple à l’impression qu’on se joue de lui. D’aucuns invitent leurs semblables à bouder les urnes en gage de protestation.

Sachant que les résultats sont connus d’avance, que ni échanges d’idées ou joutes de tribuns ne domineront les débats –certes, nos élus distillent les petites phrases assassines avec un art consommé –, je vous pose cette question : chacun est-il toujours moralement en demeure de remplir son devoir citoyen ?

Dans le contexte politique actuel, ne pas exercer son droit de vote équivaut à se mettre en marge du système, le boycotter. Ainsi, l’hypothèse d’une part importante de l’électorat adoptant cette position peut déboucher à une crise de légitimité des institutions, le chaos social diront certains.

Une crise de légitimité aurait pour avantage de pousser le politique à l’introspection serait-on tenté d’arguer. Et pourtant, le gouvernement est tombé pour son incapacité à dégager de nouvelles perspectives. Sa chute n’est que l’expression du caractère officiel de cette incapacité, le mécanisme au travers duquel un gouvernement endosse la responsabilité d’un échec. Paradoxe donc : en boycottant les élections, le peuple sanctionnerait un manquement reconnu et assumé par le politique, comme si celui-ci était tenu à une obligation de résultat.

La question donc : Leterme II était-il tenu à une obligation de résultat et non de moyen sur BHV ?

La réponse dépend des caractéristiques de notre système institutionnel et électoral. Attendu le caractère bicommunautaire du gouvernement fédéral et le mode de scrutin proportionnel, je crains que la réponse soit « OUI ». Si on fait le calcul, 5 des 8 formations « pro-Belgique » étaient à la table de négociations (en terme de sièges: Ecolo-Groen ! (12), MR (23), Open Vld (18), CD&V (23), CDH (10), PS (20) , SPa (14)). Soit, 120 sièges (sur 150) . Or, ces 5 formations totalisaient 78% (94 sièges) des « pro belges » !

De prime abord, le réflexe serait de dire que de nouvelles élections ne changeraient rien à la donne. En effet, ces 120 sièges représentent 80% de ceux de la Chambre. Et pourtant. Il est intéressant de refaire le calcul côté flamand. Sur les 88 sièges flamands, les pros belges représentent 68%, soit 60 sièges (NVa (7), Belang (16), Dedecker (5)). Pour avoir une majorité côté flamand, 45 sièges sont nécessaires. Si on se base sur le récent sondage de Dedicated Research (1) la N-VA deviendrait le premier parti de Flandre à la Chambre avec 22,9 %, devançant le CD&V (18,9 %), l’Open VLD (14,8 %) et le sp.a (14,2 %). Le Vlaams Belang et la Lijst Dedecker n’obtiendraient plus respectivement que 12,5 % et 3,9 % (quid de Groen ! ?). Sans se lancer dans de savants calculs, les trois grands partis flamands totaliseraient 55% des intentions de votes (côté flamand). Dès lors, on peut raisonnablement affirmer qu’une coalition de ces trois partis sera nécessaire pour obtenir une majorité pro-belge au nord.

Dans ce cas, alors que les interlocuteurs côté flamand seront les mêmes, pourquoi revoter ?

Voter ne fera que renforcer les partis séparatistes. D’ailleurs, il sera délicat d’écarter la NVA des négociations si elle devient premier parti de Flandre. 80% des parties susceptibles de trouver une solution ont échoué. Un compromis devait être dégagé. Obligation de résultat .

Comment  ne pas comprendre la lassitude et la colère qu’affichent beaucoup de citoyens?

(1) Le Soir en ligne (mercredi 5 mai 2010). Disponible sur :  http://www.lesoir.be/actualite/belgique/2010-05-04/un-sondage-prevoit-un-faible-taux-d-abstention-768128.php

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Commentaires sur: "Antipolitisme ambiant : pourquoi revoter ?" (1)

  1. Sacré Loïc a dit:

    Je pense que le socio-économique doit guider le choix de l’électeur pour ces nouvelles élections et non le communautaire.
    Si une trop forte austérité budgétaire est nocive, je constate que si lors des contrôles budgétaires, l’état constate un surplus budgétaire, celui-ci a une fâcheuse manie à le consacrer à des politiques sociales plutôt qu’à s’attaquer au déficit et par la même au problème de la dette. Chers amis, le problèmes grecs doit à mon sens guider votre vote. Evitez donc de donner des voix aux FDF qui risque de renforcer le conflit communautaire et détourner les politiciens des vrais problèmes.

    Voter PP, c’est soutenir un état géré en bon père de famille. Adieu les fonctionnaires inutiles

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