les idées qui font des petits!

Hier soir, j’ai assisté à un débat des jeunes libéraux flamands de Leuven (Liberale Vlaamse Studentenverbond (LVSV))sur le rôle du Parlement dans une particratie. Plus généralement, nous avons procédé à un examen critique de la démocratie belge. Patrick Dewael (Open Vld), actuel Président de la Chambre des Représentants –le premier citoyen de ce pays – et ex Ministre-Président de la région flamande (1999) a répondu pendant deux heures à nos nombreuses questions.

De cette entrevue amicale, je retiendrai les éléments qui suivent. Tout d’abord, le Parlement voit sa marge de manœuvre réduite à une peau de chagrin pour ce qui concerne l’aspect législatif. Les lois sont pour la plupart discutées dans les quartiers généraux des partis et les cabinets des ministres ou sont imposées « d’en haut » c’est-à-dire de l’Europe. C’est pourquoi s’opère tout doucement une forme de reconversion consistant à effectuer un travail d’assainissement de la législation : supprimer et simplifier afin de maîtriser l’inflation juridique.

Ensuite, monsieur Dewael dénonce le modus operandi des parlementaires qui trop souvent se résume à s’assurer une exposition médiatique en posant la question polémique. Des apparatchiks –les collaborateurs parlementaires – sont chargés d’écumer la presse à la recherche du sujet qui pourrait assurer une couverture médiatique. Il en résulte que (1) trop de questions sont posées et (2) le parlementaire se détache de sa charge d’intérêt public consistant à contrôler le gouvernement au profit de la maximisation de son intérêt électoral.

Un troisième point très important est la « morcelisation » (« versnippering ») du paysage politique belge. Celle-ci conduit à la paralysie. Avec sept partis en Flandre, il devient très difficile d’atteindre la masse critique pour pouvoir implémenter une partie de son programme avec les coudées franches. Sans parler du fédéral ou les divergences communautaires amplifient le problème. Les partis au pouvoir sont constamment forcés de faire des compromis. Il en résulte une forme de paralysie, de frustration et un manque de transparence pour le citoyen. Certes, comme le précise monsieur Dewael, le système proportionnel qui est le nôtre semble de prime abord être très démocratique mais ce n’est qu’une apparence. Les dés sont bien souvent pipés avant les élections car les partis scellent des accords pré-électoraux

Toutefois, l’argument principal en faveur d’une refonte du système électoral est que celui-ci est inefficace. Dans un monde globalisé, les défis sont nombreux. Conserver notre part du gâteau va exiger des efforts substantiels. Sont pointés notamment le problème des pensions et la réforme du dialogue social (le rôle des syndicats). Monsieur Dewael plaide donc –comme beaucoup de libéraux (1) – pour des modifications substantielles de notre système politique : le remplacement du suffrage proportionnel par un système majoritaire à deux tours, la suppression de l’obligation de vote (vue comme une mesure anti-assistanat Ps), une circonscription électoral unique au fédéral, l’organisation simultanée de toutes les élections (sept élections en dix ans !) sont quelques-unes des pistes proposées.

Enfin, monsieur Dewael dénonce le manque d’indépendance par rapport aux structures du parti des parlementaires (de quand date la dernière motion de censure d’un parlement belge s’interroge t-il) et pointe la nécessité de libérer (« bevrijden ») le politique des groupes de pressions que sont les syndicats (réaffirmer l’indépendance du politique par rapport aux groupes de pression).

Je retiendrai un élément essentiel de cette discussion : notre système politique actuel est anti-efficace. Il est urgent de le réformer si nous voulons pouvoir prendre les défis de demain à bras le corps. A ce sujet, j’observe que seuls les libéraux osent aborder la question. Le problème est qu’ils ont un intérêt électoral à ce que ces réformes passent. Les médias sont donc tentés –à juste titre–  de voir des raisons électoralistes dans ce plaidoyer. Il reste qu’objectivement,  dans un souci de bonne gestion, il est de l’intérêt général de procéder à cette réforme. Il est temps de sortir de l’inertie, le monde bouge beaucoup plus vite que nous.

(1) à ce sujet, voir la sortie de Charle Michel (MR) dans la Libre du lundi 1 mars .

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