les idées qui font des petits!

Avec la fermeture d’Opel Anvers, ce sont quelques 2300 travailleurs qui sont mis à la porte. La Flandre qui flirtait il y a peu avec le plein emploi accuse aujourd’hui un taux de chômage record avoisinant les 20%. Un chiffre qui effraie, a un tel point qu’il fait germer le doute et l’expression douteuse « wallonisation » dans les esprits du nord du pays.

L’expression fait sourire. Face à un tel mépris affiché tout wallon qui se respecte serait en droit de se féliciter que l’Histoire lui rende enfin justice. L’Histoire est elle en phase de se répéter ?

Une chose au moins est certaine : ces symptômes là sont structurels et non conjoncturels. Rudy Aernoudt l’écrivait déjà dans son livre « Flandre-Walllonie je t’aime moi non plus ». Paul de Grauwe, professeur d’économie internationale à la Kul, l’a souligné récemment : le secteur automobile est soumis à trop forte pression concurrentielle pour rester compétitif. La productivité dans ce secteur augmente chaque année de 3%. Dès lors que la demande de production n’augmente pas dans cette proportion, c’est l’emploi de ce secteur qui est condamné à long terme. L’industrie automobile concentrerait quelques 80000 travailleurs au nord du pays contre 20000 en Wallonie (1). Un chiffre conséquent.

Est-ce pour autant suffisant pour parler de « wallonisation » ? Je n’en suis pas certains. L’emploi wallon trinque moins aujourd’hui, mais c’est parce qu’il est davantage concentré dans le secteur publique qu’en Flandre. Le tissu de petites et moyennes entreprises en Flandre est dense, ce qui assure une plus grande élasticité de l’économie flamande : la crise s’y fait davantage ressentir, ce sera aussi le cas de la reprise.

En fait, ce qui choque, c’est la naïveté des belges. Ils ont beau se targuer d’être plus productifs que leurs voisins européens, lorsque des emplois sont en jeu, les réflexes protectionnistes reviennent au galop. Et à ce jeu là, la Belgique ne pèse pas lourd dans la balance. Alors qu’on essaye de construire l’Europe, le réveil est dur.

Une leçon à tirer de l’épisode Opel que les belges ne semblent toujours pas avoir intégrées: en temps de crise, c’est chacun pour soit. Notre poids politique est infime, et il semble que l’Europe n’y change pas grand-chose. D’où l’importance de conserver les leviers stratégiques de notre économie. Aujourd’hui, la majorité des entreprises du Bel 20 sont aux mains étrangères.

(1)   Sources: SPE Economie DGSIE 2006 et ONSS 2007. http://www.leforem.be/Horizonsemploi/secteur/19.html

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Nuage de Tags

%d blogueurs aiment cette page :